Nouvelle-Écosse: un vétéran aurait tué sa famille avant de s'enlever la vie

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La Presse Canadienne
Upper Big Tracadie

Un vétéran de la mission canadienne en Afghanistan, sa femme, sa mère et sa fille de 10 ans ont été trouvés morts, abattus par balle, à l'intérieur d'une résidence du nord-est de la Nouvelle-Écosse, mardi soir.

Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avaient été appelés vers 18h, mardi, à une résidence d'Upper Big Tracadie, une petite communauté majoritairement noire d'une quarantaine de personnes située au sud de Tracadie, près de l'île du Cap-Breton.

Selon les informations divulguées mercredi par la police, il semble que l'homme de 33 ans se soit enlevé la vie, avec une arme à feu. Les femmes, âgées de 52 et 31 ans, ainsi que la fillette de 10 ans seraient aussi mortes de blessures par balle. Deux armes à feu ont été retrouvées sur les lieux du drame et la police n'a relevé aucun signe d'effraction dans la résidence.

Une source au ministère de la Défense nationale a identifié le vétéran : il s'agit de Lionel Desmond, qui a été caporal au sein du Deuxième Bataillon du Royal Canadian Regiment, basé à Gagetown. Selon cette source militaire, M. Desmond avait participé à une mission en Afghanistan en 2007 et il avait été libéré de l'armée en juillet 2015.

Avant sa libération, il avait reçu pendant un an des soins de l'Unité interarmées de soutien du personnel qui s'occupe des militaires blessés ou malades.

Stress post-traumatique

Catherine Hartling, une voisine et la tante de la victime de 31 ans, a raconté mercredi qu'à son retour d'Afghanistan, on avait diagnostiqué chez M. Desmond un trouble de stress post-traumatique.

«Il n'allait vraiment pas bien», a raconté Mme Hartling. «Ils ont essayé de l'aider. Ils l'ont envoyé à Montréal, puis l'ont ramené et lui ont prescrit des médicaments.»

Mme Hartling est convaincue que le drame de mardi est lié à ce trouble de stress post-traumatique, qui n'était pas vraiment soigné chez M. Desmond. «Parfois il semblait normal, et puis tout à coup il partait, il se fâchait, il se mettait à sacrer, et ça n'arrêtait plus. C'est difficile de renvoyer quelqu'un dans sa communauté, comme ça, après ce qu'il a vu et ce qu'il a vécu [...] Ça doit cesser, tout ça. J'espère qu'ils vont mener une enquête.»

Mme Hartling a indiqué que sa nièce de 31 ans était infirmière à l'hôpital St. Martha's, à Antigonish. La fille, elle, avait eu 10 ans trois jours après Noël tandis que la victime plus âgée était la mère de Lionel Desmond, qui était en visite pour les Fêtes.

L'ombudsman de l'armée appelle à en faire plus après le drame

L'ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes a exhorté mercredi le gouvernement fédéral à en faire plus pour les soldats écartés de l'armée pour des raisons de santé.

L'ombudsman Gary Walbourne souhaite qu'Ottawa s'assure que les membres du personnel militaire blessés commencent à recevoir toutes les prestations et le soutien en place avant qu'ils n'aient à remettre leur uniforme - une recommandation qu'il avait déjà formulée cet automne.

L'ombudsman a évoqué notamment les prestations de retraite, les avantages sociaux et les soins de santé.

M. Walbourne s'est demandé si le «dénouement» tragique en Nouvelle-Écosse aurait pu être différent si de telles garanties avaient été en vigueur.

«Est-ce que les choses se seraient déroulées autrement? On l'ignore; nous ne faisons que spéculer. Mais il y a des occasions (de faire mieux) dans le système. Quelqu'un doit prendre certaines décisions», a-t-il fait valoir.

Syndrome du stress post-traumatique 

Le syndrome du stress post-traumatique a été le principal diagnostic pour les centaines de militaires écartés de l'armée pour des raisons de santé chaque année depuis 2014 à tout le moins. Quelque 18 membres du personnel militaire se sont enlevé la vie en 2015, dont plusieurs avaient demandé des soins en santé mentale peu avant leur mort.

Les Forces canadiennes et le ministère des Anciens Combattants ont ouvert des cliniques spécialisées et embauché plus de personnel ces dernières années dans le but d'offrir de meilleurs soins et un plus grand soutien alors que de plus en plus de militaires ont réclamé de l'aide pour traiter le stress post-traumatique ou d'autres troubles.

Une porte-parole du ministre de la Défense Harjit Sajjan a affirmé que les pensées et les prières du ministre allaient à la famille Desmond, et que celui-ci convenait que davantage devait être fait pour aider les membres du personnel militaire malades et blessés à accomplir la transition vers la vie civile.

Mais Jordan Owens a ajouté que le gouvernement voulait éviter les réactions impulsives, et a rappelé le dévoilement prévu pour le printemps d'une nouvelle politique sur la défense nationale.

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