Cri du coeur de la victime du maire de Baie-Trinité

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(Québec) Visiblement épuisée, émotive, Caroline Lamarre demande au gouvernement de Philippe Couillard de destituer sans délai le maire de Baie-Trinité, coupable d'une agression sexuelle à son endroit.

«J'ai besoin de vous aujourd'hui pour envoyer un message très important», a-t-elle lancé à l'adresse des journalistes convoqués au Centre des congrès de Québec mercredi midi. «Je veux rappeler au gouvernement Couillard que moi aussi j'en ai des droits. [...] Mes droits ont été bafoués.»

Employée de la localité de la Côte-Nord, Mme Lamarre a dénoncé son agresseur en 2013. Le maire Denis Lejeune a été reconnu coupable en juillet 2015, puis a reçu sa sentence en janvier 2016 en évitant la prison. Il a ensuite porté la cause en appel sans succès, mais siège toujours à la tête du village d'environ 450 âmes.

Pendant ce temps, Caroline Lamarre ne peut reprendre son emploi, elle qui ne peut être en contact avec M. Lejeune.

Cet événement a forcé le gouvernement à modifier la loi pour permettre la destitution d'un élu même s'il n'a pas écopé d'une peine de prison de plus de deux ans, comme c'était le cas avant. La Commission municipale a toutefois indiqué avoir les mains liées parce que le maire Lejeune a encore une possibilité d'appel en Cour suprême. Pas de destitution tant que le processus judiciaire suit son cours.

Décret

C'est trop pour Caroline Lamarre. «On n'a pas entendu une personne là-dedans. Je suis tannée d'être dans l'ombre. [...] Je demande au gouvernement Couillard un décret pour destituer le maire de Baie-Trinité. C'est le temps, c'est le temps qu'il se fasse de quoi.»

«On me parle de ma vie... Aujourd'hui, je viens dire que j'en ai plus. Y'a-tu quelqu'un qui va me la redonner? Y'a-tu quelqu'un d'assez fort pour me la redonner?»

La destitution rapide est une première étape pour la femme de Baie-Trinité. Elle voudra ensuite reprendre son emploi au bureau municipal et exiger une indemnisation pour les revenus perdus.

La reconstruction passera toutefois aussi par un déménagement. Mme Lamarre ne se sent plus accueillie dans le patelin depuis la dénonciation. Elle veut mettre sa famille «en sécurité.» «Si tu dénonces, on te détruit», regrette-t-elle.

Le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, reconnu coupable... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, reconnu coupable d'agression sexuelle en juillet 2015, continue d'exercer ses fonctions.

Photothèque Le Soleil

Le Syndicat canadien de la fonction publique soutient Mme Lamarre. «Elle se retrouve victime deux fois : victime d'agression sexuelle et victime de perdre son emploi en 2013», déplore Charlaine Sirois, conseillère syndicale. «C'est clairement l'agresseur qui est favorisé.»

S'il était question du maire de Québec ou de Montréal, elle doute que le gouvernement le laisserait reprendre son emploi après un verdict de culpabilité pour agression sexuelle sur une employée.

Au moment de transmettre cet article, le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, n'avait pas répondu à notre appel. 

Le cabinet de Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique ne nous avait pas non plus recontacté pour répondre à la requête de Caroline Lamarre.

Nous attendions également l'appel de la Commission municipale du Québec, responsable de ce type de dossiers.

Un «régime de terreur»

Des citoyens de Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, demandent au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, «d'être libérés de ce régime de terreur qui perdure depuis beaucoup trop longtemps.» Dans une lettre à l'intention du ministre datant d'octobre dernier, les 126 cosignataires souhaitent notamment la suspension temporaire du maire Denis Lejeune, accusé d'agression sexuelle, ainsi que la mise sous tutelle du conseil municipal. L'un des porteurs de la démarche, qui désire préserver l'anonymat, affirme que plusieurs citoyens ont refusé de signer la lettre, craignant des représailles de la part des élus. D'autres auraient signé sans retenue, précisant qu'ils «n'avaient plus rien à perdre puisque le conseil municipal leur avait déjà tout fait perdre.» Les citoyens espèrent «mettre fin à cette ère de division et d'affrontement qui fait rage et qui tend à s'amplifier», peut-on lire dans la lettre. Ils déplorent enfin que leur missive soit restée lettre morte.




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