Procès pour viol collectif: le premier accusé s'excuse

Premier témoin appelé en défense pour le viol... (Le Soleil, Ian Bussières)

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Premier témoin appelé en défense pour le viol collectif d'une adolescente en octobre 2014, Jean-Christophe Martin (au centre), 23 ans, s'est excusé auprès de la plaignante qui avait témoigné la veille contre lui.

Le Soleil, Ian Bussières

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<p>Ian Bussières</p>

(Victoriaville) «Je sais qu'elle n'est pas là aujourd'hui, mais j'aimerais m'excuser... Si j'avais su qu'elle avait 15 ans, j'aurais agi autrement. J'étais convaincu qu'elle avait 18 ans et qu'elle consentait à toutes nos relations.»

Premier témoin appelé en défense dans la cause du viol collectif d'une adolescente en octobre 2014, Jean-Christophe Martin, 23 ans de Shannon, s'est excusé auprès de la plaignante qui avait témoigné la veille contre lui et ses coaccusés Pierre-François Blondeau, 24 ans, et Dominic Vézina, 23 ans.

C'est avec des sanglots dans la voix que Martin a fait cette entrée en matière après avoir présenté les membres de sa famille: sa mère, l'ex-députée libérale de Chauveau Sarah Perreault, son père, l'homme d'affaires Denis Martin de Martin Desserts, ses deux soeurs et sa petite amie qui l'accompagnent en cour.

L'avocat de la Couronne, Me Éric Thériault, lui a cependant fait remarquer en contre-interrogatoire que c'était la première fois en plus de deux ans qu'il s'excusait auprès de la plaignante. 

Dans leurs allocutions d'ouverture, les avocats des accusés, Me Maxim Roy, Me Yves Savard et Me Félix-Antoine Doyon, ont tous affirmé qu'ils n'allaient pas nier que des relations sexuelles avaient eu lieu entre leurs clients et la plaignante. «Ce sera une défense d'erreur quant à l'âge et au consentement», a déclaré Me Roy, l'avocat de Martin. 

Me Doyon a pour sa part indiqué que son client, Dominic Vézina, n'avait pas drogué la plaignante, qui avait consommé de l'ecstasy durant la soirée.

Poitrine et «traits plus vieux»

C'est sa «bonne poitrine», ses «traits plus vieux» et le fait qu'elle lui ait dit avoir 18 ans qui auraient convaincu Martin que l'adolescente de Saint-Rédempteur était bel et bien majeure, soit deux ans de plus que l'âge légal du consentement au Canada.

Martin travaillait comme DJ à la soirée de musique électro Moonlight 1.0 le 24 octobre 2014 à Victoriaville. C'est en retournant dans sa loge qu'il aurait surpris la plaignante en train d'avoir des relations sexuelles avec Vézina. Un peu plus tard, celle-ci aurait tenté de faire une fellation à Blondeau avant d'en faire une à Martin. 

«Avant, je lui ai demandé si elle avait 18 ans. Elle a répondu oui en riant et en me montrant son bracelet. Je n'allais pas avoir des relations avec une fille de moins de 18 ans, c'est mes convictions», a raconté le jeune homme, qui jure avoir vu un bracelet de couleur noire, qui était remis aux adultes qui participaient à la soirée alors que les adolescents recevaient un bracelet mauve.

Multiples relations sexuelles

Martin et la jeune fille auraient cependant été dérangés par un homme qui leur a demandé de quitter la loge et ne se seraient pas revus avant la fin de la soirée, dans sa jeep alors qu'il se rendait à l'hôtel. La plaignante aurait alors eu de nouveau des relations sexuelles avec Vézina dans l'automobile.

Une fois à l'hôtel, Martin et l'adolescente auraient eu une relation sexuelle complète dans la salle de bain, endommageant le lavabo sur lequel la plaignante s'était assise.

«Jamais, jamais je ne l'ai frappée ou malmenée, jamais elle n'a manifesté de douleur. Elle était entreprenante, c'était mutuel, on était consentants les deux et on avait du plaisir», a juré le jeune homme.

En contre-interrogatoire, il a répété que la plaignante «marchait droit», qu'elle n'avait pas l'air intoxiquée et qu'il ne trouvait pas bizarre le comportement de la jeune fille qui passait aisément d'un partenaire à l'autre et aurait eu au moins quatre ou cinq relations sexuelles avec lui, Blondeau ou Vézina en l'espace de quelques heures.

Cauchemar

Ce n'est que quelques semaines après la soirée que Jean-Christophe Martin dit avoir appris, de la personne qui l'avait engagé comme DJ, qu'une enquête policière pour agression sexuelle était en cours. 

«Il m'a dit qu'elle n'avait pas l'âge de consentir, qu'elle avait 15 ans... J'étais en train de conduire, je me suis rangé au bord de la rue et j'ai appelé mon père tout de suite. Je me suis mis à paniquer raide. C'est là qu'a commencé le cauchemar...» a-t-il raconté, les yeux larmoyants.




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