Première peine spécifique aux Autochtones à Québec

Robert-Vincent White, atteint d'hépatite C, est coupable de voies de fait... (123RF)

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(Québec) Robert-Vincent White, atteint d'hépatite C, est coupable de voies de fait graves pour avoir craché au visage de deux infirmiers de l'Enfant-Jésus. Mais avant de lui imposer une peine, le juge étudiera un rapport fait pour décrire la réalité difficile du membre d'une nation crie en Alberta.

Pratique courante dans le Nord, c'est la première fois, dans le district judiciaire de Québec, qu'un avocat demande la confection d'un rapport présentenciel spécifique aux Autochtones, une disposition législative disponible depuis l'arrêt Gladue, rendu par la Cour suprême du Canada en 1999.

Sans réduire la peine imposée à une jeune Autochtone de Colombie-­Britannique, le plus haut tribunal du pays avait alors tranché qu'il fallait changer d'approche pour déterminer les peines afin de contrer la surincarcération des membres des Premières Nations.

Le Code criminel a été modifié afin d'obliger les juges à travers le pays à ordonner la confection de ce type de rapport spécifique aux Autochtones.

Schizophrène

Originaire d'Edmonton en Alberta, Robert-Vincent White, 33 ans, visitait une copine à Québec le printemps dernier.

Durant quelques jours, il a cessé de prendre ses médicaments pour des problèmes de schizophrénie et de personnalité limite. Il a de plus consommé de la cocaïne et des métamphétamines.

Sa copine a appelé les policiers quand White s'est mis en tête de sauter du balcon du troisième étage. L'homme a été conduit à l'unité psychiatrique de l'hôpital de l'Enfant-Jésus.

Le patient s'est complètement désorganisé quelques heures après son arrivée. Des membres du personnel tentaient de le maîtriser pendant que deux infirmiers essayaient de lui mettre un masque anticrachat. Les infirmiers voulaient se protéger car leur patient était atteint d'hépatite C, une grave maladie du foie causée par un virus.

Robert-Vincent White a réussi à se libérer du masque et a craché au visage d'un infirmier et d'une infirmière. 

Du sang se mêlait à la salive du forcené.

Les deux infirmiers ont craint pour leur santé durant quelques mois, a indiqué le procureur de la Couronne, Me Maxime Dion. Un premier test en septembre a écarté une contamination. Un deuxième test doit venir confirmer ce résultat bientôt.

Robert-Vincent White est incarcéré depuis son arrestation le 5 mai. Le détenu, unilingue anglophone, n'a réussi à établir de contacts qu'avec son avocat et l'aumônier de la prison.

L'homme, qui a des larmes tatouées dans le coin de son oeil droit, s'est mis à pleurer lorsqu'on a évoqué un transfert de prison pour la confection du rapport. Déjà anxieux, il ne voyait pas comment il allait réussir à s'adapter, disait-il. La démarche se fera finalement par visioconférence et le rapport sera déposé en cour le 24 février.

La confection d'un rapport traitant de la réalité autochtone ne vise pas excuser le délinquant ou à éluder l'emprisonnement, insiste Me Jérôme-Sébastien Tremblay, avocat de White.

«Le rapport est fait afin de connaître son historique dans la communauté, s'il a été dans les familles d'accueil ou les pensionnats, explique l'avocat. C'est important de le savoir car l'incarcération peut réveiller des sentiments très néfastes chez un individu qui aurait été placé au pensionnat dans son enfance.»

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