Procès pour agressions sexuelles: des relations consentantes, se défend l'accusé

«Ça fait cinq ans que j'attends ce moment-là... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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«Ça fait cinq ans que j'attends ce moment-là pour parler, que j'attends que la réalité des faits soit dite», a affirmé Mohamed Doudou-Traoré au juge René De La Sablonnière.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'infirmier Mohamed Doudou-­Traoré jure n'avoir eu que des relations sexuelles consentantes, sans drogue aucune, avec les deux plaignantes. Et dans un cas, les gestes n'étaient même pas de sa propre initiative, se défend-il.

L'homme de 35 ans, originaire du Mali, a tenté sans succès de faire arrêter les procédures contre lui en plaidant des délais déraisonnables de 49 mois.

Pourtant, à l'entendre mercredi matin, Mohamed Doudou-­Traoré tenait absolument à donner sa version. «Ça fait cinq ans que j'attends ce moment-là pour parler, que j'attends que la réalité des faits soit dite», a-t-il affirmé au juge René De La Sablonnière, qui aura à décider de son sort.

Le longiligne infirmier, vêtu et chaussé avec soin, a émigré au Québec en 2001 et a été embauché à l'hôpital de l'Enfant-Jésus en 2008 après avoir complété sa formation. Il est aujourd'hui en couple et attend son deuxième enfant.

Deux jeunes femmes, qui se connaissent parce qu'elles travaillaient à la même boutique, ont témoigné lundi avoir été agressées sexuellement par Mohamed Doudou-­Traoré en février et mars 2011. Les deux ont décrit des symptômes d'engourdissement, de forts étourdissements. De la kétamine, un anesthésiant, a été trouvée après analyse dans les cheveux de l'une des plaignantes. 

Une troisième jeune femme, inconnue des deux autres, a témoigné avoir ressenti les mêmes symptômes en décembre 2011, après avoir accepté un verre de l'accusé. L'agression sexuelle aurait dans son cas été interrompue.

L'accusé donne une tout autre version des événements. Oui, il a eu une et même deux relations sexuelles complètes avec Judith (prénom fictif) en février 2011, mais la jeune femme était pleinement consentante. L'idylle ne s'est pas poursuivie car Judith avait un copain, a-t-il témoigné.

Concernant Catherine (prénom fictif), une jeune femme qu'il considérait comme une soeur, Mohamed Doudou-Traoré concède qu'il «s'est emporté» le soir du 6 mars 2011 et a laissé la plaignante lui faire une fellation. 

«J'ai eu un flash et je me suis dit que ce n'était pas bien ce qu'on faisait là, a expliqué l'accusé. L'amitié était plus importante.»

Concernant la troisième jeune femme, l'infirmier nie l'avoir touchée après une veillée au Star Bar. 

Contredisant les plaignantes, Mohamed Doudou-Traoré dément avoir jamais servi un verre d'alcool aux jeunes femmes. Encore moins y avoir versé de la drogue.

Selon lui, lors des rencontres, les jeunes plaignantes préparaient elles-mêmes leur verre pendant que lui faisait le sien.

L'accusé dit avoir été deux fois à la centrale de police du parc Victoria pour porter plainte contre Catherine qui, selon lui, tenait des propos diffamatoires à son sujet, à savoir qu'il était un «vendeur de drogue» et un «briseur de coeur».

Les policiers lui ont plutôt suggéré de se prendre un avocat et d'intenter une poursuite civile.

Une brûlure d'insecte

L'infirmier a aussi contredit vigoureusement une ex-conjointe venue affirmer devant le tribunal qu'il avait déjà eu une infection transmissible sexuellement, soit la chlamydia. Selon lui, la lésion qu'il a déjà eue sur le gland du pénis s'explique par la brûlure d'un insecte lors d'un voyage au Mali.

Mohamed Doudou-Traoré dit n'avoir jamais ramené de comprimés de l'hôpital. «C'est faux, archifaux!», répète-t-il avec véhémence. Les seuls médicaments qu'il a eus sont ceux prescrits pour traiter un épisode de détresse respiratoire.

En contre-interrogatoire, l'accusé a convenu qu'il lui était arrivé d'être infidèle. «J'assume ce que j'ai fait.» Il avait d'ailleurs du mal à situer dans le temps ses «fréquentations» successives.




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