Le snacking: le choix de manger selon nos besoins

Il semble révolu le temps où manger entre les repas était mal vu, où la... (Shutterstock)

Agrandir

Shutterstock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Sophie Grenier-Héroux</p>
Sophie Grenier-Héroux

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Il semble révolu le temps où manger entre les repas était mal vu, où la collation d'avant-midi se résumait à une pomme et où les trois repas par jour étaient non négociables. Aujourd'hui, la tendance est au snacking, une nouvelle habitude alimentaire qui propose de collationner plusieurs fois par jour et de manger un peu chaque fois qu'on a faim. Une nouvelle habitude de consommation... surveillée de près par une industrie prête à tout pour vous plaire.

Il semble révolu le temps où manger entre... (Shutterstock) - image 1.0

Agrandir

Shutterstock

Si à une époque pas si lointaine grignoter était contre les diktats de l'alimentation, c'est dorénavant une façon de plus en plus prônée pour s'alimenter convenablement selon notre activité quotidienne. Le snacking se base sur l'écoute de sa faim. On mange non pas parce qu'il le faut, mais bien parce qu'on en a besoin. 

«La définition du snacking n'est pas encore claire, mais il s'agit de manger des petits repas qui ressemblent à des collations», explique la diététiste-nutritionniste Hélène Baribeau, connue pour son travail sur les habitudes et les comportements alimentaires. «On cherche donc à manger des repas d'environ 150 à 250 calories avec cinq à sept grammes de protéines.» Cette nouvelle façon de voir l'assiette a beaucoup à voir avec le style de vie plus sédentaire de la population en général. «Le snacking est intéressant dans une société où la plupart des gens travaillent assis. S'ils prennent des gros repas [trois fois par jour], ils se sentent bourrés et s'endorment au travail», souligne Mme Baribeau.

Grignoter santé

En ce sens, manger de petits repas avec «toujours une protéine» procure une satiété et une hausse d'énergie. Les options sont multiples, mais la plupart des articles de références font l'éloge des noix, des fruits séchés, de l'avocat, des tartines ou des salades de légumineuses. La plupart des adeptes du grignotage mangent un peu le matin, prennent une collation en milieu d'avant-midi, une autre en milieu de journée, puis, selon la faim, un petit en-cas vers la fin de l'après-midi. Aussi, le souper est réservé comme un moment de rassemblement où l'on prend le temps de cuisiner un repas complet. 

«Si on grignote aux deux heures, ce n'est pas la bonne habitude à avoir», souligne Mme Baribeau. Il faut sentir la faim et arrêter de manger lorsqu'on se sent bien et non pas quand notre plat est vide. Selon Hélène Baribeau, si les choix sont sains, l'alimentation globale s'en trouve équilibrée, car on comble nos besoins alimentaires tout au long de la journée. «Je le recommande, car il est bénéfique pour la digestion et il permet d'intégrer les quatre groupes alimentaires [dans notre alimentation].»

Il semble révolu le temps où manger entre les repas était mal... (Shutterstock) - image 3.0

Agrandir

Shutterstock

Le régime à la mode

Évidemment, tout ce qui devient à la mode est empoigné par l'industrie agroalimentaire qui nous incite maintenant à collationner. Morceaux de viande cuite prête à manger, trempettes, yogourts à boire, galettes enrichies; le choix est immense. Les entreprises alimentaires ont flairé le filon et ont emboité le pas aux barres protéinées qui n'intéressaient pas jusqu'alors ceux en quête d'une perte de poids. Cet achalandage au rayon des grignotines n'est pas anodin. L'an dernier, les ventes de produits dits de collation ont grimpé à 124 millards $ en Amérique du Nord avec une augmentation de 2 % par année, selon un sondage de la firme Nielson. Selon le magazine Forbes, l'attitude autour du grignotage a aussi beaucoup changé. Seulement 40% des gens s'empêchent de manger entre les repas, tandis que dans les années 80, ils étaient 70% à le faire.

Rares sont ceux qui ne collationnent pas de temps à autre. Les femmes le font d'ailleurs davantage que les hommes, toujours selon Nielson. Quatre-vingt-onze pour cent des adultes prennent une collation au moins une fois par jour et 25% d'entre eux le répètent trois à cinq fois. Trois pour cent avouent grignoter constamment. Fait intéressant rapporté par la firme d'analyse en consommation NPD Group, les consommateurs sont plus portés à regarder les ingrédients absents (gras trans, sucre raffiné, etc.) que ceux qui sont ajoutés. Or, le problème qui se dessine devant l'abondance de choix de collations, est l'excès de sucre ou de sel ajoutés dans plusieurs produits. Le nouveau macaroni au fromage en format de poche de Nestlé ou les barres de riz soufflé de Kellogg sont d'ailleurs montrés du doigt. Puisqu'ils sont vantés comme faibles en calories et en gras, certaines personnes pourraient se mettre à consommer davantage de produits du genre tout en prenant trois repas par jour, une habitude qui inquiète Mme Baribeau.

L'étude de Nielson démontre que la moitié du temps, le choix de prendre une collation est motivé par un besoin «fonctionnel». Tandis que 50% du temps, c'est émotionnel, pour répondre à une «envie». Le résultat positif pour ceux qui collationnent pour répondre à un besoin fonctionnel, c'est qu'ils privilégient de plus en plus un choix santé comme des fruits ou du yogourt.

«Si on est stressé, qu'on travaille sous pression, on peut manger moins souvent, mais des bonnes choses. Si on est à la retraite, c'est correct de manger [seulement] trois fois par jour, indique Hélène Baribeau. L'idée générale est qu'il faut savoir adapter son alimentation à son style de vie.»

Trois idées vitaminées

Les collations maison sont souvent un choix plus santé que ce que l'on trouve en épicerie. La nutritionniste Hélène Baribeau nous donne trois idées vitaminées.

Un oeuf cuit dur avec quelques bâtonnets de carotte

L'oeuf est une bonne source de protéines qui aide à avoir une sensation de satiété et un excellent niveau d'énergie. Les légumes viennent ajouter des vitamines et minéraux nécessaires à la production d'énergie et au système immunitaire.

Un mélange de noix et de graines dans un yogourt

Les noix possèdent beaucoup d'acides gras polyinsaturés et de fibres réputés pour une bonne santé cardiovasculaire. Les graines de chia (riches en fibres, fer, oméga-3) ou de chanvre (choisies pour les oméga-3, oméga-6 et ses acides aminés) sont particulièrement recommandées par

Mme Baribeau. Le yogourt, quant à lui, renferme des nutriments essentiels, dont du calcium. Il faut cependant faire attention aux yogourts à boire qui contiennent une plus grande quantité de sucre.

Hummus et biscottes de grains entiers

Les légumineuses et les céréales sont riches en fibres, ce qui diminue l'absorption des graisses et des glucides et aide à diminuer le mauvais cholestérol sanguin. Les fibres ralentissent la digestion et prolongent ainsi la sensation de satiété.

40 %
Gens qui s'empêchent de manger entre les repas
91 %
Adultes qui prennent une collation au moins une fois par jour

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer