Colis haineux: un geste «répugnant», dit Couillard

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«Il s'agit de Québécois et de Québécoises de confession musulmane, et personne ne mérite d'être traité de cette façon, a déclaré Philippe Couillard.

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Caroline Plante, Jean-Philippe Denoncourt
La Presse Canadienne
Edmonton

L'envoi d'un colis haineux au Centre culturel islamique de Québec vendredi dernier est un acte répugnant et inacceptable, selon le premier ministre Philippe Couillard.

«Il s'agit de Québécois et de Québécoises de confession musulmane, et personne ne mérite d'être traité de cette façon, a déclaré M. Couillard, mercredi, en marge du Conseil de la fédération à Edmonton. C'est un acte de lâcheté. [...] C'est un lâche, cette personne», a-t-il lancé.

Le premier ministre a rappelé que l'attaque qui a fait six morts à cette même mosquée en janvier dernier avait été précédée de gestes semblables.

Il a déclaré que ce dernier incident ne reflétait pas l'attitude des Québécois en général envers leurs voisins de confession musulmane.

«Cette véritable attitude d'affection et d'amitié, on l'a vue, on l'a entendue après l'attaque tragique de janvier où les gens sont sortis par milliers dans les rues de Québec pour dire non, non à la violence, non à l'intolérance», a-t-il affirmé.

Selon Philippe Couillard, il est toujours aussi important de faire adopter le projet de loi 62 qui, dans sa formule actuelle, obligerait le visage découvert dans les services publics.

«Il faut avancer sur cette question. Nous demeurons convaincus qu'il faut que la façon dont on détermine les accommodements soit raisonnable et qu'elle soit encadrée, ce qui sera le cas, et que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert dans notre société», a-t-il dit.

«Je pense que là-dessus il y a un consensus assez large, y compris à l'intérieur de la communauté musulmane.»

Enquête ouverte

Un document contenant des allusions haineuses au projet d'aménagement d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire, sur la Rive-Sud de Québec, a été livré vendredi dernier au Centre culturel islamique de Québec situé sur le chemin Sainte-Foy.

Après avoir constaté la nature de son contenu, un responsable du Centre a remis le colis au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) qui a ouvert une enquête le même jour. Des unités d'appoint de la police ont aussi été déployées afin de maintenir le sentiment de sécurité des membres de la communauté musulmane.

Un porte-parole du SPVQ David Poitras assure que les policiers abordent ce dossier avec beaucoup de sérieux, mais il ajoute que l'enquête n'a pas assez progressé pour avoir la certitude que des accusations criminelles peuvent être déposées.

Le Centre a reçu le colis deux jours avant la tenue du référendum sur le cimetière, dimanche dernier, mais il semble qu'il n'ait pas communiqué l'information immédiatement afin de ne pas influencer le vote sur le projet. Celui-ci a été rejeté, 19 des 35 citoyens de Saint-Apollinaire concernés ayant voté contre.

C'est au Centre culturel islamique de Québec qu'un tireur s'est introduit en janvier dernier, faisant six morts et plusieurs blessés.

La communauté musulmane de cette mosquée a aussi été la cible d'autres gestes haineux dans le passé. Notamment, il y a 13 mois, une tête de porc a été déposée au seuil de l'une des portes avec la note «Bonne appétit [sic]». La consommation de porc est interdite par le Coran.

Depuis le massacre de l'hiver dernier, des lettres haineuses auraient aussi été postées au centre islamique.

Québec lancera un débat sur le racisme

La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, dévoilera jeudi les détails de la consultation à venir ayant trait à la lutte contre «la discrimination systémique et le racisme» au Québec.

Dans l'air depuis plusieurs mois, ce projet du gouvernement Couillard a suscité une vive polémique politique l'hiver dernier. Le péquiste Jean-François Lisée avait accusé le premier ministre de vouloir organiser le procès des Québécois en «mettant du sel sur la plaie avec une commission qui va dire à la majorité "vous êtes des racistes systémiques" et qui va dire à la minorité "vous êtes des victimes systémiques"».

«Quand on n'agit pas sur le terrain, quand on n'écoute pas les craintes légitimes des Québécois sur la laïcité et qu'ensuite on fait un exercice de culpabilisation, on augmente le niveau de frustration et on fait le lit de l'extrême droite», avait soutenu M. Lisée.

C'est un exercice sain et utile qui sera mené, avait expliqué Philippe Couillard. «Je ne connais pas un seul État démocratique qui refuse de faire ce débat. Et je ne connais surtout pas un seul parti politique, qui se prétend progressiste, qui refuse même d'en entendre parler.» «Le Québec n'est pas une société pire que les autres; c'est une belle société, mais les mêmes démons y résident. Et de prétendre les nier comme M. Lisée le fait, c'est du négationnisme», avait attaqué le chef du gouvernement québécois.

La ministre Weil fera connaître les modalités de la consultation à venir en prenant appui sur les recommandations d'un comité ad hoc qu'elle a mis sur pied plus tôt cette année. Jean-Marc Salvet




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