Incendie du véhicule de Mohamed Labidi: le deuxième suspect accusé

La police de Québec avait annoncé vendredi l'arrestation... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La police de Québec avait annoncé vendredi l'arrestation de deux suspects en lien avec l'incendie du véhicule personnel de M. Labidi. L'un des suspects était suivi pour déficience intellectuelle, a appris Le Soleil.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Marc Gagnon, 44 ans, a été accusé samedi d'incendie criminel sur la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec. Il succède de 24 heures à son coaccusé Mathieu Bilodeau qui, selon ce qu'a appris Le Soleil, était suivi pour déficience intellectuelle.

La Couronne reproche à Marc Gagnon d'avoir agi «intentionnellement ou sans se soucier des conséquences de son acte». Si l'homme de 44 ans ne fait actuellement face qu'à un chef d'accusation, d'autres pourraient s'ajouter en cours de procédure, a-t-on précisé. Il n'est actuellement représenté par aucun avocat.

Au moment de sa comparution, auquel il a participé par vidéoconférence, M. Gagnon portait un chandail à manches longues gris-noir, et ses cheveux, courts et bruns, étaient en bataille. À la question du juge : «Vous savez de quoi vous êtes accusé?», le suspect, au dos voûté, a hésité quelques secondes avant de répondre «oui» d'une voix incertaine.

L'homme a plusieurs antécédents criminels à son actif, principalement de vols et de bris de probation. Également, un cas de voies de fait et un autre d'agression armée dont il a été reconnu coupable en 2012.

La Cour a interdit à Marc Gagnon toute communication avec Mathieu Bilodeau, également accusé dans cette affaire. Tous les deux seront de retour en cour lundi matin, et demeurent détenus d'ici là.

Une ordonnance de non-publication a par ailleurs été demandée par la représentante de la défense pour la suite des procédures. Le juge a indiqué qu'il donnerait suite à cette demande au moment approprié.

Déficience intellectuelle

Selon des informations obtenues par Le Soleil, le coaccusé Mathieu Bilodeau était suivi par le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI). Tenu à la confidentialité, le CRDI n'a toutefois pas pu confirmer cette information.

M. Bilodeau résidait dans une maison de chambres supervisée du secteur de Sainte-Foy, située à moins de 200 mètres de la résidence de M. Gagnon, depuis près d'un an au moment de son arrestation. À noter que les deux domiciles sont à un kilomètre de distance du Centre culturel islamique de Québec.

Une personne de la maison de chambres préférant garder l'anonymat a indiqué au Soleil ne pas avoir été «surprise» par l'arrestation de M. Bilodeau. «En le voyant agir, on avait des doutes. [...] C'est un jeune homme qui avait deux personnalités.» 

La personne se souvient d'ailleurs de la journée où Mathieu Bilodeau, 33 ans, est arrivé à la maison de chambres. «Il sacrait, il tempêtait», dit-elle. 

L'accusé n'a toutefois aucun antécédent judiciaire. 

Le suspect a comparu vendredi au palais de justice de Québec pour faire face à quatre accusations d'incendie criminel. En plus de la voiture de M. Labidi, il aurait incendié des conteneurs à déchets de restaurants, d'un centre commercial et d'un hôpital, le tout dans un rayon d'environ un kilomètre de sa résidence. Les incendies auraient tous été provoqués entre le 16 juillet et le 17 août.

Vendredi, le Service de police de la Ville de Québec a révélé que l'accusé avait «une attirance envers le feu». Le porte-parole Jean-François Vézina n'a toutefois pas voulu le qualifier de pyromane. 

Selon la personne contactée par Le Soleil, Mathieu Bilodeau «s'est tenu avec quelqu'un qui l'a influencé».

***

La coloc de Gagnon n'y croit pas

La femme qui habite avec Marc Gagnon depuis maintenant un an ne croit pas une seconde que son colocataire puisse être responsable du crime haineux commis à l'endroit de Mohamed Labidi. 

«C'est quoi l'idée de dire qu'il n'aime pas les musulmans? C'est quelqu'un de très souriant et sociable. [...] Il n'a jamais rien dit de mal contre les musulmans», lâche-t-elle au Soleil, cachée derrière sa porte entrouverte. 

Celle qui préfère ne pas se nommer est convaincue que le Service de police de Québec a voulu «trouver un coupable».

Elle affirme que son colocataire lui aurait fait part, peu de temps après les événements, de son intention d'aller protester contre le geste criminel posé envers la communauté musulmane, et pour lequel il est aujourd'hui accusé.

En signe de solidarité, elle sera au palais de justice lundi pour assister à la suite des procédures. Elle mentionne qu'elle sera accompagnée d'autres personnes persuadées de l'innocence de Marc Gagnon.

La femme, qui demeure très près de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (l'ancien Hôpital Laval), héberge M. Gagnon depuis un an pour lui permettre de s'y rendre rapidement. Il y serait suivi pour d'importants problèmes de santé.




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