Une peine pour «dénoncer le fléau» du leurre informatique

Le jeune homme de Notre-Dame-des-Pins s'est créé un... (Archives La Tribune)

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Le jeune homme de Notre-Dame-des-Pins s'est créé un faux profil sur Facebook en empruntant les traits d'une blonde adolescente.

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(Québec) Un jeune Beauceron de 20 ans a écopé d'une peine de prison de 18 mois pour avoir fait du leurre informatique d'adolescents et avoir menacé de publier les photos intimes des victimes.

Jeff Rancourt le dira dix fois plutôt qu'une ; au moment des crimes, il était mal dans sa peau, dépressif et n'acceptait pas son homosexualité. « J'étais encore en période de recherche et je ne voyais pas de quelle façon comment m'y prendre », a-t-il expliqué au juge Pierre Rousseau à l'occasion des représentations sur la peine.

Le jeune homme de Notre-Dame-des-Pins s'est alors créé un faux profil sur Facebook en empruntant les traits d'une blonde adolescente.

Il s'est mis à communiquer avec des jeunes hommes, de deux à quatre ans plus jeunes que lui, en leur proposant et leur réclamant des photos de parties génitales.

Au fil des échanges, Jeff Rancourt dévoilait sa véritable identité à ses interlocuteurs. Ces derniers, fâchés de s'être fait berner, lui ont servi des commentaires homophobes.

En colère, Rancourt continuait de réclamer des photos en menaçant de les publier sur Internet ou de les envoyer à d'autres amis.

Pour certaines victimes, le chantage a duré plusieurs mois. Un seul adolescent a rencontré Jeff Rancourt au cinéma.

Jeff Rancourt a plaidé coupable au leurre informatique de sept adolescents, à de l'extorsion et du harcèlement.

L'avocat de défense Me David Monaghan n'a pas contesté l'assujetissement à une peine pour adulte de son client, mineur au début des délits. Il demandait au juge Rousseau de se limiter à imposer la peine minimale prévue pour le leurre informatique, soit 12 mois de prison.

Préméditation et climat de menaces

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe estimait elle, qu'en raison notamment de la préméditation et du climat de menaces, les crimes devaient être punis par une peine de deux ans moins un jour. « Les victimes peuvent paraître virtuelles, mais les conséquences sont réelles », insiste Me Lapointe.

Pour dénoncer un « fléau social » et un crime facile à commettre, caché derrière un écran d'ordinateur, le juge Rousseau a décidé d'imposer une peine de détention de 18 mois à l'accusé.

Jeff Rancourt sera de plus en probation pour trois ans après sa sortie de prison. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels toute sa vie et durant cinq ans, n'aura pas le droit de se trouver avec des mineurs, sauf accompagné d'un adulte, ni d'utiliser Internet.




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