Le service à l'auto bien vivant en Gaspésie

Nathalie Dufresne, serveuse au Casse-croûte chez Cathy, prend... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Nathalie Dufresne, serveuse au Casse-croûte chez Cathy, prend les commandes et les livre à l'auto.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rivière-au-Renard) Au Casse-croûte chez Cathy, à Rivière-au-Renard, on apporte la poutine à votre voiture, sur un plateau de service qu'on fixe à la vitre. Il s'agit probablement du dernier casse-croûte du Québec à poursuivre cette tradition issue des années 60.

Nathalie Côté et Éric Dupuis dégustent une poutine, assis à l'avant de leur voiture. Ils n'ont pas eu besoin de se lever. La serveuse est venue prendre leur commande à l'auto, puis l'a accrochée à la vitre.

Originaire de Rivière-au-Renard, le couple habite maintenant Mirabel, mais revient manger au Casse-croûte chez Cathy sans faute lorsqu'il est en vacances en Gaspésie. «C'est réconfortant, c'est notre culture!» lance Mme Côté.

Ils étaient assis sur le siège arrière, derrière leurs parents, lors de leurs premières bouffes à ce casse-croûte. Aujourd'hui, leur fils adolescent occupe cette place. Être servi à l'auto, «pour nous, c'est normal, mais c'est de voir la réaction des gens...», dit Mme Côté.

«Les touristes, on les reconnaît. Ils sortent de leur voiture, ils vont à la porte et ils cherchent les tables», dit Yvette Plourde, copropriétaire et gérante de Chez Cathy.

Le casse-croûte a été fondé vers 1965, sous le nom de Paul Curb Service. La soeur d'Yvette, Marcelle, l'a acheté en 1974. «Ça a toujours été comme ça, le petit cabaret aux fenêtres. Mais dans les années 60, il n'était pas le seul. Les A&W avaient ça!»

Le casse-croûte ouvre à la fin avril, avant les dernières chutes de neige. Les serveuses sortent, beau temps, mauvais temps. «Souvent, il y a de la neige à la fête des Mères. On s'est déjà dit : "On ne va pas faire sortir les filles dans la neige! On va faire venir les gens au comptoir"», rapporte Mme Plourde. Rien à faire : voyant que personne ne sortait les servir, «il y a bien du monde qui s'en allait!»

Le plateau de service joue un rôle dans l'attraction du casse-croûte, croit Mme Plourde. «C'est sûr qu'on a aussi une réputation de poutine. On aurait de l'achalandage quand même, mais le cabaret est bien attrayant. Pour les clients, ça fait partie du charme.»

Pour certains, le casse-croûte est une façon de sortir de chez soi sans vraiment sortir de son intimité. «Des fois, les gens se promènent en voiture le soir, la madame est en pyjama, elle n'a pas besoin de sortir», rapporte Mme Plourde.

Cabarets... de Dallas

Les cabarets à pattes utilisés au Casse-croûte chez Cathy, fabriqués à Dallas, tiennent le coup depuis des décennies. Il arrive qu'un client parte avec l'objet attaché à la vitre, puis le rapporte. Une chance, parce que «je ne sais même pas où je pourrais en ravoir!» s'inquiète Mme Plourde.

Elle a entendu dire que le propriétaire d'un défunt casse-croûte du Saguenay avait gardé les siens. «Il faudrait que je fasse un détour par Chicoutimi!» dit Mme Plourde.

La cuisinière Jeannine Cassivi, la copropriétaire Yvette Plourde... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas) - image 2.0

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La cuisinière Jeannine Cassivi, la copropriétaire Yvette Plourde et la cuisinière Danielle Samuel

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

Treize employés travaillent au Casse-croûte chez Cathy, dont certains depuis plus de 30 ans. Solange Samuel a pris récemment sa retraite, après 37 ans de service. Le contraste chaud/froid, on s'y habitue, dit-elle. Quand il pleut, les serveuses portent un imperméable à capuchon, pas toujours suffisant. Mme Samuel se souvient de s'être présentée au travail avec une chevelure fraîchement teinte et d'avoir servi des clients avant de réaliser qu'une eau colorée dégoulinait sur son visage...

Danielle Samuel, sa soeur, travaille au casse-croûte comme cuisinière depuis 34 ans. Elle a la réputation d'avoir le tour pour les grilled cheese, au point où des clients demandent si elle est aux fourneaux avant d'en commander un. Autre spécialité du casse-croûte : le «pinceau», un club sandwich où steak haché et fromage remplacent le poulet.

Mais c'est la poutine, et sa sauce concoctée sur place, qui remporte les suffrages. «Soixante-quinze pour cent de nos plats sortent accompagnés d'une poutine», dit Mme Plourde.

Sauvé des eaux

Le Casse-croûte chez Cathy a survécu aux inondations monstres d'août 2007, alors que la rivière au Renard était sortie de son lit, faisant deux morts et des centaines de sinistrés. «Avant la grosse de 2007, on avait eu neuf petites inondations où on devait fermer un jour ou deux. C'était plus de peur que de mal», rapporte Yvette Plourde. Mais, en 2007, «on avait eu quatre pieds d'eau, ça avait embarqué dans les friteuses.» Yvette et Marcelle Plourde, copropriétaires avec leur frère Hermel, s'étaient attelées au nettoyage avant d'apprendre que le bâtiment et l'équipement étaient une perte totale : le casse-croûte s'était déplacé sur ses fondations. Avec l'aide financière de la Sécurité civile, elles ont rebâti en plus grand, en amont. «On a un petit ruisseau qui passe derrière, mais ce n'est pas bien dangereux», dit Mme Plourde.

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