La Frate, des passionnés qui voient grand

Frédéric Poitras, ancien copropriétaire du Cercle et responsable... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Frédéric Poitras, ancien copropriétaire du Cercle et responsable des médias sociaux de La Frate, entouré de quelques membres fondateurs: l'apiculteur (Apis Lacris), maraîcher et suiteur (Légende) Marc-André Corriveau, le chef Olivier Godbout (La Planque), le restaurateur Frédéric Samson (La Planque) et le chef Stéphane Modat (Champlain, bistro Le Sam, 1608).

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Sophie Grenier-Héroux</p>
Sophie Grenier-Héroux

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Une bande d'amis restaurateurs, producteurs, cuisinier et pâtissiers qui se rassemblent autour d'un barbecue festif. Des idées qui fusent, une envie incommensurable de travailler ensemble, de s'inviter dans ses restaurants respectifs. De s'amuser et aussi de donner au suivant. Toute cette folie fraternelle se nomme désormais La Frate, une communauté de passionnés qui voient grand. Discussion à bâtons rompus avec une partie des fondateurs de cette «gang de chums».

Q Pourquoi avoir décidé de vous réunir sous le nom La Frate?

Stéphane Modat (S.M.) Ça fait tous longtemps qu'on se connaît, pis je pense que c'est dans notre ADN... Tu sais, on est tous issus du même cheminement en restauration, on a tous travaillé ensemble. Il y a un réel désir de dire: OK, on s'aime tous beaucoup, qu'est-ce qu'on fait maintenant? Comment on fait pour être une vraie gang sans que ça soit forcément quelque chose de très carré, très protocolaire?

Frédéric Poitras (F.P.) À force de dire: on devrait faire ci, on devrait faire ça, on a décidé d'être des doers, de pas juste fabuler sur un monde merveilleux. On ne fait pas toutes nos idées, mais au moins à travers [le lot], il y en a plusieurs qu'on concrétise.

Olivier Godbout (O.G.) Québec, c'est un gros village. On veut juste s'entraider. On travaille avec pratiquement les mêmes producteurs - soit les plus petits ou des plus gros - pour leur donner une belle visibilité à travers nos restaurants. On travaille tous ensemble en collaboration.

F.P. Brander une mobilisation, c'est une manière d'avoir le plus d'impact. Tant qu'à être solidaires, à être une belle gang qui fait des belles choses, on a décidé de se mettre sous une réelle bannière et donner une connotation professionnelle à tout ça. Ça vient donner [un but] et là, quand on va se mettre à travailler, ça va avoir un impact, peu importe sur quoi on va s'attarder, que ce soit un événement ludique ou caritatif. Juste avant que tu arrives, on parlait des tabliers qu'on va se faire faire. Ça va être très funky et trippant et ça va continuer notre positionnement, le rassemblement de notre gang.

Q D'emblée, La Frate, c'estl'envie de créer des moments; vous inviter mutuellement dans vos restaurants et cuisiner un repas pour quelques convives seulement.

O.G. Oui, on voulait mettre de côté l'esprit compétitif, puis faire de quoi ensemble. [La première fois], on s'est rassemblé Stéphane [Modat] et moi ici, à La Planque. On avait les produits de Philippe Labbé [de la Laiterie de Charlevoix] et les bouteilles de Bertrand [Mesotten] du Moine Échanson. Toute la brigade est entrée un dimanche alors que normalement, c'est notre journée de congé. On voulait faire vivre une expérience aux clients. Les 32 personnes qui étaient là ce soir-là ont été privilégiées. On a fait un menu qui normalement coûterait 150, 200 piasses par tête. On a fait ça à 60 $ avec un accord mets-vins. C'est une expérience.

S.M. Ce genre d'événement comme celui-là nous permet d'explorer beaucoup plus de choses. Les 30 personnes qui viennent ne viennent pas nécessairement déguster la cuisine de La Planque ou celle du Champlain. Ce qu'ils viennent voir, c'est une espèce d'attachement entre deux personnes qui veulent explorer des trucs qu'ils n'ont pas nécessairement sur leurs menus [habituels].

F.P. Ils sortent de leur zone de confort...

Q Vous faites la part belle aux producteurs de la région. Est-ce parce que, selon vous, ils sont encore trop méconnus?

O.G. Il y en a des plus petits qui sont encore méconnus et avec qui j'adore travailler... Comme Léonce Plante à l'Île [d'Orléans] qui me fournit en fraises... C'est les meilleures que j'aie jamais mangées...

F.P. L'équation de la créativité de l'un jumelée avec celle de l'autre dans un esprit fraternel donne un résultat encore plus «wow» parce que c'est inédit. Puis le lien reste. Le deuxième événement de La Frate, c'est Olivier [Godbout] pis Raphael [Vézina] réunis à La Planque. On ne sait pas encore quel produit on va avoir [au moment d'écrire ces lignes, la collaboration de la Ferme Basque de Charlevoix et les vins de la Ferme apicole Desrochers avaient été confirmés], mais le producteur va devenir un chum de la gang, pis l'autre d'après aussi. On conserve le lien, on nourrit le lien. La relation n'est plus que juste fournisseur-client parce que ça vient du coeur et c'est authentique.

