Les fous du «trail»

Avec une énergie contagieuse, les coureurs d'ultratrail Florent... (Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Avec une énergie contagieuse, les coureurs d'ultratrail Florent Bouguin et Alexandre Genois se préparent à participer à la TransMartinique, une épreuve continue de 138 km, avec 5600 mètres de dénivelé positif.

Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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(Québec) Il y a courir... et courir. Si pour certains l'idée de faire un 10 km le dimanche matin est un défi satisfaisant, pour Alexandre Genois et Florent Bouguin, il en faut plus. Bien plus. Passionnés d'ultratrail, les deux sportifs trouvent leur plaisir en sentiers, dans de véritables chevauchées qui dépassent souvent les 100 km. Juste ça.

Pour Florent, 39 ans, vedette montante de la discipline au Québec, il n'est pas rare qu'il parte un matin de fin de semaine pour une balade en solo... de six ou sept heures. Assez pour faire une soixantaine de kilomètres.

«Je n'appelle pas ça de l'entraînement. C'est du plaisir», assure pour sa part Alexandre, 24 ans, qui cumule de façon comparable les heures en sentiers, aussi bien autour des collines de Lac-Beauport, qu'au Mont-Sainte-Anne.

Les deux résidents de Québec illustrent bien la popularité actuelle de la course à pied, dont les épreuves se démocratisent et se diversifient. De la route au sentier, il n'y a plus qu'un pas, et les coureurs de très longues distances - même en montagne - ne sont plus les extraterrestres d'hier.

Mais reste que ce qui fait triper des athlètes comme Florent et Alexandre, ce n'est pas pour tout le monde. Sauf qu'à entendre le duo raconter les plaisirs de la course en sentiers de longue distance, on comprend pourquoi les «ultras» ne cessent d'attirer des participants.

***

Le duo s'attaquera le 6 décembre prochain à la TransMartinique. Un «petit» 138 km avec 5600 m de dénivelé positif, sous un climat tropical. Les deux gars visent des temps différents, mais ils planifient l'aventure ensemble.

«C'est incroyable tous les trucs qu'il me donne», lance Florent au sujet d'Alexandre, son «guide» pour cette aventure dans les Antilles françaises.

C'est que la course semble irrésistible pour le plus jeune des deux, qui en sera à sa troisième participation en autant d'années. Premier Québécois à participer à l'épreuve en 2012, Alexandre a adoré son expérience. Cette fois-ci, un peu plus d'une demi-douzaine d'«ultratraileurs» de la province seront au départ en Martinique.

Bouguin profite donc de l'expérience de son ami pour préparer au mieux sa course. «Mais planifier un ultra, c'est quasiment impossible», rappelle le natif de l'Île-de-la-Réunion, installé au Québec depuis 2000.

Car ces courses sont en fait de véritables randonnées rapides, où les aventuriers chaussés d'espadrilles légères progressent en continu avec un petit sac à dos. Du repos? Le moins possible. Dès lors, tout peut arriver...

En Martinique, Bouguin vise autour de 20 heures, tandis que Genois espère 25 ou 26 heures, lui qui avait fait 29 heures 31 minutes l'an passé, soit 6 heures 13 minutes de moins qu'en 2012. La course a été remportée en moins de 16 heures l'an passé.

***

Ancien triathlète, Alexandre Genois a découvert dans l'ultratrail une nouvelle façon de se dépasser et d'alimenter son goût du voyage tout en mettant de l'avant de saines habitudes de vie. «Ça [l'ultra-trail] permet de relativiser les choses. Après, il n'y a jamais de gros problème», résume l'étudiant à la maîtrise à l'Université Laval, en droit de l'agroalimentaire.

Traileur depuis 2011, il s'est depuis aligné aux départs de certaines des épreuves les plus prestigieuses de la discipline, à commencer par l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, compétition qu'il a découverte lors d'un séjour en Suisse. Un rêve d'y participer qu'il a réalisé en 2013, franchissant les 168 km (9600 m de dénivelé positif) autour du célèbre massif en un peu moins de 37 heures.

Puis, au début septembre, il a fait le Tor des géants, dans le nord de l'Italie. Une course folle en continu de 330 km... et 24 km de dénivelé positif! Avec seulement 15 heures de sommeil grappillées ici et là aux zones de ravitaillement, l'étudiant a rejoint le fil d'arrivée après 128 heures d'efforts.

***

Étonnamment, malgré sa vitesse, Florent Bouguin se perçoit davantage comme un randonneur qu'un coureur. Tourné vers le trail sur le tard, en 2012, le sportif faisait des raids d'aventure auparavant. Dès ses débuts, il a connu du succès.

Au dernier Ultra-Trail Harricana du Canada, dans Charlevoix en septembre, il terminé ex aequo du 80 km avec son ami Jeff Gosselin. Membre de l'équipe The North Face, l'ingénieur de profession a aussi pris part à plusieurs autres courses d'envergure où il a fait belle figure. 

D'une épreuve à l'autre, il augmente les distances et se teste. Sans complexe, il part avec les meilleurs. Une stratégie qui lui va bien, alors qu'il arrive la plupart du temps à résister, voire à finir devant.

Mais ce n'est pas sans risque. En août, à la prestigieuse Canadian Death Race (125 km, 5200 m de dénivelé positif), en Alberta, Florent s'est fait peur. En tête après 103 km, il a perdu conscience à un poste de ravitaillement. Devant sa femme et ses deux jeunes enfants. Le coureur s'est évanoui pendant une dizaine de secondes. «Ça me bouleverse encore», explique le sportif. «Ils ont eu peur.»

Déterminé à finir, Florent a insisté et a repris la course, qu'il a terminée au troisième rang. L'ingénieur assure qu'il se montrera plus prudent à l'avenir, bien qu'il cherche encore où est sa vraie limite. Une quête qui le motive à chacune des courses, dans un sport qui fait de lui «un meilleur bonhomme» à tous points de vue, juge-t-il.

«C'est un mode de vie», décrit Alexandre, qui se voit poursuivre ses courses folles aussi longtemps que ses jambes le porteront. Aussi bien dire pour très longtemps.

Car la preuve est amplement faite : elles savent tenir la distance.

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