Jean-François Roy coupable du meurtre de Hygin Veilleux

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Le fils de Hygin Veilleux, Serge et sa femme Nicole Dulac à leur sortie de la salle d'audience, le coeur un peu plus léger.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Saint-Joseph-de-Beauce) Serge Veilleux est un homme discret. Mais quand le juré numéro 1 a annoncé que Jean-François Roy était coupable du meurtre au premier degré de son père, il a serré le poing de soulagement, essuyé ses larmes du revers de la main et enlacé sa femme Nicole durant de longues minutes.

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Jean-Francois Roy

Photothèque Le Soleil

Les trois journées de délibérations ont semblé éternelles pour le fils de Hygin Veilleux, chauffeur de taxi de 73 ans, poignardé et étouffé par un client le 7 novembre 2014 dans une rue de Saint-Georges de Beauce.

Lorsque les jurés ont demandé à réécouter les témoignages des deux psychiatres experts, Serge Veilleux s'est mis à s'inquiéter. «On voit des procès comme celui de Guy Turcotte et on ne sait plus quoi penser», confiait M. Veilleux après le verdict.

Lors de son premier procès devant jury, l'ex-cardiologue avait été déclaré criminellement non-responsable du meurtre de ses deux jeunes enfants. 

L'avocat de Jean-François Roy tentait d'obtenir le même résultat, plaidant que son client, souffrant d'un trouble de personnalité limite, avait commis le crime alors qu'il était en psychose toxique. Privé de sa médication, Roy avait augmenté sa consommation de cannabis avant le drame.

Les 12 jurés ont plutôt choisi la théorie de la Couronne. Suicidaire et mal dans sa peau, Jean-François Roy poursuivait une quête identitaire et avait planifié le meurtre gratuit d'un chauffeur de taxi pour prouver sa valeur comme criminel.

Aucune réaction

Jean-François Roy, aujourd'hui âgé de 33 ans, n'a pas bronché lorsqu'il a entendu le mot «coupable». L'homme, qui prend une lourde médication contre l'anxiété, n'a pas desserré les mâchoires lorsque le juge Louis Dionne lui a demandé s'il avait quelque chose à dire avant d'être condamné à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Regard au sol, Roy a suivi les agents correctionnels. Sa mère, qui avait témoigné en défense, était absente au moment du verdict.

Le fils de Hygin Veilleux regarde Roy sortir. Il le trouve froid, indifférent. «Au moins, il va avoir un cadrage, commente M. Veilleux. Il aurait peut-être dû l'avoir plus jeune...»

L'avocat de défense, Me Gabriel Michaud-Brière, rassemble rapidement ses cahiers et ses livres de droit. Il quittera la Beauce sans dire si son client compte en appeler du verdict. La défense a 30 jours pour annoncer ses intentions.

Le procureur de la Couronne Me François Godin est moins pressé. Il félicite son enquêteur Richard Bonsant et accepte l'étreinte de Nicole Dulac et la poignée de main de Serge Veilleux. «On espère que ce verdict-là va mettre du baume sur les plaies des membres de la famille», souhaite Me Godin.

Hygin Veilleux... (Fournie par la famille) - image 2.0

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Hygin Veilleux

Fournie par la famille

Le numéro 27

Serge Veilleux et Nicole Dulac sortent de la salle d'audience d'un pas léger. Ils ont enfin fini de revivre les terribles événements. Leurs deux filles de 9 et 15 ans n'entendront plus des bribes de l'histoire, trop brutales, dans la cour d'école.

Ils vont pouvoir se retrouver, en famille. Et continuer d'aller à la crypte, visiter Hygin Veilleux et son Estelle, décédée un an avant son époux.

Écouter la preuve sans broncher durant un peu plus de deux semaines aura mis les nerfs de Serge Veilleux à rude épreuve. Mais il ne regrette pas, dit-il, d'avoir regardé les images, même insoutenables, pour mieux comprendre la fin de la vie de son père.

«Moi je peux dire que tu as été fort, d'avoir été capable de faire face à ça», lui lance son épouse Nicole, les yeux brillants d'amour.

Camionneur durant 22 ans, Serge Veilleux a décidé de reprendre le permis de taxi de son père. Il a gardé le même numéro, le 27. Et va s'efforcer d'être aussi dévoué que son père l'était.




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