Touriste tué en Gaspésie: un homme de 23 ans accusé

Le suspect, Jérémie Victor Lagacé, 23 ans, a... (Photothèque Le Soleil)

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Le suspect, Jérémie Victor Lagacé, 23 ans, a comparu mercredi après-midi au palais de justice de Carleton-sur-mer. Il a été accusé d'usage négligent d'une arme à feu et du bris d'un engagement suivant un procès terminé en 2016.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné
Le Soleil

(Saint-André-de-Restigouche) Jérémie Victor Lagacé, 23 ans, de Saint-André-de-Restigouche, a été accusé mercredi d'usage négligent d'une arme à feu et de bris d'engagement, en lien avec la mort violente de Fabrice Durand, 23 ans aussi, un touriste français touché à la tête par un coup de feu mardi après-midi, dans le sentier des chutes à Picot, en Gaspésie.

L'accusé a comparu par vidéo-conférence au palais de justice de Carleton, alors que le juge Richard Côté, de la Cour du Québec, se trouvait à New Carlisle. Le bris d'engagement est relié à un procès subi en 2016, pour une entrée par effraction et le vol d'une arme à feu.

Jérémie Victor Lagacé a répondu d'une voix basse et calme aux questions du juge Côté à l'effet que des gens de la cour lui expliqueront les prochaines étapes de procédure. À court terme, il reviendra devant le tribunal le 11 septembre à New Carlisle, pour son audience sur remise en liberté et pour l'étape d'orientation et de déclaration de la cause.

Le sergent Claude Doiron, de la Sûreté du Québec, a toutefois indiqué que «l'enquête se poursuit et que d'autres accusations pourraient être portées dans cette affaire».

Fabrice Durand marchait avec sa compagne Ludivine Marcoux dans les sentiers des chutes à Picot, situées à environ six kilomètres de Saint-André-de-Restigouche, quand il a reçu un projectile d'arme à feu à la tête. Il serait mort sur le coup.

Jérémie Victor Lagacé aurait eu «un bref contact avec le couple» juste avant qu'ils n'entrent dans le sentier, selon le substitut du procureur général Gérald Maltais.

Le jeune homme était en attente d'un procès prévu pour le 12 décembre en rapport avec un incident survenu dans le même sentier, en 2016, au cours duquel il aurait notamment eu une altercation avec une randonneuse.

Il n'était pas armé quand il a été arrêté, en forêt, mardi. Le secteur était encore fermé au public 24 heures après le drame, puisque des enquêteurs en identité judiciaire tentaient encore de recueillir des éléments de preuve.

Au cours des deux dernières années, Jérémie Victor Lagacé avait aussi été reconnu coupable d'avoir proféré des menaces de détruire le bien d'autrui et d'avoir abattu le chien de son professeur.

Né en Russie et adopté en assez bas âge par un couple de Saint-André-de-Restigouche, Jérémie Victor Lagacé avait eu un parcours scolaire plutôt brillant, recevant une bourse de la Fondation Gérard-D.-Levesque en octobre 2013 pour la qualité de son dossier d'études professionnelles en mécanique.

Mercredi à Saint-André, bien des gens savaient, avant sa comparution en cour, qu'il était alors considéré comme «témoin important» dans la mort violente.

«C'est terrible. Il faut penser que ce genre de tragédie touche deux groupes, la famille et les proches de la victime bien sûr, mais aussi la famille du suspect», notait Véronique Pelletier, secrétaire municipale et employée au dépanneur-restaurant local.

«Elle avait tellement peur»

Colette Beaulieu a vu arriver Ludivine Marcoux, compagne... (Collaboration spéciale Gilles Gagné) - image 3.0

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Colette Beaulieu a vu arriver Ludivine Marcoux, compagne de la victime, tout juste après la tragédie.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

Colette Beaulieu a vu arriver Ludivine Marcoux, compagne de la victime, tout juste après la tragédie. C'est de chez elle que l'appel d'urgence a été réalisé, «parce qu'il n'y a pas de réseau dans le bas de la côte où c'est arrivé», dit-elle.

«Elle est arrivée chez moi en état de choc, terrifiée, paniquée, en détresse. Elle avait l'impression qu'elle se ferait tirer dessus. Elle avait tellement peur, c'était incroyable. Elle avait du sang sur les mains, sur sa robe (...) Elle disait qu'il y avait quelqu'un de bizarre dans la forêt, avec des grosses bottes», précise Mme Beaulieu.

Elle avait peine à croire que ce sentier puisse devenir le théâtre d'un drame. «J'allais me promener là avec mes petites filles», dit-elle.

La mairesse de Saint-André-de-Restigouche, Doris Deschênes, était aussi très ébranlée mercredi. «C'est la première fois en plus de 100 ans d'existence qu'un événement aussi tragique se passe à Saint-André».

Cette municipalité, comme les quatre autres villages du secteur de Matapédia et des Plateaux, consacrent depuis 2016 quelques millions de dollars à l'aménagement de belvédères en bordure de sentiers pédestres.

«C'est un milieu très, très fréquenté et apprécié des Français (...) On est de tout coeur avec cette jeune femme, qui va retourner seule chez elle», ajoute Mme Deschênes. Elle est convaincue que tout le travail de promotion des sentiers ne sera pas perdu. «Les choses vont rentrer dans l'ordre. C'est un acte isolé».

Depuis deux ans, quelques incidents étaient survenus dans les sentiers. Des motocyclistes avaient vu leurs pneus crevés dans le stationnement. Des coups de feu avaient aussi été tirés sur des panneaux de signalisation à quelques reprises.




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