La mauvaise idée d'un jeune oisif

Après une fausse alerte àla bombe, lundi, le... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Après une fausse alerte àla bombe, lundi, le service de sécurité du Complexe G a été contraint d'évacuer 3500 fonctionnaires pour environ une heure.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Jonathan Cauchon ne va plus à l'école. McDo, Saint-Hubert et Normandin n'ont jamais voulu l'embaûcher. Habituellement, il «chill» avec ses amis en fumant du «pot». Mais lundi, il aurait eu l'idée d'appeler le 9-1-1 en menaçant de faire sauter le Complexe G.

Deux jours après son arrestation, le jeune homme, qui a eu 18 ans au début de l'été, a pu reprendre sa liberté après s'être engagé à respecter de multiples conditions.

Selon la preuve policière, Jonathan Cauchon a placé six appels au 9-1-1 vers 14h50, lundi après-midi.

À ce moment, il se trouvait chez un ami, dans le quartier Neufchâtel, et avait réussi à s'emparer de son téléphone cellulaire.

Lors d'un premier appel, le jeune homme aurait dit: «Je vais faire sauter le Complexe G dans 30 minutes». Ensuite, il aurait rappelé en disant au répartiteur: «Je vais tuer ta mère». Finalement, il aurait réclamé de l'assistance pour un ami inconscient dans un parc.

Les policiers de Québec ont rapidement localisé le cellulaire et, à bord d'un véhicule banalisé, ont repéré trois jeunes hommes, dont un avec un téléphone cellulaire à l'oreille.

En voyant les policiers, Jonathan Cauchon aurait laissé tomber l'appareil dans le gazon.

Pendant que les policiers procédaient à l'arrestation du trio - les deux mineurs seront relâchés peu de temps après -, le service de sécurité du Complexe G évacuait les 3500 fonctionnaires pour environ une heure.

Série d'échecs

Les cheveux bouclés en broussaille, vêtu d'un ample t-shirt et d'un pantalon noir, Jonathan Cauchon a relaté d'un ton morne, avec le moins de mot possible, la série d'échecs qui ont jalonné sa courte vie.

Diagnostiqué avec un trouble de déficit de l'attention à cinq ans, Jonathan Cauchon a terminé sa sixième année de peine et de misère.

À l'âge de 14 ans, il a cessé de prendre sa médication; ses médecins évaluaient que les médicaments n'avaient que peu d'effet.

Il a tenté de faire un cours professionnel en ébénisterie l'an dernier. Il a été renvoyé parce qu'il s'est présenté «gelé» à l'école.

Depuis un an, Jonathan affirme avoir distribué plusieurs cv. Son père l'a vu revenir à chaque fois, déçu de n'avoir même pas pu rencontrer un gérant.

L'avocat de défense Me Didier Samson n'a pas minimisé les conséquences graves des gestes reprochés à son client. Mais il a mis en exergue la vulnérabilité du jeune homme, sans antécédent judiciaire. «On a un jeune désoeuvré, avec une faible formation scolaire, dans une société compétitive où l'on doit être prêt à l'emploi», a fait remarquer Me Samson.

La procureure de la Couronne Me Annie Trudel estime qu'il faut privilégier la protection du public dans un contexte où les attentats et les explosions font les manchettes presqu'à chaque semaine.

La juge Chantale Pelletier a choisi de faire confiance aux parents du jeune homme, qui sont volontaires pour l'encadrer étroitement durant les procédures.

À son retour à la cour en novembre, Jonathan Cauchon devra fournir la preuve qu'il a tenté un retour à l'école et qu'il a consulté un médecin pour son problème de TDAH.




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