L'ex-entraîneur Bertrand Charest coupable d'agression sexuelle

Illustration de Bernard Charest au palais de justice... (La Presse Canadienne, Mike McLaughlin)

Agrandir

Illustration de Bernard Charest au palais de justice de Saint-Jérôme, le 16 mars 2015

La Presse Canadienne, Mike McLaughlin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

L'ancien entraîneur de ski Bertrand Charest, accusé d'avoir agressé sexuellement plusieurs jeunes skieuses sous sa responsabilité il y a une vingtaine d'années, a été reconnu coupable, jeudi, de 37 des 57 chefs d'accusation qui pesaient contre lui.

Charest, maintenant âgé de 52 ans, faisait face à 57 chefs d'accusation, notamment d'agression sexuelle et d'abus de confiance sur 12 skieuses qui étaient âgées entre 12 et 19 ans au moment des crimes et des crimes allégués, entre 1991 et 1998. Il a finalement été acquitté de 18 chefs d'accusation, et la Cour a également déterminé qu'elle n'avait pas juridiction sur deux autres chefs. Les verdicts de culpabilité concernent les crimes commis sur neuf des 12 plaignantes.

«L'accusé a agi comme un véritable prédateur, tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total», a conclu le juge Sylvain Lépine, de la Cour du Québec à Saint-Jérôme. «Sa recherche du plaisir sexuel n'avait aucune limite, alors qu'il était en situation d'autorité sur ces jeunes espoirs canadiennes du ski de compétition.»

Plusieurs des victimes étaient présentes, avec des proches, pour entendre la décision du juge Lépine, jeudi matin à Saint-Jérôme. Charest s'est tenu debout et a occasionnellement secoué la tête pendant que le juge rendait son verdict. L'ex-entraîneur était incarcéré depuis son arrestation en mars 2015.

La crédibilité des nombreux témoins était au coeur de ce procès. Là-dessus, le juge Lépine a conclu que les témoignages des plaignantes «sont crédibles et fiables».

La procureure de la Couronne, Caroline Lafleur, a quant à elle exprimé sa satisfaction. «Évidemment, au niveau de la crédibilité, le juge s'est penché sur la crédibilité de toutes les victimes, de tous les témoins et a dit que les victimes avaient une très grande crédibilité, donc je pense que c'est important de prendre en considération que même 20 ans plus tard, ces victimes-là ont porté plainte, ont rendu des témoignages et ont été crues par le tribunal», a-t-elle souligné, ajoutant qu'elle rencontrera les victimes pour se préparer pour la prochaine étape: la détermination de la peine.

Les faits allégués dataient des années 90 et se sont produits au Québec, de même qu'à Whistler, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Les crimes sont survenus avant et pendant les années où Bertrand Charest s'est occupé du développement des skieuses chez Canada Alpin, entre 1996 et 1998. Toutes les plaignantes, sauf une, étaient mineures.

Preuve «accablante»

L'un des avocats de Charest, Antonio Cabral, a indiqué jeudi que son client était «déçu» du verdict. «Il s'attendait peut-être à avoir moins de chefs sur lesquels il serait trouvé coupable, mais il a suivi le processus judiciaire du début à la fin et il accepte la décision du juge et donc dans ce sens-là, il est resté positif malgré tout», a-t-il commenté.

«On nous a remis la décision il y a quelques minutes, on l'a entendue comme tout le monde, puis on va l'analyser et décider par la suite», a-t-il par ailleurs précisé lorsque les journalistes lui ont demandé s'il pensait faire appel des verdicts.

Le juge Lépine, qui a qualifié la preuve de la Couronne d'«accablante», a par ailleurs félicité les plaignantes, qui sont venues témoigner avec aplomb et assurance sur des événements qui remontent à 20 ans, et qui ont su maintenir leur crédibilité même en contre-interrogatoire.

Plusieurs skieuses ont témoigné au procès qu'elles avaient eu des relations sexuelles avec Charest, et certaines ont dit que l'accusé était contrôlant et manipulateur avec les athlètes dont il gérait les carrières. Plusieurs des victimes ont déclaré qu'elles se croyaient amoureuses de Charest à l'époque, mais en étaient finalement arrivées à la conclusion qu'elles avaient été manipulées par l'homme d'âge mûr.

Une jeune femme a raconté être devenue enceinte alors qu'elle était âgée d'une quinzaine d'années, après avoir eu plusieurs relations sexuelles non protégées avec son entraîneur Charest. L'inculpé l'a ensuite accompagnée à une clinique privée afin qu'elle y subisse un avortement. À la suite de cet avortement, Bertrand Charest lui aurait lui-même procuré des pilules contraceptives, et les relations sexuelles se sont ensuite poursuivies, a-t-elle relaté au procès.

La femme, dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication comme pour les autres témoins, a raconté qu'elle était jeune et amoureuse de son entraîneur, et que Charest lui disait de ne pas parler de leur relation parce qu'il irait en prison si cela était connu.

Charest n'a pas témoigné au procès. Les observations sur la peine sont prévues pour le 23 août.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer