Café culturel Intercambio: réchauffement social

L'hospitalité et la chaleur humaine typique des citoyens de l'Amérique du Sud... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le Soleil, Yan Doublet

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) L'hospitalité et la chaleur humaine typique des citoyens de l'Amérique du Sud et des Caraïbes, c'est ce que voulaient reproduire Sylvain Fortin, Jean-Christophe Niclaes et Daniel Sandoval au tout nouveau Café culturel Intercambio de Limoilou, un microcosme latino ouvert à tous. Café bio et équitable torréfié spécialement pour eux, bar à nachos, ateliers linguistiques et soirées salsa, la 1re Avenue s'apprête à vivre un «réchauffement social»...

Les trois mousquetaires - deux Acadiens et un Colombien - se sont rencontrés à l'Université Laval. Comme un et deux font trois, c'est d'abord Sylvain Fortin - le «papa» du projet et titulaire d'un bac en administration des affaires - qui a fait connaissance avec Jean-Christophe Niclaes, le cuisinier, dans un cours d'espagnol. Ce dernier a étudié en enseignement avant de passer en cuisine. Daniel Sandoval, dit «le créatif publicitaire», s'est joint à eux à la suggestion d'un ami commun croisé à Pékin. «J'étais en stage en Chine», raconte-t-il, le débit rapide. Bref, les gars ont bourlingué. De là peut-être l'idée de créer un point de ralliement à travers le Café culturel Intercambio, une sorte de deuxième famille élargie avec du «vrai» monde en 3D, pas des amis Facebook.

«À Québec, Sylvain s'ennuyait de sa famille.» Un entourage solide, raconte Daniel Sandoval, ponctuant la conversation de "nice". «En développant des liens avec les Garcia, des Colombiens responsables de la garderie de son enfant, il a découvert un milieu hispanophone accueillant qui souffrait comme lui d'isolement.»

Jean-Christophe Niclaes nous rejoint. Il recevait la visite d'un inspecteur du MAPAQ - «Tout était en règle. Je suis content.» Il abonde dans le même sens. «Sylvain s'est totalement investi pour apprendre l'espagnol. Il écoutait des podcasts, des CD dans son auto.» Au téléphone, le principal intéressé valide. «Tout a commencé par un besoin de pratiquer mon espagnol. Je me suis aussi dit [en pensant aux immigrants hispanophones] qu'ils vivaient probablement la même situation que moi. Le café-bistro est apparu comme le moyen pour donner un lien physique pour offrir des services tout en suscitant un sentiment d'appartenance chez les Québécois de souche et les citoyens issus de l'immigration.»

Le Café culturel Intercambio s'est installé sur la 1re Avenue dans l'édifice qui a déjà abrité un salon funéraire et Plan Nagua. Somme toute, le local est modeste, mais lumineux et peint de couleurs vives : du violet aux murs, chaises bleu poudre, etc. «On va faire venir un chamane», glisse un Daniel Sandoval malicieux à propos des fantômes hérités du salon funéraire...

L'adhésion au Café culturel Intercambio n'a pas tardé. En fin d'après-midi, par un mercredi glacial, il y a du monde; deux tricoteuses autour d'un café, des étudiants qui planchent sur un travail de groupe sur la poésie québécoise, une dame d'un certain âge venue boire un café...

«Ne regarde pas la nappe. On va la changer», reprend Jean-Christophe Niclaes, pointant la longue table réfectoire. «C'est notre "table familiale" pour les ateliers de langue, de cuisine, etc. Les noms des contributeurs à notre financement par l'intermédiaire de La Ruche [www.laruchequebec.com] y seront gravés.» Sylvain Fortin va plus loin. «"Bonjour, je viens de... je m'appelle..." Les gens qui s'assoiront autour de la table de discussion seront là pour socialiser, peu importe leur âge ou leur culture.» Très certainement autour d'un panier de nachos!

Version sucrée de la croustille, le bananachos... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Version sucrée de la croustille, le bananachos

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Nachos con Phyllis (garnis de viande braisée)... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.1

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Nachos con Phyllis (garnis de viande braisée)

Le Soleil, Yan Doublet

Nacho libre

À la grande ardoise, les cafés sont listés : filtre, latté, moka, etc. Selon Daniel Sandoval, le moka est leur meilleur. Il n'a pas tort. Le café chocolaté avance de la profondeur et une riche saveur. «Pendant deux mois et demi, j'ai voyagé en Colombie pour en apprendre plus sur la culture du café et les spécialités culinaires», mentionne Jean-Christophe Niclaes qui travaille en restauration depuis huit ans.

De retour au Québec, une chose était claire pour lui. Il ne pourrait vendre que du café issu d'une production de commerce équitable respectueuse des droits des travailleurs, la plupart du temps sous-payés dans ce segment de marché.

Aussi, le trio s'est tourné vers la microbrûlerie du Café Cambio au Saguenay, région que Sylvain Fortin a déjà habitée. La brûlerie achète ses grains verts auprès de Cooperative Coffee qui regroupe une vingtaine de coopératives de producteurs. «Nos grains proviennent essentiellement de Colombie, du Mexique et du Pérou.» Au fil des voyages et des découvertes culinaires, Jean-Christophe Niclaes s'est mis à imaginer un concept de bar à nachos. Pas les nachos basiques flanqués d'une sauce salsa industrielle. No señor!

Façon artisanale

Sa carte de croustilles est plus olé! : Nachos con Phyllis (photo) garnis de viande braisée et même des nachos sucrés, dont le bananachos (avec rondelles de bananes), sont des exemples de ce qui sort des fourneaux de ce «nachophile» fini. «J'en rêvais depuis cinq ans.» Le cocinero a même eu droit à sa cabana dans la grande salle. Avec un toit s'il vous plaît, imitation paille et jonc, et une enseigne Lava Shack. Comme les snacks de bord de mer du Yucatán. Qui dit Yucatán, dit chips maison. «Mes nachos, je les prépare de manière artisanale avec des chips de maïs. J'ai appris avec "des madames". D'ici six mois, je devrais moudre mes grains et produire ma propre farine.» 

Avant l'arrivée du printemps, Jean-Christophe Niclaes compte établir des contacts avec des maraîchers qui cultivent bio, histoire de se procurer, entre autres, des piments jalapeno. «Ma carte va augmenter progressivement, on fera bientôt des conchas [brioches d'origine mexicaine] qui s'ajouteront aux tamales [papillotes de feuilles de bananier ou de maïs cuites à la vapeur].

«Sous peu, promet-il, nous offrirons des ateliers pour apprendre à faire des empanadas.» En attendant, le cric, crac, croc des nachos dégustés fuse dans la salle.  

***

Café culturel Intercambio

990, 1re Avenue, Québec

Tél. : 581 741-3452

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