Manipulation d'explosifs: un carnage évité de peu à Donnacona

Le 18 mai vers 20h, les résidents de... (Photothèque Le Soleil, Steve Jolicoeur)

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Le 18 mai vers 20h, les résidents de la rue Kernan entendent un énorme «boum».

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(Québec) Un véritable carnage aurait pu se produire à Donnacona en mai dernier; Martin Delisle avait suffisamment d'explosifs dans son logement pour faire sauter tout le pâté de maisons.

Le 18 mai vers 20h, les résidents de la rue Kernan entendent un énorme «boum». Une voisine voit même son téléviseur tomber sous le choc. 

Puis, un homme sort dans la rue. Les policiers et les ambulanciers en rescapent deux autres, Martin Delisle, 39 ans, et un ami, dans le logement lourdement endommagé par l'explosion.

Jérôme Bernartchez, technicien en explosifs à la Sûreté du Québec depuis 15 ans, voit son niveau de stress grimper en flèche lorsqu'il entre dans le logement dévasté. Le produit utilisé par Delisle est du peroxyde d'acétone ou TATP, un explosif violent et interdit, des dizaines de fois plus sensible que la nitroglycérine. 

À sa grande stupeur, il en trouve dans des pots Mason un peu partout dans le logement. 

L'artificier voit la table de cuisine défoncée, du sang et des morceaux de chair étalés un peu partout. La scène devra être sécurisée durant de longues heures par le technicien et son équipe. Les maisons voisines sont évacuées dans l'intervalle.

«Monsieur est vraiment un miraculé», témoignera le technicien en explosifs en août, lorsque Delisle tente en vain de reprendre sa liberté durant les procédures.

Car il aurait suffi que les policiers ou les ambulanciers déplacent un pot Mason pour que d'autres explosions se déclenchent, dit le technicien. «Il y avait assez d'explosifs pour blesser ou tuer des gens à l'extérieur, des voisins, des passants, jusqu'à l'autre coin de rue», assure M. Bernatchez.

Grièvement blessé, Martin Delisle a dû se faire amputer la main gauche. Il a aussi subi des blessures aux yeux et aux oreilles. Son ami a reçu des éclats de métal dans le bras.

Recette simple

Fabriquer du TATP est malheureusement très simple, a indiqué le technicien en explosifs. Il suffit, dit-il, de mélanger trois produits chimiques, vendus légalement au Canada... des produits qu'il se gardera bien de nommer dans la salle de cour.

Le TATP a été utilisé par plusieurs groupes terroristes, notamment par Richard Reid, qui avait piégé son soulier avant de prendre l'avion.

Martin Delisle avait appris la recette du TATP sur Internet. Il s'était pratiqué à plusieurs reprises à l'extérieur et avait même filmé ses essais. C'est une erreur de manipulation qui a vraisemblablement causé l'explosion dans son logement.

L'accusé dira aux policiers que c'est pour s'amuser qu'il jouait à l'artificier. Delisle avait aussi confié à un ami qu'il pensait faire sauter un ancien barrage pour récupérer le métal.

Delisle a plaidé coupable jeudi aux accusations liées à la fabrication, à la possession et à l'usage d'explosifs.

Les parties reviendront devant le juge Carl Thibault de la Cour du Québec le 24 mars pour les observations sur la peine.




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