Un work-out pour pagayeurs

Dans le plaisir et la bonne humeur, l'éducateur... (Jean-Sébastien Massicotte, collaboration spéciale)

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Dans le plaisir et la bonne humeur, l'éducateur physique et kayakiste d'expérience Yoland Marcotte incite les pagayeurs comme Éric Turcotte et Manon Simard à bien se préparer en prévision du retour sur l'eau.

Jean-Sébastien Massicotte, collaboration spéciale

(Québec) Au bout du tremplin de trois mètres de la piscine du Collège François-Xavier-Garneau, je scelle la jupette de néoprène sur le rebord du cockpit de mon kayak. Pendant que je me demande par quelle idée saugrenue je me suis retrouvé dans une position aussi précaire, j'entends derrière moi le rire contagieux de Yoland Marcotte, qui s'apprête à me pousser pour faire le grand saut. «Trois! Deux! Un...»

Il faut l'admettre, il n'était sans doute pas nécessaire de passer par cette «initiation» qui simule le saut d'une chute en rivière pour bien comprendre le message de Marcotte, un éducateur physique ayant plus d'un quart de siècle d'expérience. Pour cet amoureux de la Jacques-Cartier qui pagaye en rivière depuis plus de 35 ans, un même constat revient sans cesse : l'importance d'effectuer une bonne préparation en vue de la saison sur l'eau. Le plaisir et la sécurité en dépendent.

Kayakistes en rivière ou en mer et canoteurs ont donc tous avantage à bien planifier leur retour à l'action, qui s'amorce ces temps-ci. Approché pour une séance en piscine, Yoland Marcotte était enthousiaste de pouvoir partager sa passion. Encore plus, il était impatient de démontrer les divers jeux et exercices qu'il utilise pour entraîner, à l'intérieur, les pagayeurs. À commencer par lui-même.

Musculation, assouplissement, équilibre... À l'aide entre autres de ballons d'exercice, de medicine ball et d'élastiques de résistance, la simulation des divers mouvements des sports de pagaie ou d'aviron devient possible, même loin des embarcations. Du travail qui peut très bien se faire à la maison ou au gym, du moment que les exercices sont bien maîtrisés.

Toujours inquiet de voir la pratique de son sport hypothéquée par une blessure, Marcotte s'attarde de plus en plus à sa préparation physique durant l'hiver. Par la même occasion, il revoit sur l'eau sa technique et s'assure que ses réflexes sont toujours aussi aiguisés. Coups de pagaie, appuis, manoeuvres d'urgence et de sauvetage... une foule de gestes qui peut être imitée en piscine, assure l'instructeur. Quitte à user d'originalité pour rendre le tout le plus réel possible.

Dans l'eau chlorée du bassin du service des sports du Collège F.-X.-G., après ces longs mois d'inactivité aquatique, il faut un moment pour retrouver le confort et se réhabituer à la gîte du bateau, à la sensation de la pagaie entre les mains et à son action dans l'eau.

Pour cette sortie «artificielle» bien loin du froid et des remous, Éric Turcotte et Manon Simard sont de l'aventure. Éducateurs physiques et amoureux de l'eau vive comme Marcotte, les jeunes trentenaires constatent eux aussi l'importance de cette période de préparation avant de passer aux choses sérieuses.

C'est d'ailleurs Éric qui sert de cobaye à l'un des exercices qu'apprécie le plus Yoland Marcotte. L'embarcation attachée par l'arrière à un bout de la piscine à l'aide d'un long élastique d'entraînement, il doit pagayer pour garder celui-ci sous tension. Au bout d'une minute de cet intervalle essoufflant, il arrête subitement et doit chavirer.

Pendant que le kayak est ramené vers le bord du bassin sous l'élan de l'élastique, Éric doit se positionner correctement et réussir son esquimautage. À bout de souffle et en mouvement sous l'eau, l'exercice prépare à la réalité de l'eau vive, décrit Marcotte. Original... et efficace!

Yoland Marcotte croit suffisamment à l'importance de ces entraînements pour avoir développé, en vue de l'hiver prochain, des sessions de préparation physique comme celles que nous avons testées. Elles seront annoncées avec la programmation du Service des sports de F.-X.-Garneau en janvier. Une première expérience qui sera à suivre.

Si l'approche proposée est réalisée à bord de kayaks de rivière, elle convient aussi aux autres amateurs de sports nautiques, canoteurs ou kayakistes de mer. Débutants comme experts, tous en bénéficieront, estime Marcotte, qui décrit ces séances comme des occasions de «se préparer de manière intelligente». Sans compter qu'il s'agit là d'un work-out drôlement différent!

Et parlant de différent, vous êtes curieux de savoir comment s'est conclue la cascade sur le tremplin? Disons simplement que si l'on vous propose ce plaisir grisant, dites «Go!» sans hésiter.

Le paradoxe printanier

Pour les amateurs de sports nautiques, l'arrivée du printemps est une période où l'excitation est grande. L'envie d'aller en rivière ou encore sur les grands plans d'eau grimpe en flèche. Sauf que malgré cette hâte irrésistible, il faut se méfier du paradoxe printanier qui attend canoteurs et kayakistes.

Car c'est certainement durant cette période de retour à l'action que les conditions sur l'eau sont les plus exigeantes. Tandis que les réflexes sont encore engourdis par les mois d'inactivité, les plans d'eau sont pour la plupart sans merci. L'eau est glaciale et les débits sont forts. Loin d'être l'idéal pour se retrouver à pratiquer ses manoeuvres d'urgence quand on est rouillé! D'où l'importance de résister au désir de brûler les étapes pendant le retour à la forme.

C'est essentiellement la teneur des propos de Yoland Marcotte pour motiver les entraînements hivernaux en salle et en piscine. Puis, alors qu'il vient tout juste d'amorcer sa saison en rivière, l'instructeur de kayak m'a fait parvenir ce courriel lundi, rappel supplémentaire que la prudence doit toujours être mise de l'avant.

«J'étais sur la Saint-Charles samedi. À la tête du barrage reposaient deux kayaks coincés par le courant et un amas de branches. Les propriétaires de ces embarcations ont été contraints d'abandonner le navire à la suite d'une nage et une récupération déficiente», a-t-il écrit. «Au printemps, l'évaluation des risques devrait être pondérée à la hausse [...]. Il ne faut pas que le plaisir et l'ivresse d'un début de saison laissent place à des expériences négatives.»

À noter, le prochain rendez-vous de la chronique Plein Air est fixé au 25 avril, le temps d'une courte relâche. À très bientôt!

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