Steven Raichlen: guide de survie de l'homme aux fourneaux

Depuis son tout jeune âge, Steven Raichlen est... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Depuis son tout jeune âge, Steven Raichlen est un vrai passionné de cuisine.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

<p>Sophie Grenier-Héroux</p>
Sophie Grenier-Héroux

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La rencontre devait durer l'instant d'un dîner. Elle aura pris un après-midi. Car casser la croûte avec Steven Raichlen, c'est beaucoup plus que simplement manger, c'est photographier, instagramer, examiner, questionner, partager. On l'aura compris, l'homme n'est pas seulement le maître du gril, il est surtout un passionné de cuisine.

Le rendez-vous avait été prévu au Poulet Portugais. Déjà, en entrant, les effluves de la volaille cuite sur le charbon font sourire l'invité, mais c'est la vue des charcuteries maison qui provoque une sorte d'extase chez Raichlen : «Oh, je suis vraiment content d'être ici, merci!» Entre alors en scène Stoyan Napolenov, chef et propriétaire, qui n'a pas la moindre idée de l'identité du personnage qui lui demande de visiter sa cuisine! La scène a de quoi être cocasse. Mais la curiosité de Raichlen a ceci de particulier qu'elle est authentique. Il ne cherche pas la comparaison, il cherche à comprendre. C'est ainsi que Napolenov lui ouvrira la porte de sa cuisine pour jaser. Elle s'ouvrira au moins six autres fois durant l'entrevue.

Retour à la source

Après avoir abordé le barbecue sous toutes ses formes et ses origines, Raichlen a décidé de revenir à la base dans un nouveau livre dont le titre est plus qu'évocateur: Guide de survie en cuisine, tout ce qu'un homme doit savoir pour apprivoiser les fourneaux. Un bouquin suggéré par son rédacteur en chef et qui, selon l'auteur, arrive à point. «Depuis quelques années, on vit une révolution. Les gars aiment de plus en plus faire la cuisine», souligne Raichlen, les yeux rieurs.

Quand on remonte à son enfance, la cuisine était encore une tâche réservée aux femmes. Et comme maman Raichlen était loin d'être une chef - «c'était une danseuse de ballet, elle avait horreur de la cuisine!» -, Steven et son papa prenaient le contrôle des fourneaux une fois par mois. Champignons farcis au crabe, salade César, grillades... Ils cuisinaient pendant toute une soirée. «C'est un des plus beaux souvenirs de ma jeunesse. J'attendais avec plaisir tout le mois pour que cette [soirée] arrive.» Le reste du temps, de son propre aveu, les repas étaient assez tristes. «Mais ce qui est marrant, c'est que c'est ma mère qui était le grillardin dans la famille! Souvent, quand elle faisait la cuisine, c'était des grillades. On avait un barbecue au charbon de bois et elle versait de l'essence dessus. Une fois, elle a failli brûler la maison! C'était une personne flamboyante!»

À l'université, il travaille chez un charcutier, puis dans la cuisine du campus. Il popote même pour ses colocataires dans sa résidence. Étudiant en littérature, il bifurque vers la cuisine médiévale, fait ses classes au Cordon bleu et à La Varenne, puis prend le tournant de la rédaction culinaire jusqu'à la Bible du barbecue et Planète Barbecue, deux succès planétaires. «Avant d'être le maître du gril, même avant d'avoir fait des grillades, j'avais déjà une formation culinaire.»

Cuisiner comme un pro

Maîtriser les bases, voilà ce qui revient souvent dans les explications de Steven Raichlen et qui sont l'élément clé de son nouveau livre. Hacher l'ail, couper le poulet en crapaudine, décortiquer un homard ou faire une vinaigrette... chaque chapitre a sa leçon. «Chaque homme qui se respecte doit savoir se comporter dans la cuisine. J'avais mis à l'aise pas mal d'hommes avec le barbecue, il fallait maintenant les mettre à l'aise dans la cuisine. C'est ça, l'idée du livre.»

L'idée aussi, était de transmettre des conseils avec rigueur et sans flafla, mais avec une pointe d'humour. Les anecdotes et les histoires autour des plats confèrent au livre le statut d'un journal de bord.

«Lorsque j'étais à l'école de cuisine, j'ai découvert une centaine de recettes exquises, mais j'ai aussi découvert qu'on pouvait voir la cuisine comme un langage. Ça veut dire qu'il y a un vocabulaire, les ingrédients, et une grammaire, qui sont les techniques.» Pour Raichlen, rien ne sert d'enseigner les recettes si on ne comprend pas leurs bases.

«Les femmes sont souvent obligées de faire la cuisine tous les jours pour la famille, tandis que souvent, quand un homme cuisine, c'est pour faire spectacle.» Raichlen a donc pensé revisiter les bases en une série de recettes simples et classiques pour la vie de tous les jours, comme la salade césar, le chili ou la guédille au homard. «Je crois qu'il y a beaucoup de femmes qui vont acheter le livre à leur homme pour qu'il aide un peu plus à la maison! Mais enfin, c'est dit pour les hommes, mais c'est pour tout le monde.»

Steven Raichlen se lève rejoindre Stoyan Napolenov «pour voir comment il fait la sauce!» Inarrêtable foodie! À ceux qui se posent la question, oui, il a encore beaucoup à dire sur la cuisine au barbecue. Son prochain livre traitera des techniques de fumage. À moins qu'il s'attelle d'abord à son deuxième roman. À voir! Une chose est certaine, il a promis qu'il reviendrait goûter la cuisine de Québec... quand il fera plus chaud!

Ce que tout homme devrait savoir

Selon Steven Raichlen, il y a au moins six techniques de base qu'un homme doit maîtriser et qui lui serviront à tous moments de sa vie.

  • Ouvrir une huître
  • Cuire un homard: «Parce que même si vous êtes huit femmes et un homme, c'est certain que c'est l'homme qui va le faire!»
  • Faire griller un bifteck
  • Cuire des côtes levées
  • Faire une salade
  • Cuisiner un dessert au chocolat: «C'est important!»

Saveurs du monde

Pour le travail, notamment pour son livre Planète barbecue, Steven Raichlen a voyagé. Beaucoup. Il a fait le tour du monde 4 fois et a visité 53 pays. «Il n'y a pas pays plus chaleureux que le Québec», souligne-t-il au passage. «C'est vrai!» insiste-t-il devant l'air narquois de la journaliste. Va pour les compliments, mais quand il est question de bonne bouffe, vers quelles destinations s'envolerait-il?

Brésil

«Pour l'art de la rôtisserie qu'ils ont développé.»

Turquie

«Le pays des brochettes, des kebabs par excellence.»

Inde

«Pour le tandoori et parce qu'ils ont fait évoluer le barbecue végétarien qui est très, très sophistiqué.»

Indonésie

«Le pays des épices, comme l'Inde.»

Japon

«Le pays de ma naissance, là où il y a des grillades d'une simplicité... C'est de la viande exquise, du feu et un peu de sel.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer