Le meurtre d'Hygin Veilleux, un geste «pour se prouver»

Jean-François Roy, 31 ans, admet avoir causé la... (fournie par la Sûreté du Québec)

Agrandir

Jean-François Roy, 31 ans, admet avoir causé la mort d'Hygin Veilleux, mais contrairement à la poursuite, il soutient qu'il n'était pas dans un état mental pour être coupable de meurtre au premier degré.

fournie par la Sûreté du Québec

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Georges-de-Beauce) Jean-François Roy a poignardé le chauffeur de taxi Hygin Veilleux de 11 coups de couteau. Pas pour le voler, mais pour se prouver qu'il était capable de commettre un crime d'une telle gravité sans se faire prendre.

C'est la thèse que tentera de prouver la poursuite pour obtenir une condamnation de meurtre au premier degré.

Dans ses tout premiers mots aux jurés, le procureur de la Couronne Me François Godin attaque d'emblée ce qui devrait être l'argument de la défense: la psychose toxique.

Car Jean-François Roy admet avoir causé la mort du septuagénaire; il soutient toutefois qu'il n'était pas dans un état mental pour être coupable de meurtre au premier degré.

Selon la poursuite, c'est plutôt une sombre quête identitaire qui a motivé Jean-François Roy, de Saint-Georges de Beauce, le 7 novembre 2014.

La veille, toujours selon la théorie de la poursuite, Roy, 31 ans, planifie de tuer un chauffeur de taxi, n'importe lequel, en guise d'initiation.

«Pour lui, c'était pour se prouver ce qu'il pouvait faire, allègue Me Godin. S'il réussissait, c'est la vie qui lui envoyait un signe qu'il était capable de faire ça et qu'il pouvait suivre ce chemin.»

La voiture blanche dans laquelle a été retrouvé... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

La voiture blanche dans laquelle a été retrouvé Hygin Veilleux.

Photothèque Le Soleil

Jean-François Roy remplit alors son sac à dos avec des vêtements de rechange, une serviette pour essuyer le sang, des gants en latex et une dague avec une lame de huit pouces. Le couteau d'allure médiévale a un manche en bois avec des ornements en métal et tient dans un fourreau de cuir.

Ces objets, ainsi qu'une lettre manuscrite où Roy évoque la mort de M. Veilleux et son propre éventuel suicide, ont tous été retrouvés chez l'accusé.

L'appel fatal

Au matin du 7 novembre, Jean-François Roy quitte son logement de la 119e Rue à Saint-Georges et se rend téléphoner à une cabine voisine.

Il demande un taxi. C'est Hygin Veilleux, 73 ans, qui se présente quelques minutes plus tard.

Roy veut être conduit à la quincaillerie Home Hardware.

À cette heure, le commerce est fréquenté par de nombreux travailleurs de la construction.

Le lieu a été choisi par l'accusé pour cette exacte raison, prétend la Couronne. «Il veut commettre le crime dans une foule sans se faire prendre», dit Me Godin.

La voiture taxi se stationne. Assis directement derrière le chauffeur, Roy porte un premier coup de couteau, mais ne réussit pas à blesser sa cible à la tête.

Selon le récit de la poursuite, Roy se projette ensuite sur le chauffeur et va lui asséner 11 coups, dont deux au coeur et au poumon qui seront mortels.

Hygin Veilleux se débat, appuie sur le klaxon. Jean-François Roy aurait ensuite étouffé le chauffeur en lui posant une main sur la bouche.

Roy place le corps ensanglanté du chauffeur sur le plancher de la Kia Optima blanche, du côté passager. La tête de M. Veilleux est accotée sur la portière. Ses yeux sont fermés.

Jean-François Roy va ensuite conduire une trentaine de kilomètres avec sa victime à bord pour se rendre acheter du cannabis à Beauceville et revenir garer le véhicule taxi sur la 123e Rue à Saint-Georges.

Lorsque le corps du chauffeur sera retrouvé quelques heures plus tard, le taximètre était toujours en fonction.

Assise dans la salle, la bru d'Hygin Veilleux balance doucement son corps d'avant en arrière, en se bouchant les oreilles pour ne plus entendre la voix de basse du procureur de la Couronne.

À ses côtés, son conjoint Serge Veilleux, fils unique de la victime, écoute, stoïque.

Un peu plus tard, il tentera de regarder les difficiles photos de la scène de crime présentées par le technicien en identité judiciaire, mais devra souvent détourner le regard.

Jean-François Roy a été arrêté dans la nuit du 9 au 10 novembre 2014. Il s'est soumis docilement à toutes les expertises des policiers.

Les agents ont vaporisé leur suspect avec une substance fluorescente, révélatrice de sang. Une fois la lumière éteinte, les mains, les pieds et un avant-bras de Roy se sont illuminés.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer