Mordre dans l'aventure

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(Québec) D'une certaine façon, on peut dire que j'ai mordu à l'hameçon. Au milieu de l'hiver passé, durant une visite au Parc national de la Jacques-Cartier, le directeur Mathieu Brunet m'avait lancé la ligne. «On va ouvrir le Lac Cook cet été pour la pêche-aventure. On s'y rend en rando et on ne pêche qu'à la mouche.» C'était trop tard, j'avais accroché à l'idée.

Accessible après une randonnée en montagne d'un peu... (Collaboration spéciale,  Jean-Sébastien Massicotte) - image 1.0

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Accessible après une randonnée en montagne d'un peu plus de 6 km qui passe en partie par le sentier Scotora, dans le Parc national de la Jacques-Cartier, le lac Cook peut désormais être pêché pour quelques jours par années, après réservation, et seulement à la mouche. Une nouvelle activité de pêche-aventure qui garantit une agréable randonnée... et de belles prises.

Collaboration spéciale, Jean-Sébastien Massicotte

Le seul hic, c'est que je ne suis pas un pêcheur. En fait, à part un été quand j'étais enfant, je n'ai pratiquement jamais taquiné le poisson. Sauf que depuis toujours, j'ai cette mystérieuse attirance pour la pêche à la mouche. Il y a une noblesse dans le geste, un art à maîtriser qui me plaît, comme si le duel avec la bête devenait soudainement plus juste et attrayant.

Si j'ai eu l'occasion il y a longtemps d'apprendre par un heureux hasard les techniques de base de cette pêche sportive, on peut dire que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de tester mon talent de pêcheur sur l'eau, soie à la main.

Mais plus Mathieu Brunet me décrivait le mystérieux lac, plus j'avais envie d'y aller. Pêché que de façon sporadique depuis une dizaine d'années, le Cook s'annonçait digne des meilleures histoires de pêche avec ses ombles de fontaine - communément appelées truites mouchetées - en quantité. Surtout que la possibilité de pêcher sur le lac se limite à une dizaine de jours par année, sur réservation, pour deux personnes à la fois.

Pêcheur confirmé et amateur d'activités d'aventure, le paternel de ma fiancée allait être facile à convaincre. Devant la nouveauté du défi que je lui proposais et le potentiel du lac à visiter, il n'a pas hésité un instant. Ce «duathlon» rando-pêche était d'ailleurs une sortie de rêve qui combinait deux de ses passions. Du coup, je gagnais un précieux mentor qui allait me guider dans mon apprentissage de pêcheur débutant.

*********

La randonnée d'approche justifie à elle seule la visite dans la vallée de la Jacques-Cartier. Situé à la limite ouest du parc national, sur le plateau laurentien, le lac Cook est accessible à partir du populaire sentier Scotora. C'est uniquement une fois sur le plateau, quand le tracé bifurque en direction du panorama sur la vallée, au moment de grimper sur le mont Andante, qu'il faut quitter le Scotora pour poursuivre au nord-ouest.

En tout et partout, une montée continue de plus de 400 mètres, graduelle, qui se fait tout de même assez bien en moins de deux heures, le moindrement qu'on est en forme. Au bout de la journée, la balade en sentier est d'environ 13 km aller-retour.

À noter, le Scotora suit un parcours pédestre historique que les Jésuites ont utilisé pour relier Québec et le lac Saint-Jean. Avant cela, les autochtones empruntaient la piste que les historiens estiment millénaire.

Mais durant la montée, au petit matin, l'aspect historique de l'endroit où nous étions était loin dans nos esprits. Notre motivation à rejoindre le lac Cook n'avait d'égal que les prises que nous espérions y faire. Des monstres allaient-ils être au rendez-vous?

*********

Le plan d'eau n'est pas très grand. Juste assez pour s'y sentir loin de tout et avoir le loisir de pouvoir l'explorer facilement à la rame, à la recherche des meilleurs spots de pêche. À part la ligne de transport d'Hydro-Québec à proximité - qu'on finit par oublier -, rien ne vient troubler le paysage. Les tracas de la ville s'effacent aussi rapidement, tandis que le réseau cellulaire s'arrête bien avant la tête du sentier.

En bordure du lac, une barque à rames est à la disposition des vaillants qui ont fait le voyage jusque-là. Du sac à dos, on passe aussitôt à la veste de flottaison. À bord de la chaloupe, la plateforme est stable pour déployer les soies et faire voler les mouches artificielles.

Parlant de mouches... Avant que la question ne soit posée : ce serait mentir que de dire qu'il n'y en a pas. Mais bien préparé et avec les bons accessoires (lotion chasse-moustiques, vêtements longs et moustiquaire pour la tête au besoin), c'est tolérable. Et sur le lac, ce n'était pas un problème du tout lors de notre passage.

De toute façon, les seuls insectes volants qui valaient le dérangement une fois sur le Cook étaient nos Muddler qui ont vite paru irrésistibles aux ombles de fontaine. Commençait alors un marathon, sportif à souhait, de presque huit heures à lancer et relancer pratiquement sans relâche.

À l'heure du midi, notre quota de 10 prises par permis était pratiquement atteint. Dire qu'on faisait déjà de la remise à l'eau depuis un bon moment! Par séquence, les mouchetées attaquaient nos offrandes avec voracité, rendant les duels excitants. Un bouillon, un lancer ou deux et... bam! Une touche!

Au moment de redescendre dans la vallée, notre estimation était d'une soixantaine de captures de différentes tailles. Les monstres potentiels du lac sont demeurés à l'écart, mais les prises valaient tout de même la peine. Le prix de la plus belle revient certainement au beau-père avec une mouchetée, bien dodue et vigoureuse, d'environ 13 pouces.

Il fallait voir son sourire satisfait une fois l'omble de fontaine entre ses mains. Un plaisir contagieux dans la chaloupe. Et pour ça, nous aurions été prêts à marcher des kilomètres de plus en sentier, c'est certain!

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Cet été, la période de pêche-aventure vient tout juste d'être allongée jusqu'au 12 juillet. Aux dernières nouvelles, il restait encore des disponibilités. L'an prochain, l'activité devrait encore être permise au lac Cook pour 10 à 15 journées, durant juin et juillet. Toujours à la mouche. Les réservations seront prises au maximum quatre mois à l'avance exactement, sur la base de premiers arrivés, premiers servis.

Info : www.sepaq.com/pq/jac

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