Un cuisinier peut avoir un «piercing», juge la Cour d'appel

Un employé d'un restaurant de poulet frit PFK... (AFP, Justin Sullivan)

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Un employé d'un restaurant de poulet frit PFK de Québec sanctionné pour un «piercing» a eu gain de cause en Cour d'appel contre son employeur.

AFP, Justin Sullivan

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(Québec) Cinq ans après avoir reçu un avis disciplinaire pour le port d'un bijou à l'arcade sourcilière («piercing»), un employé d'un restaurant de poulet frit PFK de Québec a gain de cause en Cour d'appel. Le cuisinier, qui cumule plus de 30 ans à la succursale du boulevard Hamel, n'aurait pas dû être sanctionné pour un anneau.

C'est en avril 2012 qu'André Bernard a été réprimandé par son employeur parce qu'il refusait de retirer un perçage permanent au-dessus de son oeil, malgré trois avertissements. Le travailleur, qui arborait l'anneau depuis 10 ans, avait pris l'habitude de le recouvrir «d'un diachylon pendant qu'il s'affaire à son emploi», indique le jugement rendu récemment. 

Jusqu'en 2012, le diachylon convenait à l'employeur et aux inspecteurs du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ). Mais, fin 2011, c'est une firme privée spécialisée en salubrité - payée par le propriétaire du PFK - qui a demandé le retrait de l'objet.

Le syndicat représentant le cuisinier (Métallos) avait immédiatement contesté la punition, avec succès, devant un arbitre de grief. Celui-ci avait tranché qu'on ne pouvait forcer l'enlèvement d'un bijou permanent qui n'entre pas en contact avec la nourriture.

«M. Bernard portait aussi des boucles d'oreille. Mais avant d'aller travailler, il enlevait les boucles d'oreilles», souligne le président de la section 9400 des Métallos (Hôtellerie et restauration), Guy Gendron. Le «piercing» était toutefois fixe.

Contestations

Olympus, l'entreprise propriétaire du PFK, a contesté la décision arbitrale. Mais la Cour supérieure a confirmé le jugement fin 2015. Et voici que la Cour d'appel tranche également en faveur du travailleur.

Vrai que les personnes qui s'affairent en cuisine doivent faire attention à la contamination des aliments. Ils doivent notamment porter un bonnet, un couvre-barbe, des vêtements de travail propres. Et «ne porter aucun vernis à ongle, ni montre, ni bagues, boucles d'oreilles ou autres bijoux», citent les trois juges qui ont entendu la cause.

Le tribunal souligne cependant que le perçage ne pouvait être enlevé que par un spécialiste à l'aide de pinces spéciales. Il ne risquait donc pas de tomber, comme une boucle d'oreille amovible par exemple.

De plus, écrivent-ils, ledit bijou n'est pas porté à la main ni au poignet, des endroits où il aurait pu affecter la salubrité des produits.

L'arbitre, dans le premier jugement, avait donc annulé l'avis disciplinaire parce qu'il était injustifié. Un point de vue repris par les tribunaux supérieurs.

Et qu'advient-il du cuisinier André Bernard? «Il travaille encore là», indique le syndicaliste Guy Gendron. «C'est un des plus anciens là-bas. [...] Depuis la décision arbitrale, il travaille avec son piercing.»




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