Des militaires victimes d'agression sexuelle demandent justice

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Un sondage réalisé auprès de 43 000 membres des Forces a démontré que 1,7 % des militaires ont dit avoir été victimes d'une agression sexuelle au cours des 12 mois précédents.

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(Québec) Un ancien militaire de Québec, Alexandre Tessier, victime d'agression sexuelle à la base de Valcartier en 2001, demande à la cour l'autorisation d'intenter un recours collectif au nom des milliers de militaires victimes à travers le pays.

Le capitaine à la retraite, qui a notamment servi deux fois en Afghanistan, a subi une agression sexuelle à l'âge de 19 ans, alors qu'il venait tout juste de joindre les Forces armées canadiennes. 

Un soir de beuverie, des collègues militaires se sont masturbés et ont éjaculé sur le visage du jeune homme endormi.

Victime de harcèlement tout au long de sa carrière et en proie à une grande détresse psychologique, Alexandre Tessier a dû arrêter de travailler. Il a déjà été indemnisé par le ministère des Anciens Combattants en lien avec l'agression. Le militaire retraité depuis 2013 a aussi intenté une poursuite civile en dommages de 3 millions $ contre le Procureur général du Canada.

Il souhaite aujourd'hui que la Cour supérieure accueille sa demande de recours collectif pour tous les militaires, actifs ou retraités, qui ont subi une agression ou du harcèlement sexuel au cours de leur service, qu'ils aient été ou non indemnisés.

S'il s'est longtemps cru seul à souffrir en silence, Alexandre Tessier constate aujourd'hui que les agressions sexuelles au sein des Forces armées canadiennes sont nombreuses et documentées.

La problématique a notamment été étudiée par la juge à la retraite de la Cour suprême Marie Deschamps. Cette dernière a dénoncé la «culture du silence», imposée par les supérieurs, qui dissuade les victimes de dénoncer les inconduites.

Le général Jonathan Vance, chef d'état-major de la défense, a lui-même reconnu publiquement le problème en novembre 2016, à l'occasion d'une conférence de presse.

Un sondage réalisé auprès de 43 000 membres des Forces a démontré que 1,7 % des militaires ont dit avoir été victimes d'une agression sexuelle au cours des 12 mois précédents.

«Banalisation»

Les militaires visés par la demande de recours collectif sont tous «des victimes de la négligence, de l'inaction, de la banalisation et de la tolérance des Forces envers les agressions sexuelles et le harcèlement», peut-on lire dans la requête.

Puisque les Forces armées canadiennes ont le plein contrôle sur la gestion de leur organisation et leurs règlements, le demandeur considère qu'elles sont pleinement responsables des dommages infligés aux militaires victimes et que l'État canadien doit les indemniser.

Si le recours collectif est autorisé, Alexandre Tessier se désistera de sa poursuite individuelle.

Des demandes d'autorisation ont été déposées par des militaires victimes dans d'autres provinces canadiennes. Les recours collectifs peuvent être autorisés de façon simultanée, indique Me Jean-Daniel Quessy, avocat du militaire québécois, et se dérouler de façon coordonnée.




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