Le travail de l'antiémeute sous la loupe

Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte à la mâchoire... (Photothèque Le Soleil)

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Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte à la mâchoire par le projectile d'un fusil à irritant chimique lors d'une manifestation tenue le 26 mars 2015. Elle a subi des brûlures et des ecchymoses et elle a été conduite à l'hôpital quelques minutes plus tard.

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(Québec) Les images sont percutantes : une menue manifestante de 18 ans qui reçoit une décharge de gaz lacrymogène en plein visage. Le policier Charles Scott-Simard se défend toutefois d'avoir tiré sur Naomie Tremblay-Trudeau.

Le président du comité de déontologie policière, Pierre Gagné, a commencé mercredi à entendre la plainte portée contre le policier après une manifestation le 26 mars 2015, sur la colline parlementaire. Ce jour-là, les manifestants anti-austérité attendaient le vote sur le budget.

Le président du comité aura droit à une preuve exhaustive; les parties ont prévu pas moins de 14 jours d'audition.

L'avocate du commissaire à la déontologie policière, Me Fanny Roy, l'a admis d'emblée; les policiers de l'escouade antiémeute avaient le droit d'utiliser le fusil projetant les gaz lacrymogènes.

Le débat consiste à déterminer si le policier a utilisé l'arme avec discernement.

Vidéos de l'altercation

L'avocate du commissaire a présenté des vidéos de l'altercation entre manifestants et policiers.

On y voit les manifestants s'approcher de la ligne antiémeute en scandant : «On avance, on avance, on recule pas!».

Naomie Tremblay-Trudeau, étudiante du cégep Garneau, affirme qu'elle était en troisième rangée, tenant une amie par le coude, «pour être solides», témoignera-t-elle. La jeune femme affirme qu'elle était consciente qu'il y avait «une possibilité de confrontation» avec les policiers.

Elle s'est fait bousculer par des manifestants et s'est retrouvée tout près des policiers.

Après quelques secondes de brouhaha, le policier Charles Scott-Simard va tirer une première décharge avec son fusil à irritant chimique. 

Naomie Tremblay-Trudeau est alors atteinte à la mâchoire. Elle subit des brûlures et des ecchymoses et sera conduite à l'hôpital quelques minutes plus tard.

Le policier Scott-Simard tire un deuxième projectile moins de 30 secondes après le premier coup. Un autre policier va lancer une troisième décharge pendant que ses collègues arrosent les manifestants de poivre de Cayenne.

L'avocat représentant le policier Scott-Simard, Me Robert De Blois, a précisé que depuis cette manifestation, le service de police de Québec a cessé d'utiliser les contenants de poudre qui dataient de 2014, «en raison de particules rouge-orange qui sortent du fusil».

L'avocat du policier a insisté sur le fait que deux jours avant l'incident, Naomie Tremblay-Trudeau a reçu un constat d'infraction pour avoir participé à une manifestation illégale.

La jeune femme n'a rien nié, mais a précisé que le 26 mars 2015, elle croyait participer à un «rassemblement» et non à une «manifestation».

La série de questions a fini par faire réagir l'avocate du commissaire. «On est en train de faire le procès de Mme Tremblay, déplore Me Roy. C'est la conduite de Charles Scott-Simard qui est visée.»

L'avocate du commissaire à la déontologie judiciaire a prévu une vingtaine de témoins. Le policier Charles Scott-Simard, présent en salle d'audience, pourra ensuite se faire entendre.




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