Frédéric Samson (F.S.) Tu viens de dire «authentique». La Frate a une signature qui vient avec ça, il y a un certain standard de qualité qui doit être atteint sinon La Frate ne peut pas apposer son nom au bas de l'événement. Si c'est pas authentique, c'est pas La Frate, ça c'est clair.

Q Et l'authenticité, on la retrouve dans quoi?

F.S. Dans notre façon de faire, dans nos approvisionnements.

S.M. Il n'y a aucun argent qui est mis dans La Frate. C'est vraiment juste un projet d'amitié qui est sincère.

F.S. C'est aussi une organisation qui veut protéger le métier, avec toutes les tentacules que ça implique. Autant au niveau du service, du producteur, du transformateur. 

S.M. C'est une façon aussi de cristalliser le métier de cuisinier ou restaurateur. Qu'est-ce qu'il est aujourd'hui en 2016? Je n'enlève rien à personne, mais le métier en 1988, il était différent et la façon d'aborder le métier était différente. Pas de tatous, pas de machins, tout le monde habillé propre. Eh bien, c'est plus ça, la restauration. Maintenant, c'est le désir de recevoir plutôt que de servir de façon guindée. On a du fun!

Q Marc-André, en tant que producteur maraîcher et apiculteur, qu'est-ce que La Frate t'apporte de plus??

Marc-André Corriveau (M.-A. C.) De la fierté

S.M. On n'attend rien de personne. On n'attend pas que La Frate remplisse nos restaurants... 

M.-A. C. C'est certain que pour un producteur, être membre de La Frate, ça peut être une porte de sortie pour des produits accumulés. Moi, c'est sûr que si j'ai 18 chaudières de 1,5 kilo de miel à passer parce que ça va cristalliser, ben j'ai la chance de faire partie de La Frate et de pouvoir faire un téléphone ou deux pour passer mon stock et ils vont peut-être créer un événement autour de ça.

S.M. Et là où c'est bon pour toi, c'est que tu fais partie de La Frate parce que ton produit est exceptionnel. 

F.P. La restauration, c'est une cause en soi. Sans exagérer. On sait que d'excellents restaurateurs ne font que 3 % de profits. On s'entend, c'est tout un art... Alors on peut très bien - mettons qu'un ami vient d'ouvrir un restaurant - dire: «Allons-y, on pose notre sceau, c'est l'fun ce qu'ils font, c'est une belle gang». On peut s'entraider. Le but [de la restauration], ce n'est pas de s'acheter une Porsche, c'est de survivre. La Frate peut aider à reconnaître les bonnes adresses, les bons travailleurs. C'est du développement économique que l'on fait pour une nouvelle génération qui pousse et qui fait les choses avec authenticité, créativité et avec des valeurs d'achat local, du savoir-faire de chacun...

Q En ajoutant les événements de La Frate à votre horaire, vous n'avez pas peur de vous épuiser?

O.G. On est quand même beaucoup...

F.S. Faut voir aussi plus grand que la ville de Québec. La Frate, ça aspire à grandir, à sortir de Québec, Chicoutimi, Sherbrooke...

S.M. On ne veut pas faire chier personne pour rentrer dans La Frate non plus! [rires] La Frate, c'est un désir personnel de vouloir entrer dedans.

Q Parlez-moi de votre implication dans certains événements caritatifs.

F.P. Arnaud [Marchand] est président d'honneur de la Classique des chefs [tournoi de golf qui amasse des dons pour la Fondation Réno-Jouets et l'organisme Le Piolet] et il a invité La Frate à se joindre à lui le 20 septembre. C'est la première fois qu'on va collaborer ensemble! Puis, le 28 septembre, ça éclate! C'est 30 chefs, cuisiniers et pâtissiers qui vont se réunir pour un menu pour 500 personnes. On se réunit pour la Soirée des leaders Michel-Sarrazin. La Maison Michel-Sarrazin, c'est la référence dans la francophonie pour les soins palliatifs, puis on va ramasser plus de 100 000 $. Les 30 cuisiniers viennent de manière bénévole et vont cuisiner toute la journée à l'Espace Dalhousie. Ça va être fou raide! C'est David Forbes qui en a été l'instigateur...

M.-A. C. ... il a discuté avec une fille qui lui a dit qu'elle avait une levée de fonds à faire. David a dit: je vais faire la bouffe et j'ai des amis qui vont m'aider. C'est aussi simple que ça!

F.P. Une personne dans l'entourage de David est décédée l'année dernière et une autre de ses amies proches risque de bénéficier de la Maison Michel-Sarrazin. David a toujours été un grand coeur, un hypersensible, tout le temps prêt à aider. C'est quelqu'un de très loyal.

Pis, ce que tu peux dire aussi, c'est que le hashtag de l'événement, c'est #cuisinerpourlavie. Mais c'est aussi cuisiner pour la vie, dans le sens qu'on n'arrêtera jamais de cuisiner.

Pour suivre les événements de La Frate: facebook.com/lafrateqc

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer