Procès pour viol collectif: deux témoins de la défense disent avoir été intimidés par la police

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(Victoriaville) Deux témoins de la défense au procès de Pierre-François Blondeau, Jean-Christophe Martin et Dominic Vézina pour le viol collectif d'une adolescente de 15 ans disent avoir été intimidés par l'enquêteur de la SQ qui voulait les inciter à témoigner pour la Couronne.

La défense faisait entendre mardi ses deux derniers témoins après avoir envoyé les trois accusés donner leur version des faits. Marc-André Campagna est l'ancien actionnaire de la compagnie Québecpass, qui organisait la soirée «rave» du 24 octobre 2014 où ont eu lieu les événements. Il avait embauché Blondeau et Martin respectivement comme animateur et DJ. Sa petite amie de l'époque, Catherine Genest-Boivin, lui donnait un coup de main pour la soirée.

«J'ai été contacté par un enquêteur de la SQ, François Beaudoin. Il était très arrogant, au début il disait que j'étais impliqué dans une affaire d'agression sexuelle. J'ai dit que je ne voulais pas collaborer car il était arrogant et que je sentais que je ne pourrais pas raconter mon histoire», a déclaré Campagna.

Celui-ci a affirmé que le policier lui avait téléphoné à trois ou quatre autres reprises. «Il essayait des ruses pour m'inciter à parler, comme par exemple en me disant que même si je ne parlais pas, il allait impliquer le nom Québecpass dans l'histoire», a expliqué celui qui a avoué être un ami de Blondeau et Martin, connaissant ce dernier depuis dix ans.

Interrogé à ce sujet par l'avocat de la Couronne, Me Éric Thériault, Campagna a cependant nié avoir tenté de convaincre l'un de ses associés dans l'organisation de la soirée «rave», Charles Robitaille, de ne pas témoigner dans cette cause. «Je suis allé le voir simplement pour éviter que le nom Québecpass sorte dans cette histoire-là», a-t-il répondu.

Sa copine de l'époque a déclaré elle aussi avoir été intimidée par la police. «J'ai été appelée par la SQ et il y avait beaucoup d'intimidation dans les appels. J'avais dit que je ne voulais pas m'en mêler, mais l'enquêteur m'a téléphoné trois fois et il est venu chez moi sans avertir alors que j'étais absente», a-t-elle témoigné.

«La troisième fois, il voulait que je quitte mon quart de travail pour aller le rencontrer. Il a essayé de me convaincre en disant: «Ça ne te fait rien qu'une fille se fasse agresser?» », poursuit la jeune femme.

Les deux témoins ont également affirmé qu'ils avaient été mis au courant par Jean-Christophe Martin, le lendemain des événements, que la jeune fille avec qui lui et ses deux amis avaient eu des relations sexuelles avait 15 ans et non 18 ans comme ils l'avaient cru. Vendredi, Martin avait dit avoir appris l'âge véritable de la plaignante seulement à la fin de novembre 2014.

Marc-André Campagna et Catherine Genest-Boivin ont aussi tous les deux déclaré qu'ils croyaient, tout comme les accusés, que la jeune fille était majeure. «J'étais vraiment étonnée car, selon moi, elle avait 18 ans», a déclaré Mme Genest-Boivin.

À noter que les deux derniers témoins de la défense avaient au départ été assignés à témoigner par la Couronne, une assignation qui a toutefois été annulée au mois de janvier. Le Couronne s'adressera mercredi au juge François Huot afin d'obtenir l'autorisation de présenter une contre-preuve. Celui-ci rendra sa décision jeudi.




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