Quand l'histoire se répète

L'incompréhension et la tristesse régnaient chez les proches... (Collaboration spéciale Ian Bussières)

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L'incompréhension et la tristesse régnaient chez les proches de Michaël Fiset et de Pierre Thibault, retrouvés morts dans un véhicule enseveli dans ce secteur de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.

Collaboration spéciale Ian Bussières

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(Québec) L'histoire semble se répéter. Vingt ans après la mort à Montmagny d'un jeune homme pris au piège dans son véhicule alors qu'il bravait une tempête de neige pour regagner son domicile, Michaël Fiset et Pierre Thibault ont péri non loin du premier drame dans des circonstances en apparence semblables.

C'est du moins l'avis du garagiste Germain Samson de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud qui, ironiquement, a été impliqué à la fois dans les événements du 22 février 1997 et ceux du 15 mars 2017 où les deux employés de Gilmyr Transports ont appelé son frère et partenaire d'affaires Gilbert pour qu'il vienne à leur secours. Ce dernier leur a conseillé d'abandonner leur véhicule et d'aller dormir dans la résidence la plus proche. 

Selon Germain Samson, dans les deux cas, les automobilistes ont pris la décision de prendre la route en toute connaissance de cause malgré des conditions météorologiques désastreuses. «C'est à ne rien y comprendre!» a-t-il pesté se désolant de l'issue fatale. D'autant plus, dit-il, que son frère n'a pas été le seul à conseiller aux deux hommes mardi soir dernier d'abandonner leur projet. 

Un collègue de travail, Rémi Voisine, leur a offert son toit pour qu'ils évitent d'emprunter la route qu'ils savaient mauvaise. Sa femme, France Nicole, a confirmé au Soleil la proposition de son conjoint. «Il avait offert à Pierre [Thibault] de venir à la maison», explique-t-elle. 

Ce dernier aurait été hésitant à se servir de sa voiture alors Michaël Fiset l'aurait convaincu d'embarquer avec lui dans sa camionnette. «Il pensait sûrement être bon pour passer à travers les bancs de neige», avance Mme Nicole qui juge que le geste était téméraire. 

Dame nature a eu raison de leur bravade. Après s'être enlisé, Michaël Fiset aurait tenté d'obtenir du secours à la maison la plus proche, selon ce qu'a rapporté sa conjointe à Radio-Canada. Puis, il a contacté le garage Samson qui s'est dit incapable de sortir avec sa dépanneuse. 

En détresse, le duo a finalement contacté la Sûreté du Québec qui a envoyé des policiers en motoneige. Ceux-ci ont été forcés à rebrousser chemin et se réfugier dans la maison la plus proche après avoir marché deux kilomètres. Stéphanie Couture, la conjointe de Michaël Fiset, est quant à elle persuadée que les autorités ont échoué à leur devoir de secourir son amoureux. «Il y a eu un gros manque quelque part», a-t-elle soutenu en entrevue à la société d'État. 

Les deux hommes ont finalement été retrouvés en matinée à moins de 25 kilomètres de l'endroit où, il y a 20 ans, un jeune homme avait perdu la vie également pendant une tempête de neige.

Gestion improvisée et excès de témérité

À l'époque, le coroner Gilles Perron avait conclu que le décès de François Goupil, retrouvé mort dans son véhicule sur la route 281 à Saint-Michel-de-Bellechasse entre la route 132 et l'autoroute 20, avait été causé par un concours de circonstances et un excès de témérité. 

Le mécanicien de 21 ans s'était enlisé une première fois dans la neige. Il avait été alors dépanné par une remorqueuse du garage Samson qui l'avait aidé à se sortir de la neige. Mais François Goupil a persisté dans son désir de se rendre chez lui empruntant la même route. C'est là que son véhicule est demeuré pris une seconde fois et que les secours l'ont retrouvé près de 36 heures plus tard intoxiqué au monoxyde de carbone. 

Le ministère des Transports (MTQ) avait notamment été pointé du doigt par le coroner qui concluait à une «gestion improvisée des opérations» sur cette portion de route puisque plusieurs personnes ont circulé à l'endroit où se trouvait l'automobile du jeune mécanicien sans jamais apercevoir sa présence. 

M. Samson soutient qu'en 1997, son employé avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour venir en aide à François Goupil. «Mais quand t'as du monde qui ne veut rien comprendre, tu ne peux pas culpabiliser parce que le monde ne raisonne pas sur le bon sens», conclut-il

Décès de François Goupil en février 1997: les recommandations du coroner

Transports Canada

Sensibiliser les constructeurs automobiles de la nécessité de munir celles-ci d'un détecteur efficace de monoxyde de carbone dans l'habitacle.

Ministère des transports du Québec 

Procéder de façon préventive à la fermeture des routes sous sa juridiction en hiver notamment en : 

  • identifiant avec ses partenaires «le décideur régional autorisé»
  • prévenant les usagers par une signalisation routière avancée adaptée aux régions en s'associant aux médias locaux
  • créant une campagne de publicité pour informer la population sur l'approche préventive des fermetures de route et la sensibiliser sur le comportement à adopter dans de tels cas
Sûreté du Québec 

Établir une procédure pour l'affectation préventive des motoneiges à l'approche de tempêtes hivernales susceptibles de déclencher l'alerte «C» de l'Opération dégivreur.

CRTC et aux télédiffuseurs québécois

Considérer la télédiffusion uniformisée des avertissements météos d'Environnement Canada susceptibles de compromettre la sécurité des personnes par une bande défilante au bas de l'écran des stations régionales affectées.




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