Oublier l'hiver en fat bike

Les fat bikes sont de véritables vélos d'aventure... (Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Les fat bikes sont de véritables vélos d'aventure qui font le bonheur des quelques mordus au Québec, dont Gilles Morneau, chroniqueur pour Vélo Mag.

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(Québec) Pour une fois, ce n'était pas de la faute de la météo. Pourtant, il y avait réellement de quoi être mélangé au moment de s'habiller en vue de la sortie du jour, la semaine dernière, aux Sentiers du moulin à Lac-Beauport. Aux bottes de raquettes et aux vêtements de course à pied, s'ajoutaient des gants de ski et un col en laine. Cuissard et casque de vélo complétaient l'uniforme enfilé. Un ensemble hétéroclite malgré tout parfaitement approprié pour aller à la rencontre du «Bigfoot» de l'univers cycliste: le fat bike.

Les fat bikes sont dotés de pneus à... (Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte) - image 1.0

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Les fat bikes sont dotés de pneus à basse pression surdimensionnés qui frôlent parfois cinq pouces de largeur.

Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

Dotés de pneus à basse pression surdimensionnés qui frôlent parfois cinq pouces de largeur, les fat bikes sont de véritables vélos d'aventure qui passent - presque - partout. À commencer par les sentiers enneigés.

Ça faisait déjà quelques saisons que je souhaitais enfourcher pareille monture. Mais il n'est pas évident de mettre la main au guidon d'un fat bike alors que jusqu'à tout récemment, l'activité était marginale et pratiquée que par une poignée de mordus au Québec. Les vélos se faisaient rares en boutique et se vendaient au fur et à mesure. Louer une bécane pour en faire l'essai était bien souvent mission impossible.

Tandis que la popularité du fat bike n'a fait que grandir aux États-Unis depuis quelques années, le sport a réellement pris de l'élan cet hiver dans la province. Les vélos et les accessoires n'ont jamais été aussi accessibles en magasin, alors que la plupart des grands fabricants - de Specialized à Norco, en passant par Trek - ont désormais au moins un modèle à pneus larges au catalogue.

Certes, le marché n'est pas inondé de fat bike, mais malgré l'offre à la hausse, ce sont aujourd'hui les fabricants qui peinent à fournir à la demande. Et avec l'hiver qui s'accroche, l'intérêt pour rouler sur des montures à pneus larges n'est que plus fort...

Témoin privilégié du phénomène, Gilles Morneau s'est mis au fat bike cet hiver. Et il adore. Alors qu'il fait des essais en prévision d'un article à paraître l'automne prochain, le chroniqueur pour Vélo Mag n'a donc pas raté sa chance de faire un nouvel adepte quand je lui ai fait signe.

J'ai été gâté. Pour cette sortie de découverte, mon guide avait à l'essai pour moi un Borealis Yampa X.9. Un vélo haut de gamme de plus de 4000 $ avec cadre en fibre de carbone. Rien de moins. Une petite bombe au poids plume qui fait presque oublier qu'on roule sur des roues géantes aux pneus de 4,8 pouces de largeur.

Car c'est souvent l'inconvénient de ce type de vélo: le poids. Comme tout ou presque est surdimensionné pour permettre l'intégration des jantes et des pneus extralarges, les grammes s'additionnent rapidement. Au final, en particulier pour les modèles d'entrée de gamme (à partir d'environ 1500 $), il n'est pas rare que la balance oscille autour des 18 kilos (40 lb).

Aussitôt enfourché, le vélo à pneus larges donne cette impression que l'on peut rouler sur pratiquement n'importe quoi, n'importe où. Inventé en Alaska à la fin des années 80 pour couvrir de bonnes distances sur la neige dans des raids d'aventure, et commercialisé plus largement à partir du milieu des années 2000 avec l'apparition au Minnesota des premiers modèles du fabricant Surly, le fat bike fascine par ses capacités.

Aux Sentiers du moulin, les kilomètres tracés pour la raquette permettent aux cyclistes qui n'ont pas froid aux yeux de s'éclater. La sensation est d'abord étrange à filer comme ça entre les arbres, sur la neige à vélo. La vitesse est réduite sur la piste en comparaison à la pratique du vélo de montagne estival, mais l'agilité du fat bike est surprenante. On découvre un tout nouveau terrain de jeu!

Comme le fait remarquer avec justesse Gilles Morneau, les obstacles au sol ont disparu en hiver et les sentiers deviennent moins techniques. Mais le pilotage demande tout de même de la délicatesse. Dans les virages et les descentes, il faut faire attention aux dérapages.

Les montées sont également un défi. Heureusement, avec la pratique, il est possible de grimper efficacement malgré la neige. Si j'ai passablement poussé mon vélo dans les côtes pour cette première sortie, Gilles était la plupart du temps toujours en selle au sommet des buttes.

Sur un sentier de raquette comme c'était notre cas, il faut savoir garder sa ligne pour ne pas rouler en dehors de la zone durcie par le passage des randonneurs. On parle ici d'une piste de la largeur des épaules! Attendez-vous donc à «nager» à plus d'une reprise dans la poudreuse profonde pour rejoindre le sentier après une sortie de piste.

Mais un peu comme en ski, on tombe dans l'épaisse couche de neige sans se faire mal, on se secoue... et on rigole un bon coup!

Même un habitué comme Gilles Morneau s'en amuse toujours, lui qui y goûte encore à l'occasion!

*****

Un sport qui émerge

Gilles Morneau s'enthousiasme devant l'intérêt grandissant pour la pratique du fat bike. «On assiste à la naissance d'un nouveau sport», résume le chroniqueur pour Vélo Mag.

Mais avec la nouveauté, viennent aussi des responsabilités. Tandis que les endroits officiels pour rouler se font encore rares, notamment dans les centres de ski de fond et les sentiers de raquettes, M. Morneau insiste sur le civisme des cyclistes à pneus larges.

Aux Sentiers du moulin, à Lac-Beauport, l'activité est officiellement permise à certaines conditions. Idem du côté de la Vallée Bras-du-Nord, où l'on teste cet hiver le produit. Un développement de l'activité qui intéresse dans la grande région de Québec le Regroupement ski de fond raquette (skidefondraquette.com).

Pour Lucie Garneau, coordonnatrice de l'organisme qui rassemble plus d'une cinquantaine de stations membres, un premier contact avec le fat bike est souhaitable avant que l'activité ne prenne trop d'ampleur. Une rencontre d'information avec les membres est donc prévue au printemps.

Gilles Morneau y sera. On y parlera notamment de la cohabitation fondeurs-raquetteurs-cyclistes. Ensuite, les membres pourront juger si la venue du fat bike est souhaitable sur leurs pistes.

À suivre!

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