«Maman, ça va bien aller!»

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Une photo de Mohammed en compagnie de son père prise il y a quelques années

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(Québec) «Maman, arrête de pleurer s'il vous plaît. Ça va bien aller!»

Mohammed, 11 ans, est installé sur le lit de sa petite soeur, Mariem. Le jeune garçon répond en compagnie de sa mère, Khadija Thabti, aux nombreuses questions du Soleil. La petite princesse de 3 ans, elle, vogue sur sa tablette électronique à l'arrière, sans trop réaliser la situation.

Environ 36 heures plus tôt, leur père et mari, Aboubaker Thabti, a perdu la vie dans la fusillade au Centre culturel islamique de Québec, qui a fait au total six victimes. La journée avait pourtant débuté comme une autre pour la famille Thabti, dont le logement est situé sur la rue des Mélèzes, à Sainte-Foy.

«C'était une journée bien normale», note Mme Thabti, les yeux dans l'eau et épuisée par les événements des derniers jours. «Comme chaque dimanche, nous avons fait l'épicerie comme nous en avons l'habitude», poursuit-elle, avouant n'avoir pas beaucoup dormi depuis qu'elle a perdu son mari.

La journée de samedi avait été principalement consacrée aux activités pour les enfants, soit les cours de piscine et un cours sur le Coran.

Dimanche, 7h. Mohammed sort de son lit et prépare son déjeuner. Ses parents se lèvent quelques minutes plus tard. Ils mangent à leur tour en compagnie de leur fille, et jouent un peu avec les enfants. Étant responsable d'une garderie, Khadija Thabti cuisine également les dîners pour la semaine. Un avant-midi bien ordinaire à la maison.

Ayant des difficultés dans certaines matières scolaires, Mohammed va en après-midi chez un ami de la famille qui l'aide dans son apprentissage scolaire, en l'accompagnant pour faire ses devoirs. Le garçon est en sixième année à l'école d'éducation internationale Filteau. Durant le cours, les parents en profitent pour faire quelques emplettes. Direction le Costco.

Lorsqu'ils repassent prendre Mohammed, la famille arrête dans un restaurant PFK et demande une commande pour emporter. De retour à la maison, Aboubaker Thabti, 44 ans, se prépare tranquillement pour se rendre à la mosquée.

«Après avoir mangé, j'ai joué un peu, j'ai fait des devoirs et je suis allé écouter la série Walking Dead», raconte Mohammed, tenant la main de sa mère.

À 18h13, la prière débute au Centre culturel islamique de Québec. À 19h55, les premiers appels sont faits au 9-1-1. Plusieurs coups de feu à la mosquée de Sainte-Foy.

Khadija Thabti apprend par texto la nouvelle quelques minutes plus tard. «J'entends ma mère crier qu'il y a un attentat, dit le jeune garçon. Et nous sommes rendus là maintenant.»

Au cours des derniers jours, des centaines d'amis et de proches sont venus soutenir la famille dans leur logement. Une dizaine de femmes et d'enfants étaient encore présents, mardi.

«C'était une personne généreuse et extraordinaire. [...] Il allait prier chaque vendredi, samedi et dimanche. Il discutait par la suite avec ses amis», affirme Mme Thabti, confiant que le corps de son mari est présentement à Montréal pour l'autopsie.

Elle prévoit d'ailleurs s'envoler pour la Tunisie au cours des prochaines semaines, pour deux semaines, afin de mettre en terre son conjoint. La famille possède une maison là-bas. Elle espère par la suite pouvoir continuer d'élever ses enfants dans la région de Québec.

«On va essayer de revenir. De continuer l'éducation des enfants. Mon mari aimait beaucoup Québec. Il aimerait qu'on continue comme ça. J'espère pouvoir le faire. C'est lui qui avait décidé qu'on s'installe ici», conclut la dame, donc la famille est arrivée au Québec en octobre 2011.

En plus des nombreuses visites, Mohammed a reçu une belle marque de soutien de ses amis à l'école, mardi. «Les élèves de sixième année ont fait des anges dans la neige, ma professeure m'a montré des photos. Ils m'ont aussi envoyé des lettres et m'ont texté. Lundi, je suis allé au restaurant et je suis allé coucher chez un ami», confie le jeune homme, avec un petit sourire.

Exceldor lance une campagne de financement pour la famille

L'entreprise Exceldor, spécialisée dans la transformation et la commercialisation de volaille, a lancé dernièrement une campagne de financement pour aider la famille d'Aboubaker Thabti, décédé dans la fusillade au Centre culturel islamique de Québec. L'homme travaillait de soir à l'usine de Saint-Anselme depuis son arrivée dans la région, soit en 2011. «La collecte va avoir lieu dans nos quatre sites. Nous allons le faire jusqu'au vendredi 10 février», explique au bout du fil Stéphanie Paquet, responsable des communications au sein de l'entreprise. «À terme, Exceldor va doubler le montant récolté par les employés», ajoute-t-elle. Afin d'aider les travailleurs touchés par la situation, Exceldor offre un service psychologique à l'interne.

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