Procès de Xavier Roy: des aveux et presque des excuses

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La Couronne a présenté mercredi l'interrogatoire policier de Xavier Roy, accusé de tentative de meurtre sur deux ex-collègues en plus de séquestration.

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(Québec) Sobrement, à demi-mot, Xavier Roy a reconnu être l'auteur de la sauvage agression au IGA de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Et en plein interrogatoire policier, le jeune emballeur s'est levé pour présenter des excuses à ses victimes.

Comme c'est souvent le cas lors des procès devant jury, la Couronne a présenté mercredi l'interrogatoire policier de Xavier Roy, accusé de tentative de meurtre sur deux ex-collègues en plus de séquestration.

Le 13 juin 2015, vers 6h, soit huit heures après le drame, le jeune homme âgé de 18 ans et 2 mois est amené dans une terne salle d'interrogatoire du quartier général de la Sûreté du Québec, boulevard Pierre-Bertrand. Les policiers l'ont arrêté chez ses parents peu de temps après minuit.

Xavier Roy porte la combinaison blanche fournie par le corps de police; il a dû remettre ses vêtements pour que les spécialistes en scène de crime les inspectent, à la recherche de traces de sang.

L'enquêteur Patrice Dubord entre pour commencer son 500e interrogatoire. Ou le 499e. Après 27 ans comme policier, il a un peu perdu le compte.

Le jeune homme calme, poli, à la voix d'adolescent, commence par nier avoir quoi que ce soit à voir avec le vol qualifié et les deux employés poignardés au IGA. 

Il raconte que la veille, il a fait un tour à Saint-Augustin-de-­Desmaures pour aller porter son CV dans des commerces. Avec son permis de conduire en poche depuis seulement deux semaines, Xavier dit qu'il voulait en profiter pour s'exercer à conduire dans le trafic.

En revenant à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, il s'est arrêté au IGA pour acheter une bouteille d'eau, puis est rentré directement chez lui, dit-il.

L'enquêteur Dubord, affable, laisse le jeune homme qui a l'âge d'être son fils raconter son histoire. Sans y croire une seconde. «Les victimes t'ont reconnu», lance l'enquêteur au suspect, après une vingtaine de minutes d'interrogatoire. «Et des caméras, il y en a partout.»

Xavier Roy maintient sa version et continue de répondre doucement aux questions de l'enquêteur.

TDAH et harcèlement

Enfant unique, le jeune homme a grandi à L'Ancienne-Lorette et étudié au Petit Séminaire de Québec. En 4e secondaire, ses troubles d'apprentissage grandissants l'ont fait décrocher. Xavier Roy dit souffrir d'un trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité. Il a cessé de prendre sa médication.

Il est en train de finir son cours secondaire à la formation des adultes. Jusqu'à tout récemment, il travaillait comme emballeur au IGA de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, petite municipalité de Portneuf où ses parents sont déménagés il y a environ cinq ans.

Au début, Xavier aimait bien son emploi, qu'il aura occupé environ deux ans et demi. «L'ambiance était cool», commente-t-il. 

Puis, les choses se gâtent, et il se fait ridiculiser par des collègues. Surtout par le gendre de la gérante. Excédé, Xavier signe sa lettre de démission la veille de l'agression.

L'enquêteur Patrice Dubord continue de jouer les bons pères de famille. Il apporte un déjeuner au suspect et casse la croûte avec lui. 

Mais le ton a changé. Les questions se succèdent rapidement. L'enquêteur montre au suspect des photos de ses victimes, prises à l'hôpital.

La preuve amassée sur la scène, soit le sang, le couteau, les images de caméra de surveillance, l'identification par les victimes, rend les aveux superflus, lance l'enquêteur. «J'en suis pas à savoir si tu l'as fait, j'en suis à savoir pourquoi tu l'as fait.»

Aveux discrets

Au bout de trois heures d'interrogatoire, Xavier Roy finit par faire des aveux discrets, répondant aux questions de l'enquêteur par des hochements de tête et de faibles «oui» ou «non».

Oui, c'est la rage et le goût de se venger des humiliations qui l'ont fait agir. Pourquoi ce soir-là? «J'ai eu une bulle au cerveau, répond le jeune homme. Ce n'était pas moi.» «C'était toi, mais rendu à un autre niveau», répond l'enquêteur.

Lorsqu'il s'est présenté au Canadian Tire pour acheter couteau et pistolet à plomb, puis au IGA, Xavier était à jeun, affirme-t-il. Il admet s'être caché à l'étage de l'épicerie en attendant la fermeture.

S'il pouvait reculer l'horloge, Xavier assure qu'il «serait resté dans son sous-sol», à jouer aux jeux vidéo. Lorsque l'enquêteur lui propose de profiter de l'enregistrement vidéo pour s'excuser à ses victimes, Xavier Roy se lève d'un bond et s'approche de la caméra. Il finit par revenir à sa place. «J'aimerais mieux le faire [s'excuser] dans d'autres circonstances», dit-il.

Le procureur de la Couronne Me René Verret a conclu sa preuve avec l'interrogatoire vidéo. À partir de lundi, ce sera au tour de l'avocat de Xavier Roy, Me François Cauchon, de commencer sa défense.

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