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La France tente d'abolir le diktat de la maigreur dans le monde de la mode

Adoptée jeudi par l'Assemblée nationale, la nouvelle loi... (Photo tirée de Twitter)

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Adoptée jeudi par l'Assemblée nationale, la nouvelle loi française soumet désormais l'exercice de l'activité de mannequin à la délivrance d'un certificat médical.

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Franck Iovene
Agence France-Presse
Paris

Les mannequins décharnées, voire anorexiques, vont-elles bientôt disparaître des podiums ou des pages des magazines français? Une loi votée cette semaine en France vise à lutter contre le diktat de l'extrême maigreur qui sévit encore dans le monde de la mode.

«Dès que les décrets d'application seront pris, vous ne verrez plus dans les magazines en France des mannequins ou des photos de mannequins avec la peau sur les os», assure l'ex-député Olivier Véran.

Au printemps, il avait présenté un amendement visant à interdire de recourir à des mannequins en état de dénutrition manifeste dans le cadre de la loi santé.

Définitivement adoptée jeudi par l'Assemblée nationale, la loi santé soumet désormais l'exercice de l'activité de mannequin à la délivrance d'un certificat médical. Ce document devra attester que «l'état de santé du mannequin, évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle [IMC], est compatible avec l'exercice de son métier». L'IMC est le rapport entre la taille et le poids d'un individu.

«Ce qui est visé, c'est la dénutrition à laquelle s'astreignent, ou sont parfois contraintes, certaines jeunes filles pour pouvoir travailler», poursuit M. Véran.

Les employeurs - magazines ou agences - qui ne respecteront pas la loi s'exposeront à des sanctions, pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 75 000 euros (113 800 $CAN) d'amende.

«Ils ont désormais des certificats à fournir et nous les demanderons», a assuré à l'AFP Ralph Toledano, président de la Fédération française de la couture.

Dans une précédente version, le texte proposait de soumettre l'activité de mannequin à un IMC minimal.

Mais cette proposition n'a pas été retenue. La décision finale reviendra au médecin du travail, après un examen élargi à d'autres paramètres (morphologie, sexe, âge, histoire alimentaire, recherche d'absence de menstruation...).

L'image transmise aux jeunes femmes

«Que l'on impose un IMC minimal, pourquoi pas, mais ce qui est primordial dans ce texte, c'est que les jeunes femmes bénéficient désormais d'un suivi médical», explique à l'AFP Nathalie Godart, pédopsychiatre pour adolescents à l'Institut Mutualiste Montsouris à Paris.

«Mais au-delà de la santé des mannequins, il faut se soucier de l'image que donnent les médias de ce que doit être la morphologie normale d'une jeune femme. Lorsqu'on prend comme référentiel des personnes qui sont dans des états de maigreur pathologique, on crée une situation délétère pour les adolescentes», ajoute le médecin.

De 30 000 à 40 000 personnes, des adolescentes dans 90 % des cas, souffrent d'anorexie mentale, une des pathologies psychiatriques qui entraîne la plus forte mortalité.

Mais le sujet reste tabou dans le milieu de la mode, où les mannequins «fil de fer» à la Kate Moss continuent d'être la norme et où l'on fait valoir que certaines jeunes femmes sont naturellement filiformes.

«Personne n'a envie de voir des femmes rondes sur les podiums», assénait en 2013 le charismatique créateur Karl Lagerfeld, adepte de déclarations-chocs sur le sujet.

Aux abords des podiums, on s'inquiète que cette loi puisse déboucher un jour sur l'instauration d'un IMC minimum pour pouvoir défiler.

«J'aurais préféré que cet indice n'apparaisse pas du tout dans la loi parce qu'il peut être un piège», admet Isabelle Saint-Félix, secrétaire générale du syndicat national des agences de mannequins (Synam), qui regroupe une quarantaine d'agences.

«Imaginez qu'on décide qu'en dessous d'un certain IMC, les mannequins ne peuvent pas travailler. Ce serait une catastrophe pour les agences françaises et l'on pourrait considérer qu'il s'agit d'une discrimination à l'embauche», estime-t-elle.

C'est le choix qu'a fait Israël, l'un des premiers pays à avoir mis en place une loi interdisant le recrutement de mannequins trop maigres.

Entrée en vigueur en 2013, cette législation interdit la présence de mannequins dont l'IMC est inférieur à 18,5 dans les médias israéliens ou dans les défilés.

L'Espagne, l'Italie, le Chili ou la Belgique ont aussi pris des dispositions législatives ou réglementaires pour lutter contre la maigreur sur papier glacé.

«Ca me met tellement en colère d'entendre quelqu'un me dire: "Il paraît que tu dois perdre du poids"», s'indignait récemment la mannequin Cara Delevingne. «Si vous ne voulez pas de moi, tant pis!»

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