Procès de Jean-François Roy: l'accusé dit qu'il était «déconnecté» et en délire

Jean-Francois Roy aurait tué le chauffeur de taxi... (Photothèque Le Soleil)

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Jean-Francois Roy aurait tué le chauffeur de taxi Hygin Veilleux le 6 novembre 2014.

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(Québec) Jean-François Roy affirme qu'il était «déconnecté» lorsqu'il a tué Hygin Veilleux et encore en proie au délire lorsqu'il a avoué le meurtre aux policiers trois jours plus tard.

L'air accablé, la voix éteinte par moment, l'homme aujourd'hui âgé de 33 ans a d'abord raconté au jury les souvenirs tristes et monotones de la dernière moitié de sa vie.

Depuis aussi longtemps qu'il s'en rappelle, l'anxiété le ronge, dit-il. Les médicaments et les rencontres avec des psychiatres n'ont calmé que temporairement son mal de vivre. «Je ne suis pas tout à fait normal, pas tout à fait débile», soupire-t-il, en réponse à une question de son avocat Me Gabriel Michaud-Brière.

Roy quitte l'école en secondaire 5 et ne sera jamais capable de garder un emploi plus d'un mois. Les filles entrent dans sa vie, mais n'y restent pas. Une grossesse non-planifiée lui donnera un fils, qu'il est incapable d'élever.

À 16 ans, il fait une première tentative de suicide en essayant de s'empoisonner au monoxyde de carbone, à la cabane à sucre de son grand-père.

Vers 21 ans, il récidive en tentant de se pendre. Roy se revoit encore, complètement effondré, en pleurs dans le logement de sa mère à Saint-Georges.

Bientôt, il s'isole complètement du monde et se terre dans son logement. «J'attends, je prends mes médicaments, je fume jusqu'à ce que je m'endorme», se souvient-il de cette époque. 

En 2012, il dit avoir vécu un premier épisode de déconnexion lorsqu'il a manqué de médicaments anxiolytiques. «J'étais en anxiété sévère et c'est comme si une autre personne prenait le contrôle de ma tête, décrit Jean-François Roy. Je suis parti avec le char de ma blonde, sa carte de crédit et j'en ai eu pour trois jours à faire des achats compulsifs, à tourner en rond.»

Deux ans plus tard, Roy dit avoir à nouveau «déconnecté». Il a quitté la fermette de sa soeur en pleine nuit, abandonnant sa mère.

Au début octobre 2014, Jean-François Roy accepte un emploi de cuisinier dans un restaurant, le premier depuis plusieurs années.

Il restera aux chaudrons moins de deux heures, incapable de contrôler son anxiété.

Roy décide alors de mettre fin à ses jours en ingérant une grande quantité d'antidépresseurs. Après son hospitalisation, un psychiatre propose de le sevrer des médicaments contre l'anxiété qu'il prend depuis 10 ans.

En manque, Roy se met à fumer du cannabis en grande quantité.

Dans la nuit du 6 novembre, nouvel épisode de déconnexion, par intermittence celui-là. Lorsqu'il revient à lui, il réalise qu'il a fait le plan de tuer un chauffeur de taxi pour prouver sa valeur comme criminel.

Il a ensuite deux «flashs» de l'agression; un premier de lui en train de conduire avec un corps à ses côtés. Puis un autre lorsqu'il stationne une voiture. Roy a déjà raconté aux psychiatres experts se souvenir des coups de couteau, mais aujourd'hui, ce souvenir s'est envolé.

Les jurés ont pu regarder l'interrogatoire policier au cours duquel Roy admet le meurtre et va même le mimer.

L'accusé soutient qu'au moment de rencontrer les policiers, il était «en gros high». «On voit que j'ai des idées excessives, comme de devenir un grand criminel international, c'est complètement démesuré», affirme Roy.

Des gestes cohérents

Le procureur de la Couronne Me François Godin est convaincu que Jean-François Roy était en contact avec la réalité au moment du crime. 

La preuve, lance le procureur, l'accusé a posé de nombreux gestes cohérents, comme essuyer le sang sur le couteau, se changer de vêtements après le meurtre, voler seulement les billets non ensanglantés dans les poches du chauffeur de taxi et laisser le véhicule à bonne distance de son logement.

Et si l'accusé était toujours dans un délire au moment de son interrogatoire policier, pourquoi avoir admis qu'il se sentait «plus que cheap» d'avoir tué le chauffeur, demande le procureur de la Couronne. Jean-François Roy semblait souvent sur le point d'exploser lors du contre-interrogatoire, au point où le juge Louis Dionne a dû lui demander à trois reprises de cesser d'argumenter avec le procureur de la Couronne.




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