Thérapie cycliste en Beauce

Dans un environnement champêtre, la Véloroute de la... (Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Dans un environnement champêtre, la Véloroute de la Chaudière permet aux cyclistes de visiter la Beauce sans - trop - se préoccuper de la circulation automobile, notamment grâce à un accotement suffisamment large pour circuler sans grand danger dans les sections où la route est partagée.

Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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(Québec) Au moment d'emprunter la route 173 à la sortie de Vallée-Jonction, en Beauce, j'ai hésité. L'accotement était propre et large, mais la pancarte qui affichait la limite de vitesse à 90 km/h me laissait imaginer le pire.

Car c'est automatique depuis quelques saisons. Sitôt sur la grande route à vélo, impossible de ne pas s'inquiéter des véhicules, en particulier ceux qui nous arrivent de l'arrière. La crainte bien réelle d'une terrible rencontre entre vélo et auto. 

Je sais, il faut se raisonner, mais une fois en selle avec les conducteurs qui passent parfois à moins de deux mètres à toute allure, ce n'est pas si simple.

C'est que le pire est arrivé à des cyclistes ces dernières saisons. Et que ça arrive encore trop souvent. Déjà ce printemps, la mort a frappé des sportifs sur deux roues. De tristes faits divers qui se répètent avec une régularité déconcertante. Rien pour rassurer les cyclistes, alors que le tragique devient presque banal...

Soyons clair : j'adore filer sur la route en vélo, mais j'ai plus souvent qu'autrement «la chienne» de la partager avec voitures et camions, encore plus quand ceux-ci filent à 90 km/h... parfois plus! Et gageons que ne suis pas seul. 

C'est peut-être l'âge ou encore le fait que je tiens à voir grandir mes deux fillettes, mais toujours est-il que cette crainte viscérale gâche un peu mon plaisir cycliste. Je m'ennuie de l'insouciance de cette époque pourtant pas si lointaine, où l'on prenait la route sans plus d'hésitation. Est-ce encore possible de nos jours? 

C'est pratiquement rendu une tradition familiale. Quand le paternel débarque en ville l'été, on s'empresse d'aller rouler. La mission est toujours de dénicher de nouveaux coins à explorer, question de jouer aux touristes à vélo. Avec ses nombreux parcours cyclables, la grande région de Québec est un paradis pour faire cela.

La Beauce était récemment au programme. Chaque fois, la sécurité du trajet est considérée. La Véloroute de la Chaudière semblait donc un endroit idéal pour couvrir de belles distances tout en évitant de - trop - se mettre en danger.

La destination du jour se situait dans le secteur Sud de la Véloroute, soit un aller-retour de près de 80 km entre Sainte-Marie et Beauceville. Une petite portion de la Route Verte numéro 6, ce long corridor Nord-Sud qui va de Rivière-à-Pierre, dans Portneuf, à la frontière du Maine. Des sections de pistes cyclables, mais aussi de voies partagées. 

C'est peut-être le fait qu'il y a plus de cyclistes sur nos routes, que l'on entend davantage d'histoires d'horreurs ces dernières années. Plus d'imprudence de leur part? Peut-être. Ou encore que les conducteurs sont davantage insouciants de leur rôle à jouer pour les protéger. Ralentir, s'écarter pour éviter l'irréparable dans un duel bien inégal n'est pas encore un réflexe automatique pour tous. 

Puis, il y a certainement la distraction au volant, fort probablement plus grande de nos jours alors que GPS, radios à écran tactile grand format et téléphones intelligents mobilisent l'attention, mains libres ou pas. Le gars ou la fille en lycra qui roule sur le bord du chemin ne peut se faire voir de quelqu'un qui ne le regarde pas... 

Après Vallée-Jonction, ma crainte de partager la route avec les véhicules n'a finalement pas eu le dessus. En cette fin de matinée d'un jour de semaine, le trafic était réduit et la bande réservée aux vélos assez large pour ne pas trop s'inquiéter. La «thérapie» cycliste pouvait avoir lieu.

J'ai vite fini par arrêter de jeter un coup d'oeil régulier par-dessus mon épaule, inquiet de me faire surprendre par un as du volant. Car si les conditions pour côtoyer les véhicules étaient presque parfaites jusqu'à Beauceville, c'est surtout la courtoisie des conducteurs que j'ai appréciée.

Certes, la visibilité qu'offre les grands bouts droits de la route qui longe la rivière Chaudière ajoute au panorama champêtre, mais elle donne surtout une chance aux automobilistes de jouer de prudence. Et les Beaucerons le font bien!

Autant dans les villages traversés que sur la route, la courtoisie était au rendez-vous. Même au retour, alors que l'achalandage de l'après-midi était un peu plus grand, jamais je n'ai senti d'impatience ou encore perçu de gestes imprudents. 

Au pire, un camion lourd ou deux auraient pu ralentir avant de nous dépasser. 

Déjà qu'ils nous avaient donné de l'espace, on pourrait difficilement se plaindre davantage.

Info: www.chaudiereappalaches.com/fr/activites-attraits/velo

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