Agression dans un IGA: cinq ans moins un jour de prison pour Xavier Roy

Le 12 juin 2015, Xavier Roy s'est présenté... (Photothèque Le Soleil)

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Le 12 juin 2015, Xavier Roy s'est présenté au IGA en soirée où il a notamment séquestré deux collègues et a brandi un pistolet à plombs non fonctionnel.

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(Québec) L'ex-emballeur du IGA de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Xavier Roy, 20 ans, écope de cinq ans moins un jour pour tentative de meurtre sur deux collègues.

Avant même l'annonce de la suggestion commune de la Couronne et de la défense faite au juge, Josée Simard, mère de Gabriel Francoeur, l'une des deux victimes, s'est adressée à la Cour pour raconter l'horreur qu'elle et sa famille ont vécue le jour où elle a appris l'agression. 

«Tout s'est écroulé autour de moi», lance-t-elle, faisant référence à l'appel téléphonique reçu, la course vers l'hôpital et la vision de son fils le visage lacéré. «Je remercie la vie de l'avoir épargné.» Se tournant vers l'accusé, elle a ajouté : «Vous avez porté votre haine contre quelqu'un qui ne vous a jamais rien fait» et lui a souhaité de faire dorénavant le bien.

Le 12 juin 2015, Xavier Roy, alors âgé de 18 ans et deux mois, s'est présenté au IGA en soirée. Il s'est caché jusqu'à la fermeture. Masqué et vêtu de noir, il a poignardé à la tête le concierge qui a croisé son chemin. Il a ensuite séquestré deux collègues et a brandi un pistolet à plombs non fonctionnel. Roy a donné des coups de couteau à la tête de son collègue emballeur, aussi âgé de 18 ans. Ses victimes ont pu le repousser et l'ont reconnu avant qu'il ne prenne la fuite.

La défense soutenait que leur client était animé par un désir de vengeance et avait agi dans un contexte d'intimidation. Il voulait que ses collègues craignent pour leur sécurité. Cependant, les victimes dans ce dossier ne sont pas de ceux qui intimidaient l'accusé.

La Couronne et la défense ont soumis au juge Serge Francoeur une suggestion commune de cinq ans moins un jour. Comme les deux ans d'incarcération préventive comptent une fois et demie (3 ans), il lui reste deux ans moins un jour à purger. 

Xavier Roy devra aussi se soumettre à un programme d'aide psychologique pour l'aider à gérer ses émotions. Il est décrit comme ayant une personnalité limite avec trait narcissique et hypervigilance. Cependant, il ne présente pas une personnalité criminelle structurée, d'où ses bonnes chances de réhabilitation.

Lors du prononcé de la peine, le juge Francoeur a affirmé avoir beaucoup pensé à l'accusé à cause de son jeune âge. «Vous pouvez redevenir un actif pour la société», a-t-il dit, soulignant le fait qu'il songeait à compléter son cinquième secondaire et devenir opérateur de machinerie lourde.

Avant de quitter la salle pour le pénitencier, Xavier Roy a adressé des excuses aux victimes et familles impliquées, dont la sienne. «C'est un drame pour tout le monde», a-t-il admis.

«Ça aurait pu être évité»

«Les gens qui ont intimidé mon fils, les vrais bandits, les vrais criminels, ce sont eux.»

C'est un père en colère qui s'est adressé aux journalistes après avoir appris que Xavier purgerait encore deux ans moins un jour pour tentative de meurtre sur deux collègues. Non pas qu'il juge la peine trop sévère, mais Denis Roy estime que l'intimidation subie par son fils est la cause première du geste posé. «Ça aurait pu être évité, mais on vit ce gâchis-là», se désole-t-il.

Il a pris son courage à deux mains pour dénoncer l'intimidation et les dommages qu'elle peut causer. «Heureusement, personne n'est décédé, mais c'est de voir la misère, la peine, la déchirure que ç'a créée. Ça n'a pas de bon sens. Le harcèlement, l'intimidation dans le milieu de travail, on le voit ce que ça donne. De la peine, de la tristesse, personne n'en sort gagnant.»

Il évalue que son fils était dans une condition où il ne pouvait plus endurer sa peine. M. Roy avoue n'avoir jamais remarqué de signes qui auraient pu lui faire croire qu'il était dans un état de détresse tel qu'il pourrait commettre ce geste. «Mon fils a toujours été poli, dévoué, toujours au-devant d'autrui. Mais il n'était pas équipé pour aller hurler avec les loups. Il s'est refermé sur lui-même. Il a perdu la tête.»

«On l'attend à la maison. On va continuer à lui donner l'amour, le gîte et tous les soins nécessaires. Quand t'as un enfant, ce n'est pas pour une semaine, c'est à la vie.»




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