Accident ayant coûté la vie à Jessy Drolet: des antécédents médicaux en cause?

Au volant de son autopatrouille, il y a... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Au volant de son autopatrouille, il y a deux ans, la policière Isabelle Morin (à gauche) est entrée en collision avec le motocycliste Jessy Drolet, qui est décédé.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'état de santé du motocycliste Jessy Drolet explique peut-être en partie la violente collision avec l'autopatrouille d'Isabelle Morin, soumet la défense, en réclamant des documents confidentiels.

Il y a deux ans presque jour pour jour, Jessy Drolet, 38 ans, perdait la vie sur l'autoroute Laurentienne après avoir été fauché par un véhicule de la police de Québec.

Dans la soirée du 10 septembre 2015, l'axe nord de l'autoroute Laurentienne était fermé en raison de travaux routiers. La voie en direction sud était séparée en deux avec des balises, pour laisser circuler les véhicules dans les deux directions.

L'agente Isabelle Morin est passée entre deux balises pour aller faire un virage à gauche vers la sortie Georges-Muir. Jessy Drolet, qui circulait en direction sud, a percuté l'autopatrouille qui a surgi devant lui.

Pour la première fois, Marlène Drolet, la mère de Jessy, a vu les images de l'accident tirées des caméras du ministère des Transports. La dame garde les yeux rivés à l'écran, en triturant le petit pendentif porte-photo qui pend à son cou. Sur une moitié du coeur métallique, Jessy Drolet sourit. «Ça fait mal au coeur», commente la mère en refoulant ses larmes. 

La Couronne a voulu présenter les images en salle d'audience jeudi, lors des requêtes avant-procès, pour illustrer sa prétention que la manoeuvre de la policière est la cause principale de l'accident.

L'avocat d'Isabelle Morin estime lui qu'il peut y avoir d'autres facteurs contributifs, que le juge devra étudier lorsqu'il évaluera l'événement dans son ensemble.

Me Jean-François Bertrand a donc plaidé hier que, pour fournir une défense pleine et entière à sa cliente, il a besoin des antécédents médicaux de la victime.

Blessé aux jambes

Le 7 août 2014, Jessy Drolet a subi un accident qui lui a causé des blessures aux jambes. La défense se demande si ces blessures n'auraient pas pu, un an plus tard, nuire à la conduite, aux réflexes ou à la capacité de freinage de Jessy Drolet.

Un voisin du motocyliste a déclaré être surpris que Drolet puisse encore conduire sa moto car il semblait avoir des difficultés à marcher.

Pour la Couronne, les blessures passées n'ont aucune pertinence. La preuve démontre que Drolet, qui roulait, selon l'expert de la poursuite, à 117 km/h, a actionné son frein avec le pied.

L'avocat de la policière soutient que la manoeuvre de sa cliente n'était pas objectivement dangereuse. «Elle a tourné à gauche où c'est légalement permis», fait remarquer Me Bertrand.

La policière avait actionné ses gyrophares avant de faire son virage.

Vêtue sobrement d'une blouse blanche et d'un pantalon noir, Isabelle Morin, 46 ans, a suivi attentivement les débats.

Selon le SPVQ, la policière n'a fait l'objet d'aucune suspension.

Le juge Pierre L. Rousseau annoncera le 30 octobre s'il permet à la défense de consulter les dossiers médicaux de la victime.

Requête en arrêt

En début de procès, la défense tentera d'obtenir un arrêt des procédures. Elle invoquera l'absence de conservation de certains éléments de preuve, notamment les résultats des prélèvements sanguins du motocycliste. Selon le rapport du coroner, les prélèvements révélaient la présence de cannabis et un taux d'alcoolémie de 0,08.

Reconstitution en réalité virtuelle

Pour une première fois au Canada, selon la défense, un logiciel de réalité virtuelle sera utilisé au procès d'Isabelle Morin pour reconstituer la collision mortelle de l'autoroute Laurentienne. 

Un kilomètre et demi de route, avec tous les arbres, panneaux et autres éléments visuels a été numérisé.

Grâce à un logiciel, l'expert Jean Grandbois va créer une sorte «de jeu vidéo», explique l'avocat Me Jean-François Bertrand. «Grâce aux calculs mathématiques et physiques, on va voir tout ce que ma cliente voyait et tout ce que le motocyliste voyait», indique l'avocat.

Malheureusement, le logiciel américain donne des misères à l'expert, qui doit attendre le soutien technique du fournisseur, basé à Orlando en Floride, pour corriger les carences.

Et comme la reconstitution de la défense n'a pu être faite qu'en juillet, après avoir envoyé une mise en demeure au ministère des Transports, l'ingénieur va manquer de temps pour produire son expertise.

La défense a donc demandé et obtenu une remise pour que le procès de 10 jours, prévu à la fin novembre, se tienne plutôt ce printemps.




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