Meurtre à Limoilou: fin d'un procès dans l'ombre

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Les policiers ont pu suivre une longue trace de sang de la maison de chambres jusqu'à l'intersection de la 5e Rue et de la 1ère Avenue dans Limoilou, où Robert Lepage a été abandonné, toujours vivant, dans une mare de sang.

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(Québec) Il y a des procès pour meurtre qui marquent l'imaginaire et qui passionnent le public. Et d'autres qui se déroulent dans l'ombre, vite oubliés. Sauf par ceux qui pleurent.

Bryan Demers-Thibeault a été reconnu coupable du meurtre non-prémédité de son co-chambreur Robert Lepage vendredi soir dernier.

À l'aube du week-end, l'immense salle des assises au palais de justice de Québec était presque vide. Comme elle l'a été tout au long des quatre semaines du procès. Un meurtre sans véritable mobile dans une anonyme maison de chambres de Limoilou fait rarement les manchettes...

Seuls la juge, les avocats, les enquêteurs, les constables spéciaux et quelques membres de la famille de la victime ont donc entendu le mot «coupable» sortir de la bouche du juré numéro 11.

L'accusé, un homme de taille moyenne aux yeux noirs, portant une barbichette et une coupe de cheveux à la mode, n'aura aucune réaction.

Bryan Demers-Thibeault à sa sortie de la centrale... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Bryan Demers-Thibeault à sa sortie de la centrale de police de Québec, en 2014.

Le Soleil, Patrice Laroche

Condamné 45 fois

À 31 ans, Bryan Demers-Thibeault connaît le tabac ; il a déjà été condamné à 45 reprises, notamment pour des voies de fait, des vols, des menaces de mort et des introductions par effraction.

Quatre jours plus tard, l'homme solitaire et impulsif, qui se décrit lui-même comme un consommateur de stupéfiants, reste tout aussi imperturbable dans le grand box vitré.

Comme tous les coupables de meurtre, Demers-Thibeault a été condamné à la prison à perpétuité. Mais puisqu'il a commis un meurtre au deuxième degré, la juge Michèle Lacroix de la Cour supérieure doit décider du délai avant qu'il puisse faire une demande de libération conditionnelle. 

Le minimum prévu par la loi est de 10 ans. Aux yeux de la procureure de la Couronne Me Josée Lemieux, la suggestion faite par les jurés, soit 18 ans, est la bonne.

Car le crime commis par Bryan Demers-Thibeault, le 17 mai 2014, est d'une brutalité hors du commun, plaide la procureure de la Couronne.

Les jurés n'ont jamais vu de photo de l'autopsie de la victime. Mais Me Josée Lemieux en a déposé quatre hier pour que la juge Lacroix saisisse l'ampleur de la violence déployée.

L'accusé a asséné pas moins de 29 coups de couteau au torse et au visage de son co-chambreur. Le meurtrier a même tranché la langue de sa victime pour qu'il cesse de crier. 

Les policiers ont pu suivre une longue trace de sang de la maison de chambres jusqu'à l'intersection de la 5e Rue et de la 1ère Avenue dans Limoilou, où Robert Lepage a été abandonné, toujours vivant, dans une mare de sang.

L'homme de 52 ans, grand-père six fois, est mort à l'arrivée des secours. 

Ses deux filles, Monya et Karine Sauvé, écrasent des larmes en entendant, encore une fois, le récit terrible des dernières minutes de leur père. 

Elles ont toutes deux subi un choc post-traumatique après le meurtre. Depuis, elles vivent dans la peur. Monya a fait poser un système d'alarme avec détecteur de mouvements de peur que le meurtrier puisse faire du tort à ses enfants. Karine dort les lumières allumées et sursaute au moindre bruit. 

Elles doivent prendre une lourde médication pour passer à travers leur journée.

Les petits-enfants de la victime ont aussi vécu de durs moments. L'aînée de Monya a longtemps dormi avec le chandail de son grand-père et s'est mise à consommer de la drogue pour oublier sa peine.

Un simple «désolé»

Monya Sauvé aurait aimé entendre un simple «désolé» prononcé par Bryan Demers-Thibeault. Ce dernier a toutefois choisi de ne pas témoigner lors des représentations sur la peine.

Son avocat Me Sébastien Saint-Laurent a dit sympathiser avec la famille de la victime et ne doute aucunement des conséquences du crime sur leur vie. 

Ces impacts ne doivent toutefois pas faire en sorte de retarder une réhabilitation éventuelle, plaide l'avocat de défense, qui estime que son client pourrait présenter une demande de libération conditionnelle après 10 ans de détention. 

La juge Lacroix rendra sa décision jeudi.

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