Procès de Toby Carrier: «c'était toute la faute de Dieu»

Toby Carrier... (Collaboration spéciale Steeve Paradis)

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Toby Carrier

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Baie-Comeau) Quand il a vraiment pris la résolution de se suicider, ce qu'il voulait faire depuis longtemps, Toby Carrier dit avoir ressenti «un grand frisson», pour ensuite perdre le contrôle de ses actes. Il convient que c'est bien «son corps» qui a tué son frère et tenté d'assassiner ses parents à coups de couteau, mais que ce n'était pas lui qui l'habitait.

Le second procès du Matanais de 27 ans, qui a commis ces gestes en 2009 à Matane, s'est poursuivi au palais de justice de Baie-Comeau. La défense, qui plaide la non-responsabilité criminelle de l'accusé, a appelé ce dernier à la barre mardi. Outre le moment où il décrit les événements, où il a pleuré, Carrier a témoigné calmement, avec aplomb, s'exprimant aisément devant le jury.

«Mon corps a essayé d'égorger ma mère. Je voyais ça, mais je ne pouvais rien faire», a lancé Toby Carrier, qui se souvient aussi qu'Ismaël n'a reçu qu'un seul coup de couteau et que son cri de terreur après a donné à l'accusé «le même frisson que j'avais eu avant de perdre le contrôle.» Carrier dit qu'il se sentait dans un état «tellement bizarre, surnaturel» lorsqu'il donnait les coups de couteau.

Chez ses amis

S'il a raconté aux amis qu'il a visités après le drame qu'il avait vraiment l'intention de tuer ses parents, c'est à la suite d'une remarque du premier croisé, qui lui a dit qu'à son avis, il était incapable d'une telle chose. «Je l'ai pris comme s'il me disait que je n'avais pas les couilles pour le faire», a-t-il affirmé au jury.

Pour celui qui fait face à une accusation de meurtre non prémédité et de deux tentatives de meurtre, Dieu est au coeur de tous ses problèmes. «Si Dieu n'avait pas été dans notre monde, mes parents auraient été beaucoup moins sévères», a-t-il lancé à propos de ses parents, baptistes pratiquants. «C'était toute la faute de Dieu», a affirmé Carrier plus loin dans son témoignage.

À partir de l'âge de 10 ans, Carrier se sentait rejeté par tout le monde, autant en classe que par sa famille. Il ressent aussi rapidement un certain mal de vivre. Son meilleur ami, Pierre-Alexis Michaud, avait cependant témoigné plus tôt mardi que Carrier «n'avait pas une attitude facile d'approche. Il avait l'air bête et il voyait tout le temps le pire».

Tristesse

L'accusé a convenu que les relations humaines n'étaient pas sa spécialité. «J'étais triste, mais ma face donnait l'impression que j'étais fâché», a fait valoir celui qui a aussi été banni de plusieurs forums de discussion.

L'intensité des punitions qu'il dit avoir encaissées dans l'adolescence a aussi marqué Toby Carrier. Il assure qu'il ne sentait pas avoir la confiance de son père, qui n'hésitait pas à sortir «une palette de plastique» pour une fessée à l'un de ses trois fils, principalement Nathan et Toby, toujours aux dires de ce dernier.

Le témoignage de Toby Carrier se poursuit aujourd'hui. Après le contre-interrogatoire de l'accusé, la défense appellera son psychiatre expert à la barre.




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