Femme enceinte poignardée: le suspect accusé du meurtre de son bébé

Sofiane Ghazi... (La Presse canadienne)

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Sofiane Ghazi

La Presse canadienne

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Vicky Fragasso-Marquis, Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Sofiane Ghazi, cet homme de 37 ans appréhendé lundi après que sa conjointe enceinte eut été poignardée la nuit précédente, a été accusé du meurtre prémédité du bébé au palais de justice de Montréal, mardi.

L'accusé a comparu par visioconférence en après-midi, et l'audience a été reportée au 25 août prochain. Ghazi, vêtu d'une chemise noire, est resté peu bavard pendant l'audience, et s'est contenté de répondre brièvement aux questions de la juge et de son avocat.

Même s'il reste détenu, il lui a été interdit de tenter par n'importe quel moyen de communiquer avec sa conjointe.

La Couronne considère donc que l'enfant, qui avait été accouché d'urgence par césarienne après l'agression, était vivant et est décédé des suites de ses blessures après cet accouchement.

«On peut commettre un homicide si on inflige des blessures à un enfant, avant ou après sa naissance, et si de ces blessures résultent la mort, alors qu'il était devenu un être humain. Pour devenir un être humain, il y a différents aspects qui sont traités au Code criminel», a expliqué Anne Aubé, procureure de la Couronne.

L'article 223 du Code criminel précise qu'un enfant «devient un être humain au sens de la présente loi lorsqu'il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère: qu'il ait respiré ou non, qu'il ait ou non une circulation indépendante et que le cordon ombilical soit coupé ou non».

«L'enfant devait être vivant», a ajouté Me Aubé, qui a refusé d'aborder les détails dans cette affaire.

Me Aubé a déclaré que de tels dossiers sont «rarissimes», même s'il existe quelques précédents qui demeurent tout de même bien différents de ce cas-ci.

«On a évidemment analysé la jurisprudence avant de porter des accusations, mais c'est souvent du cas par cas. Ce sont des cas qui sont rares et avec toutes sortes de variantes», a-t-elle indiqué.

Autres accusations

Ghazi a également été accusé de tentative de meurtre et de menaces de mort à l'endroit de sa conjointe, qui a été grièvement blessée dans l'attentat.

D'autres chefs d'accusation pèsent également contre le prévenu, soit de vol de voiture et de vol qualifié, ainsi que trois chefs pour bris de probation.

À la suite d'un autre épisode de violence conjugale à l'endroit de sa conjointe, il lui avait notamment été interdit de se trouver chez la victime ou d'avoir tout contact avec elle.

La tragédie est survenue vers 2h30 du matin, lundi, après que les policiers eurent été appelés une première fois dimanche soir à l'appartement du couple de Montréal-Nord.

La dame avait alors remis ses deux autres enfants aux policiers pour qu'ils les emmènent chez un membre de la famille, mais elle avait refusé de quitter elle-même le logement.

Sofiane Ghazi avait pris la fuite après l'agression et s'était livré plusieurs heures plus tard aux policiers. C'est pendant sa fuite qu'il aurait commis un vol qualifié.




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