Vice caché sur un alpaga?

Un couple de Saint-Basile dans Portneuf a acheté... (123RF/Karina Baumgart)

Agrandir

Un couple de Saint-Basile dans Portneuf a acheté deux alpagas à la Ferme Carré Blanc, dans Lotbinière, à la fin de l'été 2015.

123RF/Karina Baumgart

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Peu de vétérinaires se vanteront d'être spécialistes de l'alpaga, ce camélidé originaire d'Amérique du Sud. Imaginez un juge de la Cour du Québec...

Le juge Jacques Tremblay l'avoue candidement; il a ouvert son dictionnaire lorsqu'on lui a annoncé qu'il entendrait un litige concernant un alpaga.

Il en a donc appris beaucoup en écoutant cette semaine la triste histoire de Mady, l'alpaga femelle.

À l'été 2015, Manon Harvey et son conjoint Jean-François Bernier voient une annonce sur le Web pour deux alpagas à vendre. Raison de la vente? Leur propriétaire prend sa retraite de la production laitière et veut vendre tous ses animaux.

Le couple de Saint-Basile dans Portneuf se rend le 30 août à la Ferme Carré Blanc à Saint-Édouard de Lotbinière.

Un rescapé du zoo

Domaël Blanchet et son père Renaud présentent aux visiteurs Alphi, mâle d'une douzaine d'années à la laine noire, acheté tout jeune lors de la fermeture du Jardin zoologique de Québec.

Dans un enclos voisin trottine Mady, femelle âgée de 15 ans à la laine caramel. Mady attend un petit, mais les Blanchet ne peuvent dire avec précision quand se terminera la gestation, longue de 11 mois et 11 jours chez l'alpaga.

Les propriétaires de la Ferme Carré Blanc demandent 1000 $ pour les deux alpagas, un prix dérisoire, diront-ils au tribunal. En retour, le couple Harvey-Bernier réclame que les ongles des bêtes soient taillés.

Les vendeurs informent leurs acheteurs que la laine n'a pas été tondue depuis près de deux ans. Ils sont aussi en retard dans leur carnet de vaccination.

En sortant de son enclos, Alphi crache de mécontentement. Manon Harvey demande aux Blanchet s'il peut y avoir un problème de sécurité lors du transport. Les vendeurs les rassurent, disant que les bêtes vont se coucher dans la remorque.

Manon Harvey et Jean-François Bernier partent donc avec Alphi, Mady, une poche de moulée et un livre sur les alpagas.

Huit jours plus tard, Mady met bas. Manon Harvey obtient des conseils pour soigner le petit, qu'on appelle un cria, en appelant à la Ferme Carré Blanc.

Le 20 septembre, l'alpaga femelle est couchée sur le côté, fiévreuse. Cette fois-là, Mme Harvey n'est pas capable de joindre les anciens propriétaires. Elle communique avec un vétérinaire qui vient faire des tests et réhydrater l'animal.

Manon Harvey doit nourrir le petit cria à la bouteille trois fois par jour et donner de la moulée à Mady à la main.

Anémie et vers

Malgré tous les soins, l'alpaga femelle va finalement mourir le 15 octobre. Sans autopsie, les propriétaires n'ont pas mis le doigt sur la cause précise du décès. Ils savent que Mady avait une anémie chronique, était très amaigrie et avait des vers.

Manon Harvey et Jean-François Bernier ont refusé l'offre des Blanchet de reprendre les animaux - avant le décès de Mady - et de tout rembourser. 

Le couple réclame aujourd'hui le coût d'achat de Mady (500 $) ainsi que les frais de vétérinaire (un peu plus de 1000 $) et le coût du lait en poudre pour le bébé durant six mois. La réclamation totale est de près de 3000 $.

Les propriétaires de la Ferme Carré Blanc répètent qu'ils ont vendu des animaux en bonne santé. «On a la plus belle ferme de la paroisse et ont prenait bien soin des animaux!» insiste Renaud Blanchet.

Ils refusent de payer alors qu'ils ne savent pas comment Mady a été traitée après sa mise bas. 

«On a vendu plusieurs alpagas à travers les années, mais toujours à des professionnels comme des producteurs laitiers ou des éleveurs de porc, affirme Renaud Blanchet. Quand tu tombes avec des gentle­men-farmers, c'est pas la même chose. Ils ont tout à apprendre.»

Les heures sont critiques après un accouchement, soutient le producteur laitier à la retraite, qui pense que l'alpaga a pu manquer de calcium après la montée laiteuse.

Qui supporte le risque?

Chien, vache ou alpaga, le juge Jacques Tremblay devra se demander qui doit supporter le risque du décès d'un animal après avoir donné naissance. Il devra aussi trancher si le problème qui a causé la mort de Mady existait à l'été 2015, lorsqu'elle vivait dans Lotbinière, et s'il constitue un vice caché.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer