Dominic Gosselin: le camionneur devenu fromager

Camionneur pendant 18 ans, le fromager qui s'ignorait... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Camionneur pendant 18 ans, le fromager qui s'ignorait a tout laissé en 2008 pour acheter son troupeau et devenir producteur laitier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «J'étais pas du tout un amateur de fromage. J'ai été élevé au fromage Velveeta!»

Le rire est franc et l'oeil clair. «Mais je commence à aimer ça...», avoue Dominic Gosselin, propriétaire de la fromagerie Les Chèvres à l'île d'Orléans, énumérant ses nouvelles découvertes, dont le «très, très bon» Louis d'Or. 

Dans sa maison de Saint-François-de-l'Île-d'Orléans, M. Gosselin nous accueille tout de blanc vêtu, prêt à aller brasser son fromage en grains dans son sous-sol converti, en partie, en fromagerie, avec tout ce que cela comprend comme équipement. 

Son fromage, il en prend soin comme une vraie mine d'or. Littéralement. À peine ses portes ouvertes le 8 juin que déjà ses distributeurs en redemandent! De toute évidence, les Crottes de bouc! (en grains) et le Blanc bec (à pâte molle) - ses deux premiers produits - ont séduit la clientèle. «Je pensais produire 1400 grammes de fromage la première année. Après une semaine, j'en ai vendu 360 grammes!» lance-t-il, étonné. Même IGA l'a appelé pour distribuer son fromage. Un beau problème... «[Toute cette demande], ça me stresse beaucoup... Mais mes nuits ne sont pas assez longues pour que ça m'empêche de dormir!»

Deuxième carrière

Camionneur pendant 18 ans, le fromager qui s'ignorait a tout laissé en 2008 pour acheter son troupeau et devenir producteur laitier. «Mon père était producteur de vaches laitières et j'ai toujours voulu faire ça. Pour la liberté, être à la maison proche de mon monde.» 

D'abord intéressé à suivre les pas du paternel, il a été séduit par le lait de chèvre, même si cela demande plus de travail pour arriver à la même quantité de lait qu'une vache. «Le défi, c'est aussi les naissances. Tu peux en avoir deux, trois en même temps. Et tu ne peux pas juste dire que ça va se faire sans être là. Faut que tu sois présent.»

Ironiquement, après six ans d'activité, un surplus de lait l'oblige à revoir ses options, car un contrat avec Saputo ne lui permet qu'une production limitée par année. «Mon ambition, c'était de grossir mon troupeau et de vendre le plus de lait possible. Mais pour agrandir le troupeau, il aurait fallu acheter d'autres contrats.»

Voulant éviter que le lait prenne le chemin de la poubelle, M. Gosselin décide de suivre un cours à La Pocatière pour maîtriser les rudiments du savoir-faire fromager. Les premiers tests ont vite été concluants. «Je m'amusais à faire du fromage, je perfectionnais la recette et les gens en redemandaient. Je me suis dit: "Attends un peu... J'arrête pas là. Il y a un potentiel." Je me suis mis à explorer ce que je pouvais faire.» À force d'en apprendre, de développer son produit et de voir l'engouement des gens, l'ambition de Dominic Gosselin était désormais de faire le meilleur fromage possible. 

Deux ans de travail acharné plus tard, la Fromagerie Les Chèvres a vu le jour, à son grand bonheur. Appuyé par sa conjointe Dominique Lacasse depuis le début de l'aventure et avec l'aide de Catherine Dalpé, stagiaire en agronomie, le nouveau fromager apprécie aujourd'hui sa nouvelle carrière, avec tout ce qu'elle exige de patience et de minutie. «[Le fromage] c'est une science, si tu changes la recette un peu, ça ne donne pas le même fromage. Ce que les chèvres mangent, comment elles [vivent], tout a son importance pour assurer une régularité.»

Ses premières recettes maintenant sur les tablettes, les expériences se poursuivent. Un fromage vieilli est en test et M. Gosselin caresse l'idée de faire un fromage pour chacune des paroisses de l'île. Son commerce n'en est qu'à ses premiers balbutiements, mais au dire du fromager, les perspectives sont heureuses et le projet est devenu une affaire de famille. Son fils de 16 ans désire même aller étudier en agriculture pour faire... comme son père!

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À peine ses portes ouvertes le 8 juin que déjà les distributeurs de M. Gosselin en redemandent! De toute évidence, les Crottes de bouc! (en grains) et le Blanc bec (à pâte molle) - ses deux premiers produits - ont séduit la clientèle.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

  • Points de vente:  Les fromages de Dominic Gosselin sont en vente aux quatre comptoirs Buffet maison (buffetmaison.com), à la Boucherie Jos Rousseau (info : 418 828-2084) et au Petro-Canada de l'île d'Orléans (info : 418 828-0009).

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