«J'ai un problème, presque un mayday»

La carcasse de l'avion a été extirpée du... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La carcasse de l'avion a été extirpée du lit de la rivière Etchemin, dimanche. Le Bureau de la sécurité des transports fera l'analyse des pièces pour tenter de déterminer ce qui a causé l'écrasement mortel. Un problème de moteur pourrait en être la cause, mais aucune hypothèse n'est écartée.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le Bureau de la sécurité des transports a commencé son enquête sur les circonstances de l'accident d'avion qui a coûté la vie, en fin de semaine, au pilote Yves Savard, 63 ans, et à sa jeune passagère d'origine française. Déjà, un possible problème de moteur est évoqué.

L'avion, qui a plongé dans la rivière Etchemin dans le secteur Pintendre, à Lévis, samedi vers 14h, a été extirpé du lit du cours d'eau dimanche après-midi. Il s'est retrouvé à l'envers, sur le cockpit, après l'impact. L'hypothèse la plus plausible serait qu'il a heurté une ligne à haute tension d'Hydro-Québec près du 812, chemin des Îles. Reste maintenant à savoir dans quelles circonstances.

Un hélicoptère a transporté sur la rive le biplace Grumman AA-1 jaune où il a été chargé sur une remorque. Le moteur était complètement arraché, tout comme d'autres pièces de l'appareil, dont une aile.

Au même moment, la Sûreté du Québec a transféré l'enquête au Bureau de la sécurité des transports. Pour l'équipe de trois personnes dépêchée sur place commence une longue investigation, explique l'enquêteur principal au dossier, Denis Deroy.

«Dans un premier temps, on va déplacer l'avion dans un hangar chauffé où il sera possible de faire l'analyse des pièces», précise-t-il. Parallèlement, son équipe aura fort à faire pour compiler de nombreuses autres informations. «NAV Canada nous fournira les copies radars avec la vitesse et l'altitude de l'avion au moment de l'accident et dans les minutes qui précèdent. Comme il a communiqué avec la tour de contrôle, nous écouterons les enregistrements de la conversation. Enfin, nous devons récupérer le dossier de formation du pilote et le livre d'entretien de l'appareil et rencontrer des témoins», énumère l'enquêteur.

Le temps pour analyser

«Malgré tout ce qu'on entend, on va prendre le temps de s'asseoir pour analyser tout ça», souligne-t-il, en lien avec une information obtenue par TVA voulant que M. Savard a communiqué un problème de moteur avec la tour de contrôle.

«J'ai un problème, presque un mayday [signal de danger grave], il faudrait que j'atterrisse [le] plus rapidement possible», a rapporté la station à partir d'un enregistrement qu'elle a obtenu. Quelques minutes plus tard, le pilote indiquait que tout était revenu à la normale.

Un tour de la région

Yves Savard, 63 ans, faisait faire un tour d'avion de la région à une jeune Française de 21 ans, Clara Cossec, en visite au Québec. Ils avaient décollé vers 13h30 de l'aérodrome de Pintendre. Ils volaient en direction sud lorsque l'écrasement s'est produit.

Mort au volant de «son rêve»

Yves Savard, le pilote décédé dans l'écrasement de dimanche, à Lévis, avait réalisé le rêve de sa vie en s'achetant son petit avion, il y a quelques années.

«L'aviation, c'était sa passion depuis qu'il était tout petit. Plus jeune, il voulait devenir pilote de ligne, mais il n'avait pas d'assez bons yeux pour passer les tests. S'acheter son propre avion, c'était la réalisation d'un grand rêve. On en entendait toujours parler», a relaté au Soleil la nièce de l'homme de 63 ans, Gabrielle Desgagné.

Yves Savard avait acheté son avion, un Grumman AA-1 jaune âgé de quelques décennies, d'un ami, Richard Harvey, en 2013. 

Ancien employé municipal de la Ville de Québec en semi-retraite, le père de deux enfants et grand-père de cinq petits-enfants volait régulièrement, la plupart du temps avec sa fille. Au moment de l'écrasement, c'est plutôt une touriste française, Clara Cossec, qui prenait place à ses côtés dans le biplace. 

La famille Savard, dont Yves, est originaire de Tadoussac, mais le résident de l'avenue Bardy vivait à Québec depuis longtemps. «Il avait une personnalité très forte et attachante. Il aimait le monde», s'est rappelée avec émotion Gabrielle Desgagné. 

«C'était l'homme de la famille. On a une petite famille tissée serré, et c'est ce qui passait en premier pour lui. Il était comme un père ou un grand-père pour moi.»

Réunie pour l'anniversaire des 70 ans de la soeur du défunt, la famille Savard a longuement attendu des nouvelles de l'état du pilote, samedi après-midi. En soirée, ses enfants se sont finalement rendus à l'Hôtel-Dieu de Lévis pour l'identifier, confirmant le décès.

«Ça a été difficile. La première info que l'on a eue, c'est qu'il était blessé gravement. On voyant les photos de l'avion en morceaux, on se doutait que ça n'augurait pas bien, mais on espérait encore. Même si l'avion avait été complètement détruit, dans ces situations-là, tu espères toujours...»

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