Médecins poursuivis après une fausse couche

La demanderesse affirme que les trois médecins qu'elle... (Archives La Presse)

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La demanderesse affirme que les trois médecins qu'elle a vus depuis sa fausse couche ont commis des fautes professionnelles, notamment en n'obtenant pas son consentement libre et éclairé à certaines interventions.

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(Québec) Une jeune femme poursuit en dommages le Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL) et les trois médecins qui se sont occupés d'elle après sa fausse couche et ont pratiqué un curetage qui l'a, selon elle, rendue infertile.

La patiente, qui pratique la profession d'urgentologue, se présente au CHUL le 15 janvier 2013 pour faire une échographie de tout début de grossesse.

Malheureusement, le foetus a cessé de croître entre la sixième et la 10e semaine de grossesse.

Dans sa poursuite déposée en début de semaine à la Cour supérieure, la jeune femme explique que le radiologiste lui prescrit alors du misoprostol, un médicament qui permet l'expulsion du foetus non viable.

La jeune femme retourne chez elle et prend, le jour même et six jours plus tard, deux doses du médicament. Elle a des pertes de sang importantes et retourne au CHUL le 21 janvier.

Une échographie révèle plusieurs débris dans son utérus. La jeune femme est hospitalisée pour la nuit, en attendant de voir un gynécologue le lendemain.

Durant la nuit, le médecin de l'urgence vient voir la patiente et, selon ses allégations, l'incite à rentrer chez elle en lui soulignant que l'urgence est très achalandée. 

À contrecoeur, la jeune femme quitte l'urgence. Elle revient le matin et subira une opération de curetage de l'utérus. 

Dans sa poursuite, la patiente allègue qu'on ne lui a pas mentionné les complications possibles du curetage, si ce n'est une infection

On ne lui aurait pas non plus présenté de solution de rechange au curetage. 

Une médecin procède à un premier curetage. Un confrère arrive en relève et fait un second curetage. 

Selon la poursuite en dommages, ce médecin précise après coup à sa patiente qu'il «a dû gratter très fort». 

Encore là, allègue la patiente, le médecin ne l'a pas informée des risques de perforation de l'utérus.

Dans les semaines qui suivent le curetage, la jeune femme note que ses menstruations sont beaucoup plus faibles qu'à l'habitude. 

Lors de son rendez-vous de contrôle en mars, un troisième médecin la rassure sur ses saignements.

En avril, la jeune femme retourne au CHUL et demande une hystéroscopie, soit un examen de l'intérieur de l'utérus. 

L'examen révélera un syndrome d'Asherman. L'endomètre de l'utérus de la jeune femme est marqué de plusieurs cicatrices qui peuvent conduire à des fausses couches ou à la stérilité.

Un gynécologue tente de défaire les cicatrices. La situation ne s'améliore pas. En février 2014, toujours selon la requête, plus de la moitié de l'utérus de la patiente est couvert de cicatrices. 

Les médecins pratiquent une opération chirurgicale deux mois plus tard et affirment à la jeune femme que son état de santé est normal.

Une véritable tragédie

La patiente entame un traitement dans une clinique de fertilité afin, dit-elle, d'augmenter ses chances de porter un enfant. Son état d'infertilité se confirme en août 2014. 

La demanderesse affirme que les trois médecins qu'elle a vus depuis sa fausse couche ont commis des fautes professionnelles, notamment en n'obtenant pas son consentement libre et éclairé à certaines interventions. 

Si elle avait su qu'un curetage pouvait causer une perforation utérine ou un syndrome d'Asherman, jamais la patiente n'aurait consenti à l'intervention, allègue-t-elle, «la possibilité d'avoir des enfants étant trop importante pour elle».

Son infertilité est pour elle une véritable tragédie, décrit la jeune femme, car son conjoint et elle rêvaient d'une famille nombreuse.

Elle réclame 115 000 $ au CHUL et aux trois médecins en dommages-intérêts ainsi qu'une somme encore indéterminée pour les traitements de fécondation in vitro.

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