Casse-tête glacial en Antarctique

Aidé d'un cerf-volant traction, l'aventurier Frédéric Dion tentera... (Photo Dandanslenord, fournie par Frédéric Dion)

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Aidé d'un cerf-volant traction, l'aventurier Frédéric Dion tentera prochainement de rejoindre en ski le pôle d'inaccessibilité de l'Antarctique. Un périlleux trajet en solitaire de 1700 km.

Photo Dandanslenord, fournie par Frédéric Dion

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(Québec) Ce sera tout un casse-tête pour Frédéric Dion. Certainement le plus sérieux que l'aventurier de 37 ans n'aura jamais assemblé. Mais alors qu'il ne lui reste que quelques jours avant de partir pour l'Antarctique, le Québécois ne pourrait être plus confiant. Il est convaincu qu'il réussira seul à mettre tous les morceaux aux bons endroits durant une soixantaine de jours, pour survivre dans l'un des endroits les plus isolés et inhospitaliers de la planète.

Autant de confiance en parlant du redoutable continent blanc pourrait sembler de l'arrogance. Surtout quand on dit vouloir y aller pour s'amuser et qu'on en est... à sa première aventure polaire! Mais c'est mal connaître Frédéric Dion et le solide bagage qu'il a accumulé au fil d'expéditions d'importance depuis plus d'une douzaine d'années.

Aventurier professionnel, celui qui gagne sa vie notamment comme conférencier ne minimise pas pour autant le défi qui l'attend dans ce qu'il a baptisé l'Antarctique Solo.

Dans une semaine, Dion doit débarquer en Afrique du Sud pour y attendre son vol vers le continent le plus méridional de la planète. Une fois à destination, le sportif chaussera les skis à partir de la base de recherche russe Novolazerevskaya, sur la côte, d'où il tentera d'atteindre le pôle Sud d'inaccessibilité.

Un périple extrême d'environ 1700 km vers le point du continent le plus éloigné de toute côte. Un endroit à près de 900 km du pôle Sud et à environ 3700 mètres d'altitude. Un lieu beaucoup plus difficile d'accès que celui du 90e degré de latitude sud.

600 km en moins de 24 heures

Dion part avec 65 jours de vivres, mais aidé par son expertise en cerf-volant traction - il a déjà établi une marque de 600 km en moins de 24 heures -, il espère atteindre l'arrivée plus rapidement. Deux autres expéditions seulement ont réussi l'exploit sans moyen mécanisé auparavant, mais jamais en solitaire. Une première mondiale est à l'enjeu.

«Je ne m'en vais pas là pour souffrir», assure pourtant le sympathique résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. «Si je n'ai pas de fun, c'est qu'il y a un problème...» Pour Dion, le «fun» sera notamment de résister à la température moyenne annuelle de - 45 °C de l'endroit, en plus d'affronter l'isolement et les crevasses qui pourraient le piéger.

Malgré les périls, Dion quitte sa femme et ses deux filles de trois et six ans, motivé par l'idée qu'il donne un exemple concret qu'il faut passer à l'action et poursuivre ses rêves.

Il a aussi l'assurance d'avoir fait ses devoirs, malgré qu'il ne s'est jamais «testé» dans un environnement polaire. Le trentenaire croit que ses nombreuses autres aventures - autant sur l'eau qu'en montagne, été comme hiver, au Québec comme ailleurs - le préparent à ce qui l'attend en Antarctique.

«J'ai zéro journée d'entraînement en milieu polaire», raconte avec franchise l'aventurier. Mais «le Québec est un territoire d'entraînement extraordinaire. C'est sous-estimé. [...] On a tout ce qu'il faut ici pour former des gens en techniques polaires et en expéditions.»

Frédéric Dion s'est fait connaître à l'âge de 24 ans quand il a effectué en solitaire la traversée du Québec, du sud au nord, en 100 jours de kayak. Il voulait remettre ça l'hiver en ski et il planifiait depuis un moment un autre grand séjour à travers la province. Puis, il a découvert le projet Karibu de Jacob Racine, Marie-Andrée Fortin, Bruno-Pierre Couture et Sébastien Dugas, qui préparaient un périple semblable entre Montréal et Kuujjuaq (réalisé l'hiver dernier).

Bon joueur et enthousiasmé par le plan des Karibu, Dion s'est alors mis à la recherche d'une autre terre sauvage où il pourrait tirer profit de sa minutieuse préparation pour affronter le Grand Nord québécois. Et comme sa passion pour le cerf-volant traction était impossible à écarter, les grands espaces de l'Antarctique se sont imposés. Une aventure qui coûtera au bas mot 150 000 $.

Baptême polaire

C'est un baptême polaire, mais Frédéric Dion débarque avec toute son expertise et ses petits trucs qu'il a perfectionnés au fil de ses aventures. Passionné de survie en milieu naturel, il se sent prêt à repousser plus loin ses limites. Pour y arriver, il a fait des choix «un peu hors normes», notamment concernant le matériel. «Tout est modifié à ma façon!»

De nombreux équipements sont en effet la création de Dion. Comme son traîneau conçu à partir de la coque d'un kayak... qui se transforme en tente. Plus d'efficacité, mais aussi plein de grammes épargnés ici et là qui feront la différence, croit-il.

Alors que d'ordinaire la charge à transporter pour une pareille mission serait d'environ 180 kg, Dion calcule l'avoir abaissée à 130. Mais «je ne fais pas de compromis sur le risque», garantit celui qui transportera tout de même trois kites et un troisième ski, de même qu'une tente d'appoint au cas où son invention de pulka-tente - non testée à des vents aussi extrêmes - ne fasse pas le travail.

Frédéric Dion doit amorcer son effort solo entre le 6 et le 16 novembre. Une aventure qu'il partagera quotidiennement à partir du www.fredericdion.com et qu'il filmera pour la raconter au retour.

Un défi glacial qu'il brûle d'envie d'attaquer. «L'Antarctique, c'est comme un gros, gros casse-tête. Je n'ai jamais fait le casse-tête. Je n'ai jamais mis les morceaux ensemble. Mais chacun des morceaux, je peux garantir que je les connais par coeur. Donc pour moi, ce sera un plaisir de les assembler enfin pour une fois.»

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