Marquée à vie

En 2015, Kathy Bolduc a été sauvagement attaquée... (Le Soleil, Erick Labbé)

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En 2015, Kathy Bolduc a été sauvagement attaquée à coups à machette par le frère de son amie, Yannick Fortin. Elle a témoigné mercredi devant la cour.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «La seule chose que j'aimais sur moi, c'est mon visage. Et maintenant, il est détruit à tout jamais.»

Kathy Bolduc, 28 ans, a seulement besoin d'entrer dans la salle d'audience pour que le juge Jean Asselin comprenne l'ampleur des séquelles qui la hantent à tous les jours.

Le 28 octobre 2015, Kathy dormait chez sa meilleure amie dans le quartier Les Saules.

Au petit matin, Yannick Fortin, le frère de son ami, sort de sa chambre et se met à lui asséner des coups de machette à la tête en hurlant qu'il va la tuer.

L'intervention de la soeur, accompagnée de ses jeunes enfants, arrêtera l'agression.

Kathy Bolduc a subi un traumatisme craniocérébral et de profondes lacérations. Les médecins ont dû recoudre son visage et son cuir chevelu sur environ 70 cm.

Une expertise révélera que Yannick Fortin faisait une psychose toxique après avoir consommé du cannabis.

Le jeune homme de 23 ans a plaidé coupable en janvier à une accusation réduite de voies de fait graves.

L'état de psychose toxique empêchait le ministère public de prouver l'intention spécifique de tuer. Mais, insiste le procureur de la Couronne Me Thomas Jacques, la responsabilité de Yannick Fortin reste pleine et entière. D'autant plus que le jeune homme était un consommateur régulier, au courant des effets potentiels de la drogue.

Fortin s'est livré «à une attaque sauvage, comme on en voit peu devant les tribunaux canadiens», plaide Me Jacques, qui réclame une peine variant entre cinq ans et demi et sept ans et demi de pénitencier.

Un an et demi après l'agression, Kathy Bolduc se réveille deux fois par nuit pour vérifier si les portes sont verrouillées. Elle a des pertes de mémoire, prend 17 pilules chaque jour et vit des crises d'angoisse lorsqu'elle doit se trouver au milieu d'une foule. Elle souffre, dit-elle, de voir «le monde me regarder comme un monstre».

À ses côtés, sa mère, son père et son frère l'entourent, le visage sombre, les yeux mouillés.

L'avocat de Yannick Fortin, Me Simon Roy, a tenu à souligner la force et le courage de la victime.

L'avocat comprend que, vu la gravité des séquelles et la tristesse de la situation, «il serait facile de verser dans l'excès».

Son client, sans antécédent judiciaire, doit être puni pour des voies de fait graves et non pour une tentative de meurtre, dit-il.

C'est ce qui fait que Me Roy a demandé une peine variant entre trois et trois années et demie de prison.

Yannick Fortin, souffrant d'un TDAH et d'une déficience légère, a eu un parcours scolaire catastrophique. Durant sa jeunesse, il a été victime d'abus sexuels et physiques et placé en famille d'accueil.

Cette vie difficile «n'excuse en rien les gestes posés», insiste Me Roy. «Mais on peut quand même voir qu'il est parti hypothéqué dans la vie», résume l'avocat.

Quelques heures après le drame, lorsqu'il a «dégelé» dans sa cellule au centre de détention de Québec, Yannick Fortin a pris la mesure des souffrances infligées à son amie. Il regrette amèrement cette journée, la pire de sa vie.

Le juge Jean Asselin rendra sa décision sur la peine à la fin du mois d'août.




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