Procès pour viol collectif: une médecin parle d'un de ses cas les plus difficiles

Pierre-François Blondeau... (Le Soleil, Ian Bussières)

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Pierre-François Blondeau

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La Dre Jacynthe Rousseau, du CLSC de Saint-Romuald, n'a pas hésité à parler du cas de l'adolescente qui accuse trois hommes de Québec de l'avoir violée en 2014 comme d'un des plus difficiles qu'elle ait eus à traiter en carrière.

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Dominic Vézina

Le Soleil, Ian Bussières

«Parmi les quelque 75 trousses médico-légales (pour des agressions sexuelles) que j'aie faites durant ma carrière, ça a été l'une des deux plus difficiles», a déclaré la médecin de 63 ans, dernier témoin présenté par la Couronne mercredi au procès devant jury de Pierre-François Blondeau, 24 ans, Jean-Christophe Martin, 23 ans, et Dominic Vézina, 23 ans.

«La patiente était souffrante, elle ressentait beaucoup de douleur quand je l'ai examinée», a expliqué la Dre Rousseau à propos de celle qui avait alors 15 ans. «Parmi les cas d'agressions sexuelles, on en voit qui n'ont pas beaucoup de symptômes physiques, mais elle en avait beaucoup.»

Jean-Christophe Martin... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Jean-Christophe Martin

Photothèque Le Soleil

Douleurs à la colonne vertébrale, aux fesses, aux côtes, à l'anus, à la tête, lésions et saignements vaginaux anormaux, hématomes aux seins, aux épaules, lésions aux petites lèvres vaginales, rougeurs et oedème au périnée et fissure de 2 à 3 mm accompagnée d'une enflure importante à l'anus, a énuméré celle qui a traité la plaignante.

Plus tôt dans la journée, la jeune femme maintenant âgée de 18 ans avait nié à plusieurs reprises avoir prétendu être majeure lors de la soirée «rave» où seraient survenues les agressions alors qu'elle était contre-interrogée par les avocats des accusés.

Elle a aussi nié avoir dit à Vézina qu'elle allait étudier en médecine ou qu'elle avait 18 ans avant d'avoir une première relation sexuelle avec lui.

«J'ai dit mon âge quand on s'est rhabillés après. Il trouvait que j'avais une grosse paire de seins, il m'a demandé mon âge et j'ai dit 15 ans. Il était impressionné par mon âge et par mes seins», a déclaré la jeune femme.

Après avoir affirmé qu'elle n'avait jamais menti sur son âge pour rencontrer des garçons, la plaignante a précisé qu'elle s'était vieillie de trois ans sur le réseau social Facebook afin de pouvoir y ouvrir un compte et que ces informations avaient ensuite été transférées automatiquement à l'application de rencontre Tinder, qu'elle utilisait aussi. «Toutes mes amies de filles étaient sur Tinder. On faisait un concours à savoir laquelle aurait le plus de «likes» », a-t-elle affirmé.

Notion de consentement

Plus tôt, Me Félix-Antoine Doyon, l'avocat de Vézina, avait fait dire à la plaignante qu'elle avait trouvé Vézina de son goût alors qu'il animait la soirée «rave» et que c'est d'un commun accord qu'ils s'étaient rendus dans sa loge. 

Elle a ajouté que c'est de manière consentante qu'elle lui avait fait une fellation en plus d'avoir une relation sexuelle avec lui et qu'elle avait considéré comme de la gentillesse le fait qu'il l'aide à ramasser ses vêtements avant de quitter la loge.

La plaignante a aussi avoué que son langage non-verbal voulait dire oui même si elle ne l'a pas déclaré ouvertement. «J'pense que jamais je n'ai dit oui, mais par mon physique et par mes gestes, ça voulait dire oui...»

Elle a déclaré que c'est au petit matin qu'elle s'était rendue compte que «ça n'avait pas de sens». Même si elle avoue s'être sentie utilisée «comme un objet» quand les trois hommes l'ont reconduite chez une amie en lui disant «jamais vus, jamais connus», elle a ajouté qu'elle n'avait jamais été fâchée contre eux. «J'ai toujours eu de la culpabilité envers moi...», a-t-elle ajouté.

Plus tard mercredi, elle avouait cependant à Me Yves Savard, avocat de Blondeau, qu'elle avait déclaré à un ami, un peu plus d'une semaine après les événements, que «ces trois trous de c.. méritent juste la prison et ils vont en faire, crois-moi».

La défense débutera sa preuve jeudi matin en faisant témoigner l'un des accusés, Jean-Christophe Martin.




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