Affaire Sklavounos: les CALACS qualifient la décision de recul

Stéphanie Tremblay du CALACS... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Stéphanie Tremblay du CALACS

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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(Québec) La décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales de ne pas porter d'accusations contre Gerry Sklavounos marque un recul au Québec dans la lutte contre les agressions sexuelles, selon le regroupement québécois CALACS.

«C'est toujours des nouvelles qui sont reçues difficilement», avoue au bout du fil Stéphanie Trembay, porte-parole du Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). «On en a soutenu une et une autre survivante qui a eu ce genre de verdict ou aucune accusation n'a été posée. On persiste avec le même message : on vous croit.»

Il ne faut surtout pas confondre absence d'accusation et innocence dans des cas comme celui d'Alice Paquet et Gerry Sklavounos, met en garde Mme Tremblay. 

«Il n'y a pas d'accusations pour la simple et unique raison que les procureurs n'ont pas assez de preuves. Dans bien des cas comme celui-ci, les procureurs de la Couronne vont prendre la peine de rencontrer la victime pour lui dire qu'ils la croient, mais que ça ne sert à rien d'amener la cause en Cour», explique la porte-parole du Regroupement CALACS. 

La nouvelle de jeudi n'a donc pas été accueillie avec beaucoup de surprise, dans les CALACS. On croit tout de même qu'en raison du caractère très public de l'histoire d'Alice Paquet, le dénouement risque d'avoir des conséquences graves. 

«Quel effet pensez-vous que ça va avoir sur les survivantes qui pensaient dénoncer leur agresseur? Ça a vraiment un effet dissuasif», pointe Stéphanie Tremblay. Sans compter l'impact sur les autres victimes qui ont tenté sans succès d'accuser ou condamner leur agresseur, ajoute-t-elle.

Parallèle avec le cas Ghomeshi 

C'est que déjà jeudi, sur les réseaux sociaux, Gerry Sklavounos était désormais dépeint par plusieurs comme la vraie victime d'une dénonciation mensongère. 

«La réaction de la population en général, c'est terrible. Même dans le cas de Jian Ghomeshi, il y a eu des accusations, et les gens doutaient encore de la véracité du témoignage des victimes. Quel message envoie-t-on aux autres survivantes? C'est ça la culture du viol.» (Ghomeshi a été reconnu non coupable de tous les chefs d'accusation d'agression sexuelle pesant contre lui.)

Le Regroupement québécois CALACS respecte le travail du Directeur des poursuites criminelles et pénales, précise la porte-parole. Le principe de présomption d'innocence ne doit pas disparaître non plus. «Mais notre système de justice n'est vraiment pas adapté à la violence sexuelle. C'est vraiment la parole de l'un contre la parole de l'autre. Fondamentalement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.»

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