Violence conjugale ou arnaque d'immigration?

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Une femme marocaine dit avoir été victime conjugale, alors que son mari dit avoir été utilisé par celle-ci pour faciliter son entrée au pays.

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(Québec) L'épouse marocaine affirme avoir été victime de violence conjugale dès son arrivée au Québec. Le mari lévisien se dit victime d'un complot et prétend avoir été utilisé comme un laissez-passer pour le Canada. Ce sera à la cour de démêler le vrai du faux...

Le procès de Mario Despont pour voies de fait ayant causé des lésions, voies de fait armées et agression sexuelle s'est ouvert hier à Québec.

Fadila (prénom fictif) fait la connaissance de Mario Despont en 2010 par un site de rencontre sur Internet. L'esthéticienne-coiffeuse de Casablanca au Maroc a alors 25 ans tandis que Despont, qui vit à Lévis, en a 42. 

Après quelques mois de fréquentations par courriel, Mario Despont rend visite à sa dulcinée en mai 2011. Selon la jeune femme, le Lévisien parle de se convertir à l'Islam. Comme le père de Fadila est décédé, Mario Despont demande sa main à son frère. Leur mariage sera célébré le 15 juin 2011.

Les services d'immigration canadiens refusent pendant longtemps à Fadila son statut de résidente permanente, parrainée par son mari. Les autorités craignent un mariage blanc. 

La jeune femme finit par obtenir son statut et arrive au Québec le 28 novembre 2014.

Mario Despont et son épouse débarquent chez les parents du mari, à Saint-Raphaël dans Bellechasse.

Fadila a témoigné avoir dû dormir dans un sous-sol glacial et avoir été privée de nourriture. Son époux est devenu indifférent et sourd à ses demandes, dit-elle.

Fadila est si malheureuse qu'elle décide de fuir. Elle ne trouve plus son passeport. C'est à ce moment, allègue-t-elle, que Mario Despont l'aurait frappée avec les lourds sacs de voyage.

Le couple déménage bientôt dans un logement à Lévis.

Fadila témoigne qu'alors qu'elle faisait le ménage, Despont se serait fâché parce qu'elle avait mis son manteau sur la table. Il l'aurait alors frappée au visage.

La jeune femme tombe enceinte. Elle a déjà eu un enfant avec Mario Despont en mars 2014, mais le bébé est mort quelques heures après sa naissance en raison de graves problèmes de santé.

Envahie par les nausées, l'épouse refuse souvent les avances de son mari qui, dit-elle, veut faire l'amour chaque soir. «Il me réveille en pinçant mon bras, a-t-elle témoigné. Parfois, je le laisse faire.» La jeune femme affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles à plusieurs occasions.

En mai 2015, la tension empire, dit Fadila. Despont ne prononce plus son nom; il l'appelle «hey!» affirme-t-elle. Lorsqu'elle fait mine de quitter le logement, Despont l'aurait menacée avec un couteau avant de s'excuser.

En juin, il lui aurait lancé une bouteille de parfum et aurait grimpé sur elle en appuyant son genou sur son ventre, dit la plaignante. La jeune femme crie et lance elle aussi la bouteille, qui endommage la cuisinière.

Le 20 juillet 2015, Fadila accouche d'un petit garçon. Les conflits se multiplient, dit la plaignante, Despont refusant d'acheter des couches et du lait.

Fadila décide de quitter avec son bébé quatre jours après la naissance. Lorsqu'elle rappelle Despont pour ravoir ses vêtements et ses effets personnels, il lui envoie une mangue et une courgette pourrie, affirme-t-elle.

Inventions

L'accusé nie avoir jamais levé la main sur sa conjointe. Il a affirmé au juge Hubert Couture de la Cour du Québec que Fadila l'a utilisé afin de pouvoir émigrer au Canada et ainsi rejoindre sa soeur.

Despont a porté plainte aux services de l'immigration et demandé l'annulation de son parrainage.

Son avocate, Me Chantale Collard, a exposé au juge sa conviction que la plaignante avait inventé la violence conjugale pour pouvoir obtenir un statut sans avoir à passer deux années complètes avec son conjoint.

Mario Despont a déjà été condamné à deux reprises dans le passé pour de la violence conjugale. Il a écopé d'une peine de quatre mois de prison en 2007 puis d'une peine de 12 mois à purger dans la collectivité en 2010.




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