Guerre de blâmes à propos de l'éclosion de légionellose de 2012

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La Centrale des syndicats du Québec est propriétaire du Complexe Jacques-Cartier, identifié comme la source de l'éclosion de légionellose à Québec en 2012.

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(Québec) La CSQ clame avoir entretenu méticuleusement ses équipements de climatisation et renvoie la balle à ses fournisseurs. Ceux-ci nient toute faute et estiment que le propriétaire du Complexe Jacques-Cartier est à blâmer pour son laxisme.

Au début de l'été, la Centrale des syndicats du Québec, propriétaire de l'immeuble identifié comme la source de l'éclosion de légionellose en 2012, a obtenu de la Cour supérieure que trois de ses fournisseurs soient aussi inscrits comme défendeurs dans la poursuite en dommages intentée par les victimes et leurs proches.

Jusque-là, seuls la CSQ, le Directeur de la santé publique, le CIUSS et la Procureure générale étaient visés par le recours collectif.

Solange Allen, qui a perdu son mari, réclame entre 4 et 6 millions $ au nom des 14 personnes décédées et des 183 autres qui ont été malades durant l'épidémie. Un procès est prévu en septembre 2018.

Les trois entreprises forcées de se défendre ont déposé leurs arguments au dossier de la cour il y a quelques jours.

Les Produits chimiques State ltée, qui avait conclu un contrat avec la CSQ en octobre 2011, assure que son entente ne prévoyait aucun test pour la présence de bactéries comme la légionelle ni vente de produits de contrôle comme le brome ou le chlore.

La CSQ effectuait ses propres tests pour les niveaux de bactéries et achetait ses produits d'un tiers, allègue State.

L'entreprise allègue dans sa défense que la CSQ a fait défaut de suivre le guide d'utilisateur des tours de refroidissement fourni par le manufacturier et n'a pas respecté les normes de l'industrie. La CSQ a admis que le dernier nettoyage avait été fait 14 mois avant l'éclosion alors que selon State, les normes sont de 12 mois.

Un représentant de State dit s'être rendu au Complexe Jacques-Cartier une première fois le 18 juillet, lors de sa visite mensuelle, puis une seconde fois au début du mois d'août après avoir entendu parler de l'éclosion. Il aurait recommandé d'augmenter le niveau de brome. Il aurait répété cette recommandation lors d'une troisième visite, à la fin août.

State soutient n'avoir eu aucune implication dans le processus de désinfection mis en branle par la Santé publique.

L'entreprise Trane Canada ULC affirme pour sa part n'avoir commis aucune faute dans l'installation des deux tours de refroidissement sur le toit de l'immeuble du quartier Saint-Roch en 2000. Un fait qui, selon elle, est reconnu par la CSQ.

Trane dit n'avoir jamais eu aucun rôle à jouer dans l'entretien de ces tours.

Trane s'occupait de l'entretien des deux refroidisseurs du sous-sol. Ces équipements n'ont aucun lien avec l'éclosion de légionellose, affirme Trane. 

Trane souligne elle aussi dans sa défense que, bien qu'elle ait été au courant des normes d'entretien, la CSQ n'a pas fait le nettoyage de ses tours de refroidissement au printemps 2012. «La CSQ n'a donné aucune explication pour cette défaillance [failure] à part le fait qu'ils n'avaient pas trouvé le temps pour le faire», écrit Trane dans sa défense, présentée en anglais.

La troisième entreprise, Les contrôles A.C., est encore plus cinglante. Elle affirme que «les reproches liés aux prétendus mauvais entretien des contrôles ou obligation de conseil sont un prétexte que la CSQ a trouvé pour camoufler son unique responsabilité».

L'entreprise soutient qu'aucun de ses contrôles ne gérait la qualité biologique de l'eau ni son traitement. Ils se contentaient d'actionner les tours d'eau afin de maintenir une température adéquate dans les refroidisseurs.

La CSQ n'aurait demandé aucune modification des contrôles après l'éclosion et a continué à retenir les services d'A.C. sans lui adresser de reproche.

Formé par les fournisseurs

La CSQ se défend en disant que son personnel affecté à l'entretien et à l'opération quotidienne de ses équipements de climatisation a été formé par ses fournisseurs ou sous-traitants et «s'est conformé avec compétence» à leurs instructions et directives.

La tour de refroidissement a un bassin en acier inoxydable et est munie de pare-goutelettes, précise la CSQ dans sa défense. L'eau y circule tous les jours de l'année et deux produits chimiques sont injectés par un système automatisé et un manuellement une fois par semaine. La nature des produits chimiques n'est pas précisée dans la procédure.

À l'été 2012, la CSQ assure s'être conformée «du mieux qu'il lui était possible» aux directives «vagues, imprécises et improvisées» de la Direction régionale de la santé publique.

Le propriétaire du Complexe Jacques-Cartier affirme avoir consulté et questionné son fournisseur de produits chimiques State à trois reprises et avoir été rassurée à chaque fois «à l'effet que la condition de ses équipements et de l'eau était adéquate et qu'ils ne présentaient pas de danger de contamination».




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