Les fruits de la Floride menacés par une invasion de mouches

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Victoria Barnes, de Redland, en Floride, voit sa récolte d'avocats ruinée par la mouche orientale.

AFP, Kerry Sheridan

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Agence France-Presse

REDLAND - La mouche orientale des fruits est un insecte d'à peine un centimètre de long, mais les dégâts qu'il provoque dans l'agriculture inquiètent grandement les autorités de Floride, pourtant habituée aux invasions de nuisibles.

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Les autorités américaines ne savent pas comment l'insecte a fait son chemin jusqu'à la luxuriante Floride, où l'invasion est sans précédent.

AFP, Kerry Sheridan

La Floride a été assaillie par les escargots géants d'Afrique, le python birman ou encore les lézards tégu d'Argentine, mais la petite mouche pourrait avoir des conséquences bien plus graves sur son économie et son écosystème.

Quelque 250 km2 de terres cultivées ont été placées sous quarantaine et le secteur agricole du sud de la Floride pesant 1,6 milliard $ est directement menacé.

«C'est probablement l'insecte le plus dévastateur qui puisse exister», estime Victoria Barnes, productrice d'avocats à Redland. «Nous avons plus d'un millier d'arbres et depuis fin août, aucune récolte. Tout a été stoppé», poursuit l'agricultrice installée dans la zone confinée à une soixantaine de kilomètres au sud de Miami.

Elle n'a pas été autorisée à récolter sa production et a ainsi perdu quelque 5440 kg d'avocats, quand bien même aucune des 165 mouches orientales des fruits piégées par les autorités n'a été retrouvée sur sa propriété.

La mouche orientale des fruits, ou bactrocera dorsalis en latin, peut voyager sur de longues distances et se nourrit de plus de 400 végétaux dont les mangues, les bananes, les tomates, les figues, les pastèques, les concombres, les pommes de terres, les haricots verts, les citrons ou encore les litchis.

Les producteurs de ces produits se retrouvent menacés, car la femelle pond ses oeufs - jusqu'à une vingtaine - dans le fruit ou le légume, qui est ensuite abîmé par la prolifération des larves et devient impropre à la consommation.

Pire de l'histoire

La mouche orientale des fruits vit 30 à 45 jours durant les saisons chaudes et les femelles peuvent produire jusqu'à 1500 oeufs dans ce laps de temps.

L'habitat de cet insecte s'étend du sud de la Chine ou nord de l'Inde et il avait déjà été observé en Californie, mais les autorités américaines ne savent pas comment le nuisible a fait son chemin jusqu'à la luxuriante Floride, où l'invasion est sans précédent.

«Si cette mouche s'établit à l'intérieur des terres aux États-Unis, elle va dévaster l'agriculture commerciale», met en garde un prospectus distribué dans une pompe à essence de la zone confinée. «Les pays où cet insecte est présent en grand nombre connaissent des pertes de récoltes de 25 à 50 %», poursuit le texte émanant du département de l'Agriculture de Floride.

En conséquence, un panneau bilingue en anglais et espagnol clignote dans la rue principale de Redland: «Attention, ne pas déplacer les fruits», au risque de disséminer l'animal.

Dans la zone de quarantaine, les agriculteurs sont empêchés d'accéder à leur production pendant une période donnée, doivent asperger fruits et légumes de pesticides et faire contrôler le moindre produit commercialisé.

«Quasiment chaque fruit de la saison tropicale en Floride a été placé sous quarantaine», explique Salvador Fernandez, un maraîcher estimant avoir perdu un million de dollars en à peine cinq semaines.

On assiste «de loin, à la pire invasion de l'histoire de notre État», a affirmé le secrétaire à l'Agriculture de Floride, Adam Putnam, qui a décrété la quarantaine au moins jusqu'en février.

Hausse des prix et pénuries

Les dernières mouches «piégées» sur des triangles collants pendus aux arbres ont été attrapées le 10 octobre, mais aucun chiffre n'a été communiqué sur le nombre de spécimens potentiellement présents en Floride. Seuls les mâles peuvent être capturés dans ces pièges contenant des phéromones femelles qui les attirent.

Selon les autorités, plus de 1200 ententes de conformité, prévoyant notamment des inspections, ont été signées entre les autorités et des professionnels du secteur agricole.

Et la tâche s'avère immense. «Il y a huit inspecteurs pour 800 agriculteurs», a indiqué un responsable sous couvert d'anonymat.

Les autorités de Floride n'ont pas commenté ces chiffres, affirmant seulement que le gouvernement fédéral apportait son aide et certifiant que les fruits et légumes finalement commercialisés ne présentaient aucun risque pour la santé, en dépit de l'usage intensif des pesticides.

Du côté des consommateurs, la menace se reporte sur les prix et certains produits comme le fruit de la passion ou les avocats se font rares sur les étals.

«Avant, je vendais une caisse d'avocats 10 $, maintenant c'est 40, tout devient plus cher [...] et plus rien ne se vend», constate Noel Ruiz, une primeur de Redland.

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