Agressée à la garderie

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«Un enfant de trois ans ne peut pas parler de choses comme ça sans avoir été mis en contact direct, estime Marie-Josée. Les procédures sont très longues, très pénibles, mais ça vaut le coup autant pour eux que pour protéger de futurs enfants qui vont être autour de ça.»

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(Québec) Marie-Josée (prénom fictif) avait trouvé la meilleure garderie en milieu familial. Une maison propre, un horaire structuré, des bonnes références, une éducatrice attentionnée et un assistant pour ajouter une paire de yeux. Jusqu'à ce que sa fille de 3 ans et demi fasse éclater toutes ses certitudes.

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Patrick Gingras, l'assistant en garderie

«Patrick a mis son pénis sur ma pitoune.» Marie-Josée était en route pour la garderie, comme tous les matins de semaine depuis deux ans, lorsque sa petite Sophie (prénom fictif) a lancé cette bombe, le 8 mai 2015. 

L'enfant, enjouée, avait commencé par raconter que Patrick Gingras, l'assistant et conjoint de sa gardienne, se promenait nu dans la garderie. Pas juste en bedaine; tout nu, précise la petite.

Tentant de garder son calme, la mère questionne alors sa fille. Elle comprend vite que la petite a été victime d'attouchements sexuels.

Marie-Josée garde ses deux enfants dans l'auto. Elle quitte l'entrée de la garderie et se rend immédiatement au poste de police de Charlesbourg, non loin de là. Un enquêteur rencontre Sophie pour prendre son témoignage.

La garderie privée en milieu familial, fréquentée par neuf enfants, sera fermée le jour même par la Direction de la protection de la jeunesse.

Deux attouchements

Patrick Gingras, 42 ans, sans antécédent judiciaire, a admis ses gestes aux enquêteurs qui l'ont rencontré.

Il s'était engagé à faire la même chose, hier, devant la juge Christine Gosselin de la Cour du Québec.

Avant l'enregistrement de la réponse aux accusations, son avocat Me Fabien Jean, constatant la présence des journalistes dans la salle, a tenté d'obtenir une ordonnance de non-publication sur l'identité de son client. La juge lui a rappelé qu'une telle ordonnance ne servait qu'à protéger l'identité des victimes et non celle de l'accusé.

Le procureur de la Couronne Me François Godin a raconté comment, en décembre 2014, Gingras a profité du fait que sa conjointe avait quitté la garderie pour s'approcher de Sophie, âgée à ce moment d'un peu plus de 3 ans. L'homme a baissé son pantalon, a sorti son pénis et l'a frotté sur la vulve dénudée de la petite.

Le 4 mai 2015, toujours en l'absence de sa conjointe, Gingras va voir Sophie, qui est en train de pleurer. Il baisse le pantalon de l'enfant et se met à lui lécher la vulve. 

Assise dans la salle d'audience, Marie-Josée essuie des larmes discrètes en écoutant le récit.

Une peine minimale de 12 mois de prison attend Patrick Gingras. Mais avant l'imposition de la peine, le service de probation rencontrera l'individu pour valider ses démarches de réhabilitation.

Gingras affirme avoir commencé à voir un psychiatre qui lui a prescrit une médication afin de contrôler ses pulsions sexuelles.

Patrick Gingras a quitté la salle d'audience en se cachant le visage à l'aide d'une casquette et d'un capuchon. Prochain rendez-vous à la cour : le 30 janvier.

De protecteur à agresseur

Sophie aura 5 ans la semaine prochaine. Avec son petit frère de 3 ans et une trentaine d'autres enfants, elle fréquente un CPE privé. Marie-Josée et son conjoint ont mis une seule condition : aucun éducateur masculin autour de leur enfant. «On a une petite barrière psychologique», avoue Marie-Josée.

Encore aujourd'hui, les parents sont inquiets chaque fois qu'ils embrassent leurs enfants en leur souhaitant une bonne journée.

La maman est fière de sa petite, qui a su verbaliser des gestes d'agression à seulement 3 ans et demi. Mais elle sait que Sophie aura besoin d'un suivi psychologique.

La petite dit s'ennuyer de «Patrick», qui se présentait comme son protecteur. «Ce que je trouve le plus pervers, c'est le fait qu'il lui a mis dans la tête que c'était un jeu et qu'il allait toujours être là pour la protéger, confie la mère. On a peur qu'elle adopte un comportement où elle va associer les gestes d'un agresseur à de la protection.»

Marie-Josée avait «une confiance aveugle» en sa gardienne, qui disait être avec les enfants en tout temps, et n'a jamais vu le moindre signe précurseur.

Elle ne peut qu'inciter les parents à être vigilants, à croire leurs petits qui dénoncent des gestes sexuels. 

«Un enfant de 3 ans ne peut pas parler de choses comme ça sans avoir été mis en contact direct, estime Marie-Josée. Les procédures sont très longues, très pénibles, mais ça vaut le coup autant pour eux que pour protéger de futurs enfants qui vont être autour de ça.»

